L’Orestie – Les Choréphores (suivi de Les Euménides)

Les Choéphores sont la suite du « Retour d’Agamemnon » : Oreste, fils d’Agamemnon, revient à Argos venger l’honneur de son père et récupérer son trône en tuant Egisthe, l’usurpateur. Eschyle compose un livret et des musiques, et ajoute au scenario de la vengeance un meurtre absurde voulu par Apollon, celui de Clytemnestre, qui conditionne le scenario des Euménides.
Au lieu de jouir de son royaume retrouvé, comme dans l’Électre de Sophocle, Oreste doit fuir car il est poursuivi par les Erinyes, divinités punissant les crimes familiaux.

L’Orestie – Les Euménides (précédé de Les Choréphores)

Oreste part à Delphes où Apollon le purifie puis a Athènes où Athéna crée un tribunal pour le juger. Il est innocenté. Pour calmer les Erinyes, Athéna les installe sur l’acropole d’Athènes sous le nom de Bienveillantes (Euménides). A partir de ce scenario bizarre, Eschyle compose une tragédie « baroque ».

L’Orestie – Agamemnon

Agamemnon est la première tragédie de L’Orestie, trilogie composée par Eschyle pour les Grandes Dionysies d’Athènes en 458 avant j.-C.. Son scenario emprunte à la mythologie de la guerre de Troie et aux poèmes appelés « les retour », la fin malheureuse d’Agamemnon le chef de l’expédition contre Troie. Le roi d’Argos Agamemnon revient vainqueur de la guerre. Sa femme Clytemnestre et l’amant de celle-ci, Egisthe cousin d’Agamemnon, le tuent par traitrise ainsi que la captive qu’il a ramenée, Cassandre fille de Priam, le roi de Troie. A partir de ce scenario, Eschyle compose un livret et des musiques dont les paroles et les mélodies se conjuguent pour mener le public d’attente angoissée en attente angoissée.

Amphitryon

Amphitryon, général des Thébains, a chargé son valet Sosie de prévenir sa femme Alcmène du succès qu’il vient de rencontrer au combat. Mais le dieu Mercure a écarté Sosie et s’est présenté à Alcmène sous ses traits. Le vrai Sosie doit avouer à son maître qu’il n’a pas accompli sa tâche et la stupéfaction d’Amphitryon s’accroît lorsqu’il découvre le peu de joie que sa femme manifeste à le revoir. Elle s’étonne, puisqu’elle a passé la nuit avec lui… Mais c’est Jupiter qui s’était introduit auprès d’elle sous l’apparence de son mari. Si Molière se réapproprie en 1668 cette fable mythologique venue de Plaute, avant que Giraudoux n’en fasse Amphitryon 38, c’est qu’elle porte en elle l’essence même du théâtre où l’apparence devient un moment le réel. Mais de ce sujet profond, Molière fait une comédie drôle car Amphitryon et Sosie sont pleinement joués par leur double et l’on comprend que le mari, bafoué par un Jupiter avatar de Don Juan, puisse s’affliger de son reflet… C’était d’ailleurs l’avis de Paul Léautaud : « Amphitryon, c’est l’apothéose du cocuage », « il y a dans les vers de Molière, dans cette oeuvre, avec une grâce et une sensualité infinies, une moquerie et une bouffonnerie irrésistibles ». Présentation et notes de Jean-Pierre Collinet.

Extraits

“AMPHITRYON. Voilà comme un valet montre pour nous du zèle. Passons. Sur les chemins que t’est-il arrivé?

SOSIE. D’avoir une frayeur mortelle, au moindre objet que j’ai trouvé.

AMPHITRYON. Poltron !

SOSIE. En nous formant Nature a ses caprices; divers penchants en nous elle fait observer : les uns à s’exposer trouvent mille délices; moi, j’en trouve à me conserver.

AMPHITRYON. Arrivant au logis … ?
SOSIE. J’ai devant notre porte, en moi-même voulu répéter un petit, sur quel ton et de quelle sorte, je ferais du combat le glorieux récit.

AMPHITRYON. Ensuite?

SOSIE. On m’est venu troubler et mettre en peine.

AMPHITRYON. Et qui?
SOSIE. Sosie, un moi, de vos ordres jaloux, que vous avez du port, envoyé vers Alcmène, et qui de nos secrets a connaissance pleine, comme le moi qui parle à vous.

AMPHITRYON. Quels contes !

SOSIE. Non, Monsieur, c’est la vérité pure. Ce moi plus tôt que moi s’est au logis trouvé; et j’étais venu, je vous jure, avant que je fusse arrivé.“

“ALCMÈNE. Ah ! trop cruel époux !

JUPITER. Dites, parlez, Alcmène.

ALCMÈNE. Faut il encor pour vous conserver des bontés, et vous voir m’outrager par tant d’indignités?

JUPITER. Quelque ressentiment qu’un outrage nous cause, tient-il contre un remords d’un coeur bien enflammé?

ALCMÈNE. Un coeur bien plein de flamme à mille morts s’expose, plutôt que de vouloir fâcher l’objet aimé.

JUPITER. Plus on aime quelqu’un, moins on trouve de peine.

ALCMÈNE. Non, ne m’en parlez point : vous méritez ma haine.

JUPITER. Vous me haïssez donc ?

ALCMÈNE. J’y fais tout mon effort; et j’ai dépit de voir que toute votre offense, ne puisse de mon coeur jusqu’à cette vengeance, faire encore aller le transport.

JUPITER. Mais pourquoi cette violence, puisque pour vous venger je vous offre ma mort ? Prononcez l’arrêt et j’obéis sur l’heure. “

Penthésilée

Théâtre classique

4f.–4h. ; décor : un champ de bataille près de Troie ; durée : 1 h 20

Penthésilée, reine des Amazones, court au combat contre les Grecs et les Troyens. Elle y rencontre Achille et tous deux, rendus fous de désir l’un pour l’autre, se poursuivront, s’uniront, se déchireront.
Héritière directe des tragédies antiques, cette pièce d’Heinrich von Kleist est centrale dans l’histoire du romantisme allemand.
La présente adaptation, préfacée par le biographe de Kleist, Joël Schmidt, en restitue toute la fougue et la violence.

Electre

Jean Giraudoux a repris ce mythe de l’Antiquité en 1937 pour écrire une de ses pièces les plus célèbres. La tragédie n’exclut pas la gaieté ni le rire, mêlant enquête policière et drame bourgeois.

La guerre de Troie n’aura pas lieu

« La guerre de Troie n’aura pas lieu », dit Andromaque quand le rideau s’ouvre sur la terrasse du palais de Priam. Pâris n’aime plus Hélène et Hélène a perdu le goût de Pâris, mais Troie ne rendra pas la captive car pour tous les hommes de la ville « il n’y a plus que le pas d’Hélène, la coudée d’Hélène, la portée du regard ou de la voix d’Hélène… » et les augures eux-mêmes refusent de la laisser partir. Hector, pour Troie, et Ulysse, pour la Grèce, tentent à tout prix de sauver la paix. Mais la guerre est l’affaire de la Fatalité et non de la volonté des hommes. La guerre de Troie aura lieu. Pièce en deux actes, La guerre de Troie n’aura pas lieu a été représentée pour la première fois le 22 novembre 1935 au Théâtre de l’Athénée, sous la direction de Louis Jouvet. Son succès fut éclatant et immédiat et ne s’est jamais démenti depuis.

Les mouches

LES MOUCHES, drame en 3 actes de Jean-Paul Sartre.

La pièce prend racine à l’intérieur du Mythe grec antique des Atrides pour développer une conception philosophique de la tragédie mettant fin aux sanglants combats des fils d’Atrée.

C’est la première pièce de Sartre représentée, si l’on excepte Bariona, montée alors qu’il était en captivité.

Eurydice

Deux pièces sur le thème de la jalousie. Orphée, violoniste, et Eurydice, comédienne en tournée, quittent tout pour accomplir leur amour. Mais la jalousie s’empare d’Orphée…
Dans le second drame, Frédéric s’éprend de Jeannette, la sœur de sa fiancée. Mais sa passion de l’Absolu viendra contrarier son amour. Comment le dénouement de ces deux pièces pourrait-il être autrement que noir ? Elles disent l’exigence de la grandeur, de la beauté, de l’éternité, dans un monde éphémère, mesquin, voué aux compromis.