Une heure et demie de retard

1h. – 1f. – Décor : un salon – Durée 1h40

Pierre et Laurence sont invités à dîner. Rien de plus banal. Mais au moment de partir, Laurence a besoin de parler… Ça tombe mal, c’est un dîner important. Rien à faire, Laurence est bien décidée à dire ce qu’elle a sur le cœur. Pierre lui laisse dix minutes… Laurence se sent vieille, inutile, elle a gâché sa vie en s’occupant de ses enfants dont le dernier vient de quitter la maison, elle ne voit aucune issue… Pierre comprend vite qu’ils seront plus en retard que prévu. Ils parlent de tout, de rien de leurs trente ans de vie commune. Trente ans de vie commune, ça vaut bien une heure et demie de retard.

Le roi se meurt

Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c’est un classique. Il montre l’homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l’angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire – une existence qui a oublié ses limites – reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l’Europe de l’après-guerre. Le Roi se meurt n’est pourtant pas une pièce triste. D’abord, parce que l’humour n’y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C’est également cela, une grande oeuvre classique : une leçon de dignité devant le destin.

Hamlet (suivi de Le Roi Lear)

HAMLET suivi de « Le Roi Lear » drame William SHAKESPEARE – traduction de Yves Bonnefoy, 16h. – 2f. – personnages secondaires – Durée 2h30 – Les Éditions Gallimard, collection Folio classique n°1069

Dans Hamlet, Le roi du Danemark, père d’Hamlet, est mort récemment. L’oncle d’Hamlet Claudius a remplacé le roi défunt, et, moins de deux mois après, a épousé Gertrude, sa veuve. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils Hamlet qu’il a été assassiné par Claudius. 

14 hommes – 3 femmes – Dans Le Roi Lear, Le roi Lear tremble dans sa vieillesse et souhaite abandonner son trône pour qu’il puisse se retirer. Il exige que chacune de ses trois filles lui dise combien elle l’aime, afin qu’il puisse diviser son héritage sur eux.

 

Extrait d’Hamlet

“LE SPECTRE. Venge son meurtre horrible et monstrueux.

HAMLET. Son meurtre !

LE SPECTRE. Un meutre horrible ainsi qu’est toujours le meurtre, mais celui-ci horrible, étrange et monstrueux.

HAMLET. Vite, instruis-moi. Et d’une aile prompte, que l’intuition ou la pensée d’amour, je vole te venger.

LE SPECTRE. Je vois que tu es prêt. Et tu serais plus inerte que l’herbe grasse, qui pourrit sur les rives molles du Léthé, si mon récit ne t’émouvait pas : écoute, Hamlet, on a dit que, dormant dans mon verger, un serpent me piqua. Et tout le Danemark, est ainsi abusé, grossièrement, par cette relation, menteuse. Mais, sache-le, toi qui es jeune et qui es noble, sache-le : le serpent dont le dard tua ton père, porte aujourd’hui sa couronne. “ p 60

“HAMLET. Allez, allez, vous questionnez comme une dévergondée.

LA REINE. Comment ! Que dis-tu, Hamlet?

HAMLET. Eh bien, que me voulez-vous?

LA REINE. Oubliez-vous qui je suis?

HAMLET. Oh ! non, par la sainte croix ! Vous êtes la reine; du frère de votre mari vous êtes la femme, et, à mon grand regret, vous êtes ma mère. “ p 136

Extraits Le Roi Lear

“LEAR. Pour toi et pour les tiens et à jamais, voici un vaste tiers de notre beau royaume. Il vaut bien en grandeur et valeur et délices, celui qui est échu à Gonéril … Mais, notre joie, bien que notre cadette et la plus petite, toi dont les vins de France et le lait de Bourgogne, se disputent le jeune amour, que vas-tu dire, pour tirer un troisième lot qui soit plus riche, que celui de tes soeurs? Parles, veux-tu?

CORDÉLIA. Je ne dirai rien, monseigneur.

LEAR. Rien?

CORDÉLIA. Rien.

LEAR. De rien ne te viendra rien ! Parle encore.

CORDÉLIA. Pour mon malheur, je ne puis élever, mon coeur jusqu’à mes lèvres. J’aime votre Grandeur, comme c’est mon devoir, ni plus ni moins.

LEAR. Comment, comment, Cordélia ? Corrige un peu tes paroles, sinon tu gâtes tes chances.  » p 221

“LEAR. Je vais te dire … ( A Gonéril) Vie et mort ! Que je suis honteux, que tu aies ce pouvoir d’ébranler ainsi mon coeur d’homme, et de voir que ces larmes, qui jaillissent contre mon grè, te rendent digne d’elles ! Tempêtes, brouillards nocifs, flagellez-la ! Que les incurables blessures, de la malédiction d’un père te déchirent, en chacun de tes sens ! Vieux tendres yeux, si pour ce motif-là vous pleurez encore, je vous arrache et je vous jette, avec l’eau que vous répandez, pour attendrir la terre ! En sommes-nous donc là? Soit ! J’ai une autre fille qui, j’en suis sûr, est bonne et me consolera. Qui, apprenant ce que tu fis, viendra avec ses ongles, écorcher ta face de louve – Et tu verras, que je retrouverai cette majesté, que selon toi j’ai perdue pour toujours.  » p 255