Wajdi Mouawad

Le Pouvoir des mots

Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad le fuit pour la France de l’âge de dix à quinze ans, avant de vivre au Québec jusque dans les années 2000. Il signe des adaptations et mises en scène de pièces contemporaines, classiques et de ses propres textes publiés aux éditions Leméac / Actes-Sud. Il écrit également des récits pour enfants et les romans Visage retrouvé, en 2002 et Anima, dix ans plus tard, récompensé entre autres par la Société des Gens de Lettres, le Phénix de la Littérature au Liban, le deuxième roman de Laval et Lire en poche de la littérature française. Traduits en vingt langues, ses écrits sont édités ou présentés sur les cinq continents. Outre des prix à l’égard de certains de ses textes et mises en scène, Wajdi Mouawad est à plusieurs reprises distingué pour l’ensemble de son œuvre, notamment nommé Chevalier de l’Ordre National des Arts et des Lettres de France en 2002, celui du Canada en 2009 et du Québec l’année suivante, ou lors du prix de la Francophonie de la Sacd en 2004, un Doctorat Honoris Causa de l’École normale supérieure Lettres et sciences humaines de Lyon et le Grand Prix du Théâtre de l’Académie française en 2009.

Diplômé de l’École nationale d’art dramatique du Canada en 1991, il co-fonde avec Isabelle Leblanc sa première compagnie, le Théâtre Ô Parleur, avec laquelle il crée notamment en 1997 Littoral, dont il recevra le Molière de l’auteur, qu’il refusera. Comédien, il joue dans ses propres pièces, mais aussi sous la direction d’autres artistes comme Brigitte Haentjens, Dominic Champagne ou Stanislas Nordey.

Le célèbre quatuor de Wajdi Mouawad : une odyssée théâtrale acclamée

À partir de 2005 il démarre l’écriture du Sang des promesses, un cycle composé de quatre pièces : Littoral, Incendies, Forêts et Ciel qui constituent de véritables tragédies modernes. Ces pièces abordent la question de la promesse non tenue, ou plutôt de celle que l’on profère et que l’on tente de tenir, et des raisons pour lesquelles on ne la tient pas.  Au début de chaque pièce, il y a toujours la mort de l’origine. L’auteur emprunte autant à la tragédie antique qu’à l’épopée, au mélodrame, au polar, au thriller d’espionnage ou au récit d’initiation.

Le poids politique du théâtre

Wajdi Mouawad tente de réinvestir le sens du terme « engagement » à travers sa pratique en faisant du théâtre un lieu de réflexion, d’interrogation, voire d’intervention politique. Pour ce faire, Mouawad semble réactiver une notion désuète, qu’on croyait disparue des planches depuis Brecht : la catharsis.

Réactualiser la tragédie

Pendant plusieurs années, il se consacre à porter au plateau les sept tragédies de Sophocle en trois opus : Des femmes, composé des Trachiniennes, Antigone, Électre . En 2011, il créait Des Héros, avec Ajax un cabaret et Œdipe Roi. L’intégrale sera présenté sous le titre Le Dernier jour de sa vie dans le cadre de Mons 2015 capitale européenne de la culture. Des mourants, librement inspiré de Philoctète et Œdipe à Colone sera présenté au Théâtre National de Chaillot en mai 2016.