Clôture de l’amour

Un couple clôture son amour en deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps.
Clôture de l’amour, écrit pour les acteurs Audrey Bonnet et Stanislas Nordey, a été créé lors du Festival d’Avignon 2011 dans une mise en scène de l’auteur et a reçu un accueil enthousiaste auprès du public et de la critique. La pièce obtient, en 2012, le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française du Syndicat de la critique et le Grand Prix de Littérature dramatique du Centre national du Théâtre. En 2013, le Prix de l’Auteur sera décerné à Pascal Rambert et celui de la Comédienne à Audrey Bonnet lors du premier Palmarès du théâtre.

 

Extraits

« STAN. oui je dis mon amour, et alors? je t’ai aimée, je t’ai aimée, oui je dis mon amour, je sais que mon amour déjà ça raidit tout le monde, en général, si on nous écoutait, si il y avait des gens qui écoutaient ici ils seraient raidis, ils diraient voilà il recommence, il ne peut pas dire une phrase sans dire mon amour, ils seraient raidis Audrey, je disais l’amour de ma vie et je te regardais, je te regarde et je pense je ne te reconnais plus, ton corps je le connais, les attaches les os tout ça je connais, mais dessous il y a quoi, dessous l’enveloppe il y a quoi? » p33

« STAN. notre vie avant toutes ces vies toutes ces vies je ne vais pas les vivre avec toi Audrey, pas avec toi, j’ai fini, j’ai bientôt fini, je ne t’aime plus voilà tout, tout ce que je t’ai dit là je ne l’ai pas dit contre toi, je te l’ai dit il a fallu que je te le dise pour en arriver à cela, je vais partir Audrey, je te quitte, je pars, toute cette vie que nous devions vivre ensemble je vais la vivre ailleurs » p 63

« AUDREY. tu crois que l’amour c’est un stage d’informatique? qu’on reparamètre? qu’on fait des sauvegardes et qu’on vide la corbeille? comments les mots arrivent-ils à devenir soudain si froids? oui tu avais raison nous sommes des appareils jettables, à programmation courte, pas de chaleur dans tout ça, on prend on jette, tu m’as prise, tu me jettes » p 85