Juste la fin du monde

Le fils retourne dans sa famille pour l’informer de sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles. De cette visite qu’il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit.

Extraits

“SUZANNE. Lorsque tu es parti, je ne me souviens pas de toi, je ne savais pas que tu partais pour tant de temps, je n’ai pas fait attention, je ne prenais pas garde, et je me suis retrouvée sans rien. Je t’oubliai assez vite. J’étais petite, jeune, ce qu’on dit, j’étais petite. Ce n’est bien bien que tu sois parti, parti si longtemps, ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moi, et ce n’est pas bien pour elle (elle ne te le dira pas ), et ce n’est pas bien encore, d’une certaine manière pour eux, Antoine et Catherine. Mais aussi, je ne crois pas que je me trompe, mais aussi ce ne doit pas, ça n’a pas dû, ce ne doit pas être bien pour toi non plus, pour toi aussi.“

“LOUIS. Je ne suis pas arrivé ce matin, j’ai voyagé cette nuit, je suis parti hier soir et je voulais arriver plus tôt et j’ai rennoncé en cours de route, je me suis arrêté, ce que je voulais dire, et j’étais à la gare ce matin, dès trois ou quatre heures. J’attendais le moment décent pour venir ici.

ANTOINE. Pourquoi est-ce que tu me racontes ça ? Pourquoi est-ce que tu me dis ça? Qu’est-ce que je dois répondre, je dois répondre quelque chose?

LOUIS. Je ne sais pas, non, je te dis ça, je voulais que tu le saches, ce n’est pas important, je te le dis parce que c’est vrai et je voulais te le dire.
ANTOINE. Ne commence pas.
LOUIS. Quoi?

ANTOINE. Tu sais. Ne commence pas, tu voudras me raconter des histoires, je vais me perdre, je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. Tu étais à la gare, tu attendais, et peu à peu, tu vas me noyer. “