Rhinocéros

Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu’en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes.

Les mains sales

LES MAINS SALES, pièce en 7 tableaux de Jean-Paul Sartre.

«Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! À quoi cela servirait-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang.»

L’action, courant sur sept tableaux, se déroule pendant la seconde Guerre mondiale dans un pays fictif appelé Illyrie en Europe de l’Est. Le pays est dirigé par un dictateur fasciste allié des Allemands. Il y a deux mouvements de résistance clandestins contre le régime et l’Allemagne – le parti du prolétariat (communiste) et le Pentagone (un parti nationaliste bourgeois et capitaliste). Le PP et le Pentagone sont également hostiles les uns aux autres. Beaucoup de vies ont été perdues dans le conflit de chaque côté.

Hugo, le personnage principal, sort de prison, suite à l’assassinat de Hoederer, chef du parti prolétaire, et se rend chez Olga, sa protectrice, qui sera chargé de l’examiner son cas politique et savoir s’il peut intégrer le parti populaire. La pièce va examiner les raisons qui ont poussé Hugo à tuer Hoederer.

Les Justes

L’histoire des circonstances qui ont précédé et suivi l’attentat à la bombe contre le grand-duc, oncle du tsar, à Moscou en 1905, par un groupe de terroristes appartenant au Parti socialiste révolutionnaire. Les différentes sensibilités de ces révolutionnaires se croisent et se confrontent.

Les Paravents

Le monument qu’elle élève à l’honneur des morts et de la mort donne à la pièce une dimension jamais atteinte jusqu’alors, tant la jubilation de Genet à jouer avec toutes les ressources du théâtre réussit – cas unique – à s’articuler avec les données historiques et politiques de la guerre d’Algérie.Le fameux  » tourniquet  » qu’avait décelé Sartre n’est pas seulement celui de l’être et du paraître mais celui de tous les incompatibles tels que les a conçus une vision rationnelle du monde. Pour s’opposer à cette vision judéo-chrétienne, rien de plus fort que la définition de la tragédie proposée par Genet. Conception dionysiaque d’un délire qui doit beaucoup aux Grecs relus à la lumière de Nietzsche et pourrait se rapprocher de Shakespeare ; conception circulaire également, qui exige, dramaturgiquement, une mise en déséquilibre constant de tous les éléments du spectacle, des objets aux acteurs, de la régie à la psychologie.On entre dans le monde de l’insaisissable.