Un affreux célibataire

1f.–2h ; décor : le salon d’un appartement ; durée : 1 h 30

Un couple marié reçoit un ami d’enfance, célibataire convaincu, afin de lui présenter une femme dans la même situation. Reste à savoir qui en aura sa vie la plus bouleversée… Une réflexion actuelle sur le thème de l’engagement dans le couple. Entre joutes oratoires et quiproquos, une pièce à moult rebondissements…

Suzy storck

Suzy Storck mène une vie ordinaire dans une petite maison avec mari et enfants. Elle ne travaille plus pour s’occuper du dernier, suspend le linge, veille au bon fonctionnement des journées. Mais un soir d’été, quelque chose dérape. Suzy, sous le poids de la chaleur, sous le poids des gestes répétés, sombre. Un moment d’inattention qui la conduit à visiter son passé, à prendre conscience de ses renoncements, à formuler son incapacité à vivre selon ses vrais désirs. Et elle cède à ce que cela implique. Par une chronologie bouleversée, Suzy Storck reconstitue le drame d’une femme niée en tant que personne dont la seule issue s’avère tragiquement inhumaine.

Comédies tragiques

C’est le combat perpétuel de l’individu face à l’absurdité du système qui le domine. Se battre pour avoir du travail. Pour préserver sa dignité. Pour rétablir une justice sociale. Pour défendre ses convictions. Tour à tour, sur la scène du Grand Théâtre, sur le plateau d’un jeu télévisé, dans une agence de Pôle emploi, dans un bureau de poste ou dans une cour de récré, les personnages de Catherine Anne façonnent une humanité généreuse et poignante. – modulable, 5 personnages minimum –

L’Ours

L’OURS comédie en un acte de Anton TCHEKHOV, adaptée par P. Achard et J.H. Duval – 1f. – 2h. – Durée : 40 mn

Cette farce en un acte met en scène Elena Ivanovna Popova, « une petite veuve avec des fossettes aux joues, propriétaire terrienne », Grigori Stépanovitch Smirnov, « un homme encore jeune, propriétaire terrien » et Louka, le vieux valet d’Elena.

Popova, veuve depuis sept mois, s’est retirée du monde et refuse de recevoir Smirnov, un exploitant à qui son mari devait de l’argent, et qui vient, lui-même tenu par ses propres dettes, le lui réclamer. Désespéré, mais surtout très en colère devant ce refus, Smirnov décide de rester chez Popova jusqu’à ce qu’elle le paie. Or Popova dissimule (plus pour très longtemps) un caractère également explosif ; la rencontre peut alors s’achever par un duel (Popova part chercher les Smith & Wesson de son défunt mari) ou par un mariage.

 

Extraits

“MME POPOVA. Bel homme !

SMIRNOV. J’ai l’honneur de me présenter : Lieutenant d’artillerie montée, de réserve, en congé, Grigôrie Stepanovitch Smirnov; propriètaire foncier.

MME POPOVA. Connais pas !

SMIRNOV. Il faut que je vous dérange pour une affaire assez grave … Feu votre mari ? (geste du doigt vers le portrait)

MME POPOVA. N’y touchez pas !

SMIRNOV. … qui est mort il y a neuf mois ? …

MME POPOVA. C’est exact.

SMIRNOV. … en me devant mille deux cents roubles ? C’est non moins exact.

MME POPOVA. Douze cents roubles?

SMIRNOV. En deux traites ! Comme je dois régler demain les intérêts de la Banque Agricole Impériale, je vous prierais respectueusement, Madame, de me remettre cette somme, séance tenante.

MME POPOVA. Vous voudriez que je vous donne de l’argent, comme cela, sans vous connaître? “ p 12

“MME POPOVA. Alors qui donc est fidèle en amour?

SMIRNOV. Les hommes.

MME POPOVA. Les hommes? Voilà qui est nouveau ! De tous les hommes que j’ai vus, le moins mauvais était mon mari. Je l’aimais comme une folle, je lui ai donné ma jeunesse, ma vie … ma dot … Je ne respirais que par lui, je l’adorais comme un dieu païen … et …

SMIRNOV. Et quoi ?

MME POPOVA. … Et il me trompait sans la moindre pudeur, à toutes les portes. Quand il est mort, j’ai trouvé ses poches gonflées de billets d’amour … Il en avait un plein coffre. Et quand il vivait, il faisait la cour à toutes les femmes, devant moi. Et je l’aimais, et je lui était fidèle, et je lui suis encore fidèle. Je me suis enterrée entre quatre murs pour l’éternité.

SMIRNOV. Pour l’éternité ! Ha ! ne me prenez pas pour un poupon : comme si je ne savais pas pourquoi vous portez cet ornement de catafalque qui vous va si bien : vous vous enterrez vive … mais sans oublier de vous mettre de la poudre !  » p 23