L’Impromptu de Versailles

Les comédiens jouent ici leur propre rôle et répètent celui que Molière leur a assigné. Molière veut mettre en scène une pièce commandée par le roi, seulement sa troupe n’est pas prête : les acteurs ne connaissent pas leur rôle, ils n’ont pas eu le temps de l’apprendre. Ils s’en plaignent et Molière se charge de les mettre au travail au plus vite. Mlle Béjart lui demande pourquoi il ne met pas en scène une Comédie des comédiens, un projet qu’il a en tête depuis longtemps. Molière lui répond qu’il ne le fera pas. Il pousse ses comédiens à préparer la pièce qu’il souhaite pour la montrer au roi, y compris dans ce contexte d’urgence.

Extraits

“ MADEMOISELLE BÉJART. Comment prétendez-vous que nous fassions, si nous ne savons pas nos rôles?

MOLIÈRE. Vous les saurez, vous dis-je; et quand même vous ne les sauriez pas tout à fait, pouvez-vous pas y suppléer de votre esprit, puisque c’est de la prose, et que vous savez votre sujet?

MADEMOISELLE BÉJART. Je suis votre servante : la prose est encore pis que les vers.

MADEMOISELLE MOLIÈRE. Voulez-vous que je vous dise? vous devriez faire une comédie où vous auriez joué tout seul.

MOLIÈRE. Taisez-vous ma femme, vous êtes une bête.

MADEMOISELLE MOLIÈRE. Grand merci, Monsieur mon mari. Voilà ce que c’est : le mariage change bien les gens, et vous ne m’auriez pas dit cela il y a dix-huit mois. “

“ MOLIÈRE. Ah ! Que le monde est plein d’impertinents ! Or sus, commençons. Figurez-vous donc premièrement que la scène est dans l’antichambre du Roi; car c’est un lieu où il se passe tous les jours des choses assez plaisantes. Il est aisé de faire venir là toutes les personnes qu’on veut, et qu’on peut trouver des raisons même pour y autoriser la venue des femmes que j’introduis. La comédie s’ouvre par deux marquis qui se rencontrent. Souvenez-vous bien, vous, de venir, comme je vous ai dit là, avec cet air qu’on nomme le bel air, peignant votre perruque et grondant une petite chanson entre vos dents. La, la, la, la, la, la, la. Rangez-vous donc, vous autres, car il faut du terrain à deux marquis; et ils ne sont pas gens à tenir leur personne dans un petit espace. Allons, parlez.

LA GRANGE. « Bonjour Marquis »

MOLIÈRE. Mon Dieu, ce n’est point là le ton d’un marquis; il faut le prendre un peu plus haut; et la plupart de ces Messieurs affectent une manière de parler particulière, pour se distinguer du commun : « Bonjour, Marquis.  » Recommencez-donc. “

Célimène et le Cardinal

 
Cardinal! N’était-ce pas le destin idéal pour un arbitraire autoritaire et solitaire?
Car voici Alceste dans la situation très inconfortable d’un homme coupé du monde, mais tenant ce monde dans sa main de fer: au dix-septième siècle, le pouvoir d’un prélat est considérable. Vingt ans après, il s’invite donc chez son ancienne amante pour trouver une jolie quadragénaire, qui, loin de la Cour qu’elle a « trahie » en épousant un bourgeois, semble parfaitement heureuse avec ses quatre enfants. Mais qu’est donc venu faire l’égal de Mazarin chez cette mère de famille sans histoire?