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Un portrait : Beaumarchais

Le rire, manié avec adresse, est une arme de subversion redoutable et peu de gens l’ont aussi bien compris que Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais.

Beaumarchais était contemporain de Voltaire et de Diderot. L’effervescence intellectuelle était à son comble dans la France du XVIIIe siècle  et chaque penseur semblait apporter sa contribution au bousculement de l’ordre établi.

Sur le plan théâtral, la seconde partie de ce siècle des Lumières avait été celui de Beaumarchais. La première partie avait été celle de Marivaux.

Dans Le Jeu de l’Amour et du hasard ou L’Île des esclaves, Marivaux commençait à interroger la pertinence des barrières sociales. Les maîtres se travestissaient en valets et les valets en maîtres. Beaumarchais va pousser un peu plus loin cette interrogation à travers le personnage de Figaro.

Roublard, insolent et généreux, Figaro est un fringant espagnol passant de l’état de barbier à celui de valet comme pour troubler de l’intérieur le système de servitude.

Il apparaît dans trois pièces de Beaumarchais :

C’est toute la société d’Ancien régime qui est égratignée par Beaumarchais à travers les filouteries de Figaro. Rappelons ce fameux moment où Figaro lance à un aristocrate : « Vous vous êtes donné la peine de naître et rien d’autre ! »  et imaginons l’effet d’une telle réplique en 1784.

La vie de Beaumarchais fut celle d’un homme engagé pleinement dans son siècle. Tour à tour horloger, magistrat, agent secret, marchand d’armes, il s’est investi avec passion dans la guerre d’indépendance américaine. Son combat pour la reconnaissance du droit d’auteur l’a amené à fonder la Société des auteurs que l’on connait mieux aujourd’hui comme la SACD, Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Si son théâtre ne peut sérieusement être considéré comme l’élément déclencheur de la Révolution Française, il en a capté tous les signes et a pu préparer les esprits à ce qui allait advenir par l’humour et la raillerie.

C’est bien une des grandes forces du théâtre que de savoir restituer l’esprit du temps.

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