Le dernier feu

La pièce de Dea Loher s’ouvre sur la mort accidentelle d’un enfant, Edgar, âgé de huit ans. L’enfant est écrasé par la voiture d’Edna, un agent de police lancée à la poursuite d’Olaf qu’elle prend pour un terroriste. Rabe, qui rentre de la guerre et vient s’installer en ville, est l’unique témoin de la scène. Dans une polyphonie étrange, les voix s’étouffent, ne pouvant parler, ne sachant que faire de leurs sentiments. À l’exception de la grand-mère d’Edgar, atteinte d’Alzheimer, qui oublie sans cesse la mort de son petit-fils, si bien qu’il faut lui réitérer l’indicible.Voici la question qui se pose : dans quelle mesure sommes-nous complices de ce qui se passe ici ou ailleurs ? Le théâtre peut-il nous permettre de décoder les signes, même les plus incommunicables, qui nous entourent ? Dea Loher nous emmène dans un monde où nous n’irions pas sans elle : elle ouvre des portes que nous préférons garder fermées.

Comédies tragiques

C’est le combat perpétuel de l’individu face à l’absurdité du système qui le domine. Se battre pour avoir du travail. Pour préserver sa dignité. Pour rétablir une justice sociale. Pour défendre ses convictions. Tour à tour, sur la scène du Grand Théâtre, sur le plateau d’un jeu télévisé, dans une agence de Pôle emploi, dans un bureau de poste ou dans une cour de récré, les personnages de Catherine Anne façonnent une humanité généreuse et poignante. – modulable, 5 personnages minimum –

Le Pays lointain

Le Pays lointain est la dernière pièce de Lagarce et son ultime variation sur un thème qui l’occupa toute sa vie: le retour de l’enfant prodigue parmi les siens. Présent et passé s’y mêlent, dessinant les vingt dernières années de la vie de Louis, qui n’en finit pas de vouloir annoncer sa mort prochaine. Ni époque ni lieu, seulement une liste de onze rôles magnifiques: le père, la mère, Antoine le frère, Suzanne la sœur, ou encore Catherine la belle-sœur. Mais Le Pays lointain n’est pas qu’une histoire de famille. C’est aussi la chronique des amours de Louis, où tout un cortège de silhouettes plus ou moins fugitives reviennent tour à tour le visiter… Ces êtres en pointillés, quelle ligne de fuite tracent-ils autour des silences de Louis, autour du terrible aveu qu’il ne parviendra peut-être pas à articuler ? Disparus ou revenants, tous peuvent s’exprimer, car Louis cède la parole à ses proches, laisse se multiplier les points de vue: ce “pays lointain” est aussi un carrefour où l’on dit au héros ses quatre vérités… 

Extraits

“CATHERINE. Lorsque nous nous sommes mariés, il n’est pas venu, vous n’êtes pas venu et depuis, le reste du temps, toutes ces années, le reste du temps, les occasions ne se sont pas trouvées.

LOUIS. Nous pouvons dire les choses ainsi, les occasions ne se sont pas trouvées.

ANTOINE. Elle sait ça parfaitement, je ne sais pas pourquoi tu expliques, je ne comprends pas pourquoi tu cherches à expliquer. Il n’a pas mis les pieds dans cette maison depuis un nombre incalculable d’années, je ne te connaissais même pas. “

“LE PERE, MORT DEJA. J’aimais faire ça. J’emmenais tout mon petit monde en balade et je les immortalisais, tout à fait, je leur disais « ça vous immortalise » et cela les faisait rigoler, je vous immortalise. Il les a gardées? Cela me fait bien plaisir, je me demandais ce qu’ils avaient pu en faire, j’avais peur que ça traine et que ce soit perdu.

L’AMANT, MORT DEJA. Il est parti avec, lorsqu’il est parti, lorsqu’il vous a quittés, lorsqu’il a quitté cette maison, cette ville, sorte de ville, etc … il a dû mettre la main dessus, il y tenait. Je vous connais par elles, je les connaissais tous. “

Juste la fin du monde

Le fils retourne dans sa famille pour l’informer de sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles. De cette visite qu’il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit.

Extraits

“SUZANNE. Lorsque tu es parti, je ne me souviens pas de toi, je ne savais pas que tu partais pour tant de temps, je n’ai pas fait attention, je ne prenais pas garde, et je me suis retrouvée sans rien. Je t’oubliai assez vite. J’étais petite, jeune, ce qu’on dit, j’étais petite. Ce n’est bien bien que tu sois parti, parti si longtemps, ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moi, et ce n’est pas bien pour elle (elle ne te le dira pas ), et ce n’est pas bien encore, d’une certaine manière pour eux, Antoine et Catherine. Mais aussi, je ne crois pas que je me trompe, mais aussi ce ne doit pas, ça n’a pas dû, ce ne doit pas être bien pour toi non plus, pour toi aussi.“

“LOUIS. Je ne suis pas arrivé ce matin, j’ai voyagé cette nuit, je suis parti hier soir et je voulais arriver plus tôt et j’ai rennoncé en cours de route, je me suis arrêté, ce que je voulais dire, et j’étais à la gare ce matin, dès trois ou quatre heures. J’attendais le moment décent pour venir ici.

ANTOINE. Pourquoi est-ce que tu me racontes ça ? Pourquoi est-ce que tu me dis ça? Qu’est-ce que je dois répondre, je dois répondre quelque chose?

LOUIS. Je ne sais pas, non, je te dis ça, je voulais que tu le saches, ce n’est pas important, je te le dis parce que c’est vrai et je voulais te le dire.
ANTOINE. Ne commence pas.
LOUIS. Quoi?

ANTOINE. Tu sais. Ne commence pas, tu voudras me raconter des histoires, je vais me perdre, je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. Tu étais à la gare, tu attendais, et peu à peu, tu vas me noyer. “

La cerisaie

Traduction de Jean-Claude Carrière – La Cerisaie, est l’histoire d’une famille aristocrate qui s’est appauvrie. Voilà trois ans que la mère, Lioubov, et la fille, Anya, étaient en voyage en Europe, à Paris. Mais le manque d’argent et les dettes forcent leur retour. 

Extraits

“ LIOUBOV. O mon enfance, ma pureté ! Je dormais dans cette chambre, d’ici je regardais le jardin. Le bonheur se réveillait avec moi chaque matin, et c’était tout comme aujourd’hui, rien n’a changé. Blanc, tout blanc ! Oh mon jardin ! Après l’automne sombre et humide, après l’hiver froid, tu es de nouveau jeune, plein de bonheur, les anges du ciel ne t’ont pas abandonné … Si on pouvait arracher cette pierre pesante de ma poitrine et de mes épaules, si je pouvais oublier mon passé.

GAEV. Oui, et le jardin sera vendu, pour dettes, aussi étrange que cela paraisse …  » p 59

“ LIOUBOV. Je suis née ici, ici ont vécu mon père et ma mère, mon grand-père, j’aime cette maison, sans la cerisaie, je ne comprends pas ma vie … et s’il faut la vendre, alors qu’on me vende avec elle … Après tout, mon fils s’est noyé ici … Prenez pitié de moi, vous êtes bon et charitable.

TROFIMOV. Vous savez que je suis avec vous de toute mon âme.
LIOUBOV. Il faut dire ça d’une autre façon, d’une autre façon … Mon âme est si lourde aujourd’hui, vous ne pouvez pas imaginer. Il y a tant de bruit ici, mon âme tremble à chaque son, je suis toute frissonnante, mais je ne peux me retirer, j’ai peur d’être seule dans le silence.  » p 99

Jacques ou la soumission

Une famille toute entière va réussir, par le simple étalage de non-sens, avec une conviction sans faille, à anéantir les espoirs et les rêves de Jacques, enfant de la famille. C’est donc l’histoire de Jacques, que le refus de la condition humaine conduira petit à petit à la soumission la plus complète. Lui, qui s’était défendu de sombrer dans un monde déliquescent, finira par se laisser prendre au piège de l’existence : la résignation à l’instinct sexuel et grégaire, à l’acculturation et au conformisme. Jacques ou la soumission est un pièce exemplaire pour qui voudrait comprendre les rouages de la propagande : en répétant vingt fois qu’il faut adorer les pommes de terre au lard, on finit bien par les adorer !

Le Tartuffe

Un faux dévot s’installe dans la famille d’Orgon dont il fait sa dupe, y vit grassement et manifeste une assez vive sensualité pour courtiser la maîtresse de maison – avant d’être finalement démasqué. Le sujet de sa pièce, Molière dut longuement batailler pour finalement l’imposer en 1669, car, à sa première représentation à Versailles, la comédie avait été jugée dangereuse : s’il décriait les apparences de la vertu, Molière ne rendait-il pas également suspects les dévots authentiques. Car tel est bien l’enjeu sérieux de la pièce : percer à jour l’hypocrisie tout en nous incitant à méditer sur le déguisement et la métamorphose. Mais Le Tartuffe est aussi une comédie de moeurs et de caractères où la farce peu à peu s’infléchit vers le drame et cependant s’harmonise parfaitement avec lui. Molière fait preuve ici d’un métier admirable pour faire passer le spectateur du rire franc à la plus délicate émotion, de la gaieté la plus vive à la réflexion la plus grave, et parfois la plus sombre. 

Extraits

“DORINE. Hé bien ! on vous croit donc, et c’est tant pis pour vous, quoi ? se peut-il, Monsieur, qu’avec l’air d’homme sage, et cette large barbe au milieu du visage, vous soyez assez fou pour vouloir ? …

ORGON. Ecoutez : vous avez pris céans certaines privautés, qui ne me plaisent point; je vous le dis ma mie.

DORINE. Parlons sans nous fâcher, Monsieur, je vous en supplie. Vous moquez-vous des gens d’avoir fait ce complot? Votre fille n’est point l’affaire d’un bigot : il y a d’autres emplois auxquels il faut qu’il pense. Et puis, que vous apporte une telle alliance? A quel sujet aller, avec tout votre bien, choisir un gendre gueux? …
ORGON. Taisez-vous. S’il n’a rien, sachez que c’est par là qu’il faut qu’on le révère. Sa misère est sans doute une honnête misère; au-dessus des grandeurs elle doit l’élever, puisqu’enfin de son bien il s’est laissé priver, par son trop peu de soin des choses temporelles, et sa puissante attache aux choses éternelles. “

“ELMIRE. La déclaration est tout à fait galante, mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante. Vous deviez, ce me semble, armer mieux votre sein, et raisonner un peu sur un pareil dessein. Un dévot comme vous, et que partout on nomme …

TARTUFFE. Ah ! pour être dévot, je n’en suis pas moins homme; et lorsqu’on vient à voir vos célestes appas, un coeur se laisse prendre, et ne raisonne pas. Je sais qu’un tel discours de moi paraît étrange; mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange; et si vous condamnez l’aveu que je vous fais, vous devez vous en prendre à vos charmants attraits. “

Tous nos voeux de bonheur

2f. – 0h. ; décor : 2 chaises ; durée 1 h 20

Charlotte, épouse et mère modèle un tantinet coincée, retrouve sa soeur Claire, divorcée et totalement libérée, à l’occasion du mariage de sa cadette. Des retrouvailles explosives qui feront remonter en surface rancoeurs, colères, déceptions… mais aussi complicité retrouvée et éclats de rires ! Au cours de cette journée inoubliable, Claire et Charlotte balayeront leurs a priori et leurs craintes pour enfin avancer vers de nouveaux horizons.

Oncle Vania (suivi des « Trois Soeurs »)

Traduction de Michel Adamov – Dans Oncle Vania, le vieux professeur Sérébriakov est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première épouse. Cette arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la fille du professeur, et d’oncle Vania, qui à eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. D’autant que l’attention des proches, y compris celle de Vania, se cristallise bientôt sur Eléna, la seconde et très désirable épouse.
Dans ce drame, la capacité de Tchekhov à reproduire des atmosphères, sa langue même signalent l’essentiel : que la beauté vient de la simplicité et que les personnages puisent dans le quotidien, même trivial et résigné, le sens de leur existence.

Les Trois Soeurs, se déroule dans une ville de province, perdue dans l’immense Russie, trois sœurs s’ennuient, mais espèrent : Moscou, le retour de l’enfance, la vraie vie… Tout est encore possible le deuil est fini, la vie attend. La vie s’écroule, sans événement. Les officiers vont et viennent. Tous s’accrochent aux mots, mais les mots tuent ou s’usent. Les trois sœurs n’iront jamais à Moscou. Elles ont tout perdu, même l’espoir de partir. 

Extraits Oncle Vania

“ SONIA. Vous n’êtes pas satisfait de la vie ?

ASTROV. J’aime la vie en général, mais notre vie, provinciale, russe, étriquée, je ne peux plus la supporter et je la méprise, de toutes les forces de mon âme. “ p 78

“SEREBRIAKOV. Mes amis, mais qu’est-ce que tout ça veut dire à la fin ? Eloignez-moi de ce fou ! Je ne peux plus vivre sous le même toit que lui. Il vit ici, presque à côté de moi … Qu’il aille habiter au village, dans l’annexe, sinon c’est moi qui m’en irai d’ici, car rester dans la même maison que lui, je ne peux pas …

ELENA ANDREIEVNA. Nous partirons d’ici aujourd’hui même ! Il faut donner des ordres sans perdre une minute.

SEREBRIAKOV. Le plus nul des hommes !

SONIA. Il faut être charitable papa ! Oncle Vania et moi sommes si malheureux ! Il faut être charitable ! Rappelle-toi quand tu étais plus jeune, oncle Vania et grand-mère passaient des nuits à traduire pour toi des livres, à recopier tes manuscrits … des nuits, des nuits entières ! Oncle Vania et moi nous travaillions sans relâche, nous n’osions pas dépenser pour nous un kopeck, nous t’envoyions tout … Nous n’étions pas des bouches inutiles ! Je ne parle pas comme il faut, ce n’est pas ce qu’il faut dire, mais tu dois nous comprendre papa … Il faut être charitable !  » p 108

Extraits Les Trois Soeurs

“ IRINA. Oh, que je suis malheureuse … Je ne peux pas travailler, je n’irai plus travailler. Assez, assez ! J’ai été télégraphiste, maintenant je suis employée à l’administration municipale et je déteste, et je méprise tout ce qu’on me donne à faire … Je vais avoir vingt-quatre ans, ça fait déjà longtemps que je travaille, mon cerveau s’est desséché, j’ai maigri, j’ai enlaidi, j’ai vieilli, et rien, rien, aucune satisfaction, le temps passe et j’ai tout le temps l’impression qu’on s’éloigne de la véritable, de la belle vie, qu’on s’en éloigne toujours plus, pour aller dans on ne sait quel précipice. Je suis désespérée, et que je sois encore en vie, que je ne me sois pas tuée jusqu’ici, je ne le comprends pas. “ p 215

“OLGA. Nous reverrons-nous un jour?

VERCHININE. Sans doute non. Ma femme est mes deux fillettes passeront encore deux mois ici. Je vous en prie s’il leur arrivait quelque chose, ou si elles avaient besoin …

OLGA. Oui, oui, bien sûr. Soyez sans crainte. Demain il ne restera plus en ville un seul militaire, tout ne sera plus que souvenir, et pour nous, évidemment, commencera une vie nouvelle. Rien ne se passe comme nous le voudrions. Je ne voulais pas devenir directrice et pourtant c’est arrivé. Ça veut dire que nous n’irons pas à Moscou.  » p 243

Ivanov (suivi de « La Mouette »)

Traduction d’Arthur Adamov – Ivanov (12h. – 5f. – Durée 2h15) : Ce premier drame achevé suscita par sa nouveauté un vif mouvement d’opinion. Ivanov est banal. Ivanov est extraordinaire. Il brille comme un trou noir autour duquel tourne et jase tout un petit monde ridicule ou poignant : parasites, richards, cyniques saisis sur le vif avec un humour implacable, trompant leur ennui aux cartes ou noyant leur désespoir dans la vodka. Au cœur de cette société malade, Ivanov se débat sous les ruines de ses idéaux. Anna, sa femme, est mourante et ne le sait pas ; la jeune Sacha, sa voisine, rêve de lui offrir un nouveau bonheur. Hommes et femmes, hostiles ou amicaux, tous ont quelque chose à lui demander : de l’amour, de l’argent, des actes. Ivanov est comme assiégé. Cerné. Et depuis un an à peu près, il n’en peut plus… 

 

La Mouette (6f.-3h-Durée 1h40) : La Mouette, fut la seconde pièce importante composée par Tchékhov. La mouette est le symbole de l’histoire de Nina, aimée par Konstantin qui lui a écrit une pièce. Persuadée de sa vocation d’actrice, elle s’enfuit avec Trigorine, un écrivain reconnu, amant de la mère de Konstantin. Mais elle ne rencontrera pas la réussite, reniée par sa famille et délaissée par son amant.

Extrait d’Ivanov

“ IVANOV. Choura, au nom du ciel, quelle imprudence ! Ton arrivée peut avoir un effet désastreux sur ma femme.

SACHA. Elle ne me verra pas. Je suis venue par l’entrée de service. Je m’en vais tout de suite. Mais j’étais inquiète : tu vas bien ? Pourquoi es-tu resté si longtemps sans venir ?

IVANOV. Ma femme est déjà ulcérée sans ça, elle est presque mourante, et toi tu viens ici. Choura, Choura, c’est de l’inconscience, c’est inhumain.

SACHA. Que pouvais-je faire ? Ça fait deux semaines que tu n’es pas venu, tu ne réponds pas aux lettres. Je me suis rongée les sangs. Je m’imaginai que tu souffrais affreusement ici, que tu étais malade, mort. Je n’ai pas dormi en paix une seule nuit … Je m’en vais tout de suite … Mais dis-moi au moins : tu vas bien ?

IVANOV. Non, je me tourmente, les gens me tourmentent sans arrêt. Je suis simplement à bout de forces . Et maintenant c’est toi ! Comme tout ça est pénible, comme c’est anormal. Choura, comme je suis coupable, oui, coupable ! … » p 126

Extrait de La Mouette

“ TREPLIEV. J’ai été assez lâche pour tuer cette mouette, aujourd’hui. Je la dépose à vos pieds.

NINA. Qu’est-ce qui vous arrive?

TREPLIEV. Bientôt je me tuerai de la même façon.

NINA. Je ne vous reconnais plus.

TREPLIEV. Oui, depuis que j’ai cessé de vous reconnaître. Vous avez changé à mon égard, votre regard est froid, ma présence vous gêne.

NINA. ces derniers temps vous êtes devenu irritable, vous vous exprimez sans cesse de façon incompréhensible, en usant de je ne sais quels symboles. Et cette mouette-là aussi, c’est sûrement un symbole, mais excusez-moi, je ne le comprends pas… Je suis trop simple pour vous comprendre. “ p 208