La maison de Bernarda Alba

La veuve Bernarda Alba séquestre ses filles et les empêche d’aimer. L’une d’entre elles, Adela, se révolte. Nous sommes en Andalousie et l’histoire est inspirée par des souvenirs d’enfance de l’auteur. Celui-ci prétend d’ailleurs que la pièce est un « documentaire photographique ». « Pas une goutte de poésie ! La réalité ! Le réalisme ! » Cependant, des critiques ont prétendu que la pièce n’était pas réaliste. En fait il s’agit de deux notions différentes de la réalité et nous pensons qu’il faut faire confiance à l’auteur. C’est le réalisme du théâtre : nécessité implacable et concentration du discours pour atteindre l’objectif donné : capter l’attention du spectateur par la présence documentaire et photographique des personnages. Et ce réalisme, qui n’est pas neutre mais engagé, dénonce ici l’oppression des filles dans une société méditerranéenne confrontée à la modernité. Le combat d’Adela contre sa mère est celui de la modernité contre l’ordre ancien. Il se trouve que cette pièce est la dernière de Lorca, qui quelques jours après le début de la guerre d’Espagne (17 juillet 1936) est assassiné par des membres de la Phalange.