Jean-Luc Lagarce – Théâtre complet III

Recueil de quatre textes de Jean-Luc Lagarce : Derniers remords avant l’oubli, Music-hall, Les Prétendants, Juste la fin du monde et Histoire d’amour (derniers chapitres)

L’Avare

Harpagon est l’une des plus grandes créations de Molière. Tout, dans cet homme, respire l’avarice et la décrépitude. Rongé par une maladie de corps, Harpagon l’est aussi par une maladie de l’âme. Ladre, il rogne sur la nourriture et les habits de ses domestiques, sur l’avoine de ses chevaux, sur l’entretien de son fils, obligé d’emprunter à taux usuraire pour vivre, et sur les cadeaux indispensables à sa fiancée. Usurier, il prête à des taux exorbitants, calcule, évalue tous les objets qui l’entourent. Dans cette atmosphère poussiéreuse et sordide, où fusent les mots féroces, le père usurier s’oppose au fils emprunteur. L’avarice détruit l’amour filial, l’amour paternel, l’amour quel qu’il soit. La cassette remplie d’or enterrée dans le jardin est l’âme, le cœur, le souffle même d’Harpagon. Les retrouvailles d’un homme et d’une cassette sont ici le seul hymne à l’amour.

Extraits

“ LA FLÈCHE. Mon maître, votre fils, m’a donné ordre de l’attendre.

HARPAGON. Va-t’en l’attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître, dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furètent de tous côtés pour voir s’il n’y a rien à voler.

LA FLÈCHE. Comment diantre voulez-vous qu’on fasse pour vous voler? Êtes-vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit ?

HARPAGON. Je veux renfermer ce que bon me semble et faire sentinelle comme il me plaît. Ne voilà pas de mes mouchards, qui prennent garde à ce qu’on fait ? Je tremble qu’il n’ait point soupçonné quelque chose de mon argent. Ne serais-tu point homme à aller faire courir le bruit que j’ai chez moi de l’argent caché?

LA FLÈCHE. Vous avez de l’argent caché?

HARPAGON. Non, coquin, je ne dis pas cela. ( à part) J’enrage. Je demande si malicieusement tu n’irais point faire courir le bruit que j’en ai. “

“ HARPAGON. Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meutrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être? Qu’est-il devenu? Où est-il? Où se cache- t’il? Que ferai-je pour le trouver? Où courir? Où ne pas courir? N’est-il point là? N’est-il point ici? Qui est-ce? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (il se prend lui même par le bras) Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! on m’a privé de toi; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. « 

LE MARCHAND DE VENISE – COMME IL VOUS PLAIRA – BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN

Traduction de François-Victor Hugo

16 hommes et 3 femmes – Dans Le Marchand de Venise, Antonio, un riche armateur de Venise, décide d’emprunter trois mille ducats à l’usurier juif Shylock afin d’aider son ami Bassanio à gagner Belmont où il espère faire la conquête de la belle et riche Portia. Comme les autres prétendants, il doit se soumettre à l’épreuve que le père disparu de la jeune femme a imaginée, et choisir entre trois coffrets, d’or, d’argent, et de plomb. Mais, au moment où il l’emporte sur ses rivaux, il apprend qu’Antonio vient d’être jeté en prison pour n’avoir pu rembourser sa dette à Shylock qui exige qu’en verni du contrat une livre de chair soit prélevée sur le corps de son débiteur. 

14 hommes et 4 femmes – Dans Comme il vous plaira, Rosalinde, fille du duc banni, fuit avec sa cousine Célia, fille du nouveau duc Frédéric, dans la forêt des Ardennes dans l’espoir de retrouver son père. Pour éviter toute agression, elles se vêtissent en habits d’homme et vont faire diverses rencontres.

16 hommes et 5 femmes – Dans Beaucoup de bruit pour rien, Claudio, jeune et naïf ami de Bénédict, tombe amoureux de la jeune Héro, fille de Léonato. Leur mariage s’organise presque immédiatement, et par manière de plaisanterie, la compagnie de Don Pedro complote pour faire tomber Béatrice et Bénédict amoureux.

Extrait Le Marchand de Venise

“ PORTIA. Regardez : ici sont les coffrets, noble prince; si vous choisissez celui où je suis renfermée, notre fête nuptiale sera célébrée sur-le-champ, mais si vous échouez, il faudra, sans plus de discours, que vous partiez d’ici immédiatement.

ARAGON. Mon serment m’enjoint trois choses : d’abord de ne jamais révéler à personne quel coffre j’ai choisi; puis si je manque le bon coffre, de ne jamais courtiser une fille en vue du mariage; enfin, si j’échoue dans mon choix, de vous quitter immédiatement et de partir.

PORTIA. Ce sont les injonctions auxquelles je jure d’obéir quiconque court le hasard d’avoir mon indigne personne.

ARAGON. J’y suis préparé. Que la fortune réponde aux espérances de mon coeur! … Or, argent et plomb vil. Qui me choisit doit donner et hasarder tout ce qu’il a. Tu auras une belle mine avant que je donne ou hasarde rien pour toi ! Que dit la cassette d’or? Ah ! Voyons ! Qui me choisit gagnera ce que beaucoup d’hommes désirent. » p 59

Extrait Comme il vous plaira

“LE DUC FRÉDÉRIC. Donzelle, dépêchez-vous de pourvoir à votre sûreté en quittant notre cour.

ROSALINDE. Moi, mon oncle?

LE DUC FRÉDÉRIC. Vous, ma nièce … Si dans dix jours tu te trouves à moins de vingt-milles de notre cour, tu es morte.

ROSALINDE. Je supplie votre Grâce de me laisser emporter la connaissance de ma faute. S’il est vrai que j’aie conscience de moi-même, que je sois au fait de mes propres désirs, je ne rêve pas, que je ne divague pas, ce dont je suis convaincue, alors, cher, oncle, j’affirme que jamais, même par la plus vague pensée, je n’ai offensé votre Altesse. Dîtes-moi en quoi consistent les présomptions contre moi.
LE DUC FRÉDÉRIC. Tu es la fille de ton père, et c’est assez.  » p 233

Extrait Beaucoup de bruit pour rien

“ MARGUERITE. À qui adressez-vous ce soupir. Au médecin ou au mari?

BÉATRICE. À la lettre qui commence ces deux mots, la lettre : Aime.

MARGUERITE. Allons ! s’il n’est vrai que vous avez abjuré, il ne faut plus naviguer sur la foi des étoiles.

BÉATRICE. Que veut dire cette folle?

MARGUERITE. Moi? rien ! Je souhaite seulement que Dieu envoit à chacun ce qu’il désire.
HÉRO. Voici des gants que le comte m’a envoyés; ils ont un parfum exquis.

BÉATRICE. Je suis enchifrenée , cousine, je ne puis rien sentir.

MARGUERITE. Être fille, et ne plus rien sentir ! Il a fallu pour cela un rhume extraordinaire.

BÉATRICE. Oh ! Dieu me pardonne ! Dieu me pardonne ! Depuis quand avez-vous pris tant de verve?

MARGUERITE. Depuis que vous n’en avez plus. Est-ce que mon esprit ne me sied pas à ravir? » p 170

Soeurs (Marina & Audrey)

C’est l’heure de la vengeance du règlement de comptes c’est l’heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d’avoir été la plus aimée c’est ça ? Et toi celle qui soi-disant n’a pas été désirée? C’est ça ? Une mère qui meurt… Une de ses filles est là, mais l’autre n’a pas été prévenue à temps. Erreur ? Faux pas ? Négligence ou acte manqué ? Fatalement arrive le temps de la confrontation. La famille, la proximité de la mort, les amours non réalisées…L’oeuvre de Pascal Rambert tire ses racines de ces ingrédients là. De cette matière fictionnelle qu’il creuse inlassablement, il extirpe de véritables pépites. Ici, tout repose sur la puissance de l’échange. Face à face, deux blocs d’énergie pure, des rapports de force organiques. Création du 6 au 8 novembre 2018 à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, dans une mise en scène de l’auteur.

Les Uns sur les autres

2f. – 3h. ; durée : 1 h 30 ; décor : intérieur d’une maison Phénix

Une mère, un père, deux adolescents et un grand-père cohabitent mal dans un pavillon fonctionnel.
Ils mangent vite, dorment vite, respirent vite, s’insultent vite. La mère s’épuise à vouloir être une « bonne mère », le fils réalise des opérations chirurgicales sur le chien, la fille rêve d’un anneau gastrique pour son anniversaire, le père ressemble à un courant d’air et le grand-père, lui, se réjouit d’être un poids au milieu du salon.
À sa mort, les racines de cette famille dysfonctionnelle vont éclater au grand jour et peut-être offrir une chance à ses membres de se ressouder…

Antoine et Catherine

1h-1f ; Décor : un banc dans un square à Paris ; Durée : 1h25

Un jour de 1950, Simone accompagne sa fille Catherine, 4 ans, dans un square à Paris. Elle y rencontre Jean venu avec son fils Antoine, 4 ans également. Les enfants font de la balançoire, Jean et Simone s’assoient sur un banc et bavardent, d’abord en voisins…

Un demi-siècle avec ses changements de société, de mode et de technologie qui s’entremêlent avec des histoires d’amour, celle de Jean et Simone, d’Antoine et Catherine puis de Vincent et Delphine leurs enfants. Toujours autour de ce banc, tous, ils se perdent, se disputent, se retrouvent, sont amoureux…ou pas.

 » Antoine et Catherine » a été créé le 14 avril 2000 au Théâtre de Poche-Montparnasse

Le secret

1f. – 1h ; Décor : une falaise surplombant la mer ; Durée : 1h

Un soir d’été. Le bord d’une falaise balayée par les vents. Une femme attend depuis des heures, penchée au-dessus du vide. Cette femme, c’est Aurore. Et celui qu’elle attend, c’est Pierre, son frère. Cela fait plus de vingt ans qu’ils ne se sont pas parlé. Depuis ce matin, où il a quitté la maison pour devenir prêtre. Mais bientôt, ils se feront face à nouveau. Ils se retrouveront à portée de voix…

Aurore le sait, elle ne pourra plus se taire. Les mots sortiront forcément. Le genre de mots qu’aucun vent ne pourra jamais étouffer. Pas même ceux qui creusent les falaises. Ce soir, Aurore l’a décidé. Elle lui livrera son secret. Quel que soit le prix à payer…

 

Incendies

Au début de l’histoire, la mort d’une femme qui, il y a longtemps déjà, a décidé de se taire. Elle adresse ses dernières volontés aux jumeaux Jeanne et Simon, ses enfants. C’est le début d’un périple lourd de révélations sur leur identité. Le deuxième volet du cycle dramaturgique présenté dans son intégralité au festival d’Avignon 2009.

Suzy storck

Suzy Storck mène une vie ordinaire dans une petite maison avec mari et enfants. Elle ne travaille plus pour s’occuper du dernier, suspend le linge, veille au bon fonctionnement des journées. Mais un soir d’été, quelque chose dérape. Suzy, sous le poids de la chaleur, sous le poids des gestes répétés, sombre. Un moment d’inattention qui la conduit à visiter son passé, à prendre conscience de ses renoncements, à formuler son incapacité à vivre selon ses vrais désirs. Et elle cède à ce que cela implique. Par une chronologie bouleversée, Suzy Storck reconstitue le drame d’une femme niée en tant que personne dont la seule issue s’avère tragiquement inhumaine.

Orphelins (suivi de « Oussama, ce héros »)

Livre de théâtre ORPHELINS suivi de OUSSAMA, CE HEROS de Dennis KELLY

Lorsque Dennis Kelly ouvre la boîte de pandore, il y trouve des frères et des sœurs très fusionnels, un couple vacillant et une folie contagieuse. Liam et Helen sont orphelins. Un soir, Liam, couvert de sang, interrompt un dîner chez sa sœur et son beau-frère. Le couple veut comprendre ce qui s’est passé, mais le récit du garçon est confus. Les certitudes de chacun vont alors voler en éclat et l’intimité familiale se gangréner devant le poids de la responsabilité.

Dans Oussama, ce héros, nous découvrons Gary, un adolescent marginal qui tente de se constituer des repères : radical et simplificateur dans sa pensée, ses convictions penchent dangereusement vers le fanatisme. Mais les plus fanatiques ne sont pas toujours ceux que l’on croit, et le monde que Louise, Francis et Mark se recréent autour de lui est autrement plus effrayant.
En s’essayant au genre thriller, Dennis Kelly poursuit son exploration de la violence dans le monde urbain contemporain. Né en 1970 à Londres, ses pièces sont aujourd’hui lues et jouées dans le monde entier.

Extraits Orphelins

« LIAM. Je tourne au coin de la rue et il était enfin, sur le putain, étendu, sur le trott -, sur la chaussée, tout seul. Il était allongé là tout seul alors je me suis dit « oh, non. Oh merde non, il est tout seul, il est tout seul, putain. » Et il avait l’air, enfin, correct, Danny, tu vois, un peu comme, j’sais pas, j’veux dire il avait l’air correct, il avait l’air, bon d’accord, peut-être un peu tu vois, mais quand même tu trinquerais avec lui ou, pas forcément un pote, mais dans un bar, tu vois, si tu l’avais, comme ça, si vous vous étiez croisés, un billard, et une bière, avec, sa tournée, je raconte n’importe quoi là, hein? Oui, non, je raconte n’importe quoi, des conneries, des conneries merde, putain, et là il est allongé là tout seul, absolument tout seull. Et il y a du sang. Et enfin, et quelqu’un a … Un putain de … Quelqu’un l’a vraiment.  » p 15

 » HELEN. Qu’est ce que tu faisais chez Ian?

LIAM. Oh, c’est un pote.

HELEN. Ce n’est pas un pote, Liam.

LIAM. Non, c’est vrai.

HELEN. Il a une mauvaise influence.

LIAM. C’était délicieux Danny, c’était.

HELEN. Il collectionne des objets nazis.

LIAM. Il ne les collectionne pas, il en a quelques-uns c’est tout. Il les trouve sur Internet.

HELEN. Tu ne devrais pas aller chez lui.

LIAM. Ouais, il en a plein enfin, vraiment il est pas net, genre des lettres, des vestes, des boites de zyklon B, c’est pas net, vraiment pas net. Fou quoi. Il est vraiment un peu tordu, Danny, même s’il a des trucs incroyables.

HELEN. Tu devrais rester à l’écart.
LIAM. Je lui ai dit, t’es vraiment tordu et il s’est marré comme ça. Mais il a vraiment des trucs incroyables, il a un Luger avec SS sur la crosse.

HELEN. Ça c’est tordu.

LIAM. C’est ce que je dis, c’est tordu, mais c’est incroyable aussi et maintenant il s’intéresse à des trucs plus modernes, il a récupéré une machette, il pense qu’elle vient du Rwanda, et il s’intéresse à tout ce qui vient d’Irak ou d’Afghanistan, il pense qu’il pourrait avoir une main coupée de la République Démocratique du Congo. Il télécharge toutes ces vidéos, violentes quoi, des gangs et des fusillades des bastons des décapitations, djihadistes et tout ça.  » p 39

« HELEN. Qu’est ce que tu veux faire, là vraiment concrètement qu’est ce que tu veux faire, quand tu auras fini de t’agiter, quand tu auras fini de paniquer, et de crier et de hurler comme un enfant, comme une fillette, putain, Danny, quand tu auras fini de fantasmer et de penser qu’on ne peut rien faire, qu’est ce que tu veux faire, là?

DANNY. Ne me parle pas comme ça.
HELEN. Tu es d’accord qu’il faut faire quelque chose?
DANNY. Faire quoi?

HELEN. Eh bien, par exemple, on pourrait ne rien faire, on pourrait le laisse là-bas ligoté et le laisser mourir de faim.

DANNY. Comment est-ce que tu peux dire une chose pareille, c’est idiot, c’est –  » p 72

Extraits Oussama, ce héros

« FRANCIS. Que penses-tu d’un vieux type qui abandonne sa femme après vingt-deux ans de mariage?

LOUISE. Je pense que tu es en train de te mettre en colère.

FRANCIS. Que penses-tu d’un vieux type qui abandonne sa femme après vingt-deux ans et qui invite une mineure dans son garage? Une fille que personne n’aime beaucoup.

LOUISE. Moi je l’aime bien.

FRANCIS. Pas très intelligente, vulnérable, qu’est-ce que tu penses de ça?

LOUISE. Je pense que tu as besoin de prendre l’air, de trouver un boulot et de te bouger un peu.

FRANCIS. Qu’est-ce que tu penses de ça?

LOUISE. Toujours assis, là, à épier. » p 106

GARY. Je leur explique aussi que bien qu’il soit en fuite dans l’une des région de la planète, cet homme est tellement apprécié que personne ne l’a dénoncé pour toucher la prime de 50 millions de dollars – Je leur dis comment cet homme a survécu à une guerre contre les plus grandes puissances sur terre avec seulement quelques centaines de combattants et peu de moyens – Et alors je relève la tête, je vois les visages. Ils me regardent. Ils me regardent tout simplement. Même pire qu’avant. Cette fois … Cette fois … Cette fois-ci je comprends que j’ai vraiment fait quelque chose de mal.  » p 116

« MARK. Écoute Gary nous allons enlever le scotch et te poser quelques questions, d’accord. D’accord?

Gary acquiesce

Et si tu cries, je … Je te frapperai au visage avec ce marteau. Tu comprends?

Un temps. Gary acquiesce.

OK. (À Francis) Allez-y.

Francis ne bouge pas.

Allez-y !

FRANCIS. Louise –

LOUISE. Vas-y Francis !

Un temps. Francis s’approche de Gary.

FRANCIS. S’il essaie de sortir une connerie, vous lui frappez la gueule. » p 133