Sentinelles

À travers le parcours de trois amis, tous trois pianistes virtuoses promis à une brillante carrière, Jean-François Sivadier interroge les aspirations secrètes, parfois antagonistes, qui se bousculent dans le coeur de tout artiste, entre l’ambition, le sacrifice, la nécessité de témoigner du monde, la tentation de le fuir, le désir d’être aimé… Sentinelles, écrit et conçu pour trois acteurs, emprunte à Thomas Bernhard le sujet de son roman, Le Naufragé, pour réinventer l’histoire de trois pianistes virtuoses qui se rencontrent adolescents et qui deviennent, du jour au lendemain, inséparables. Ils passeront trois ans dans une prestigieuse école de musique, avant de se présenter à un concours international de piano, à l’issue duquel, pour des raisons plus ou moins mystérieuses, ils se sépareront pour toujours. Aussi dissemblables que complémentaires, admiratifs les uns des autres, les trois hommes vont s’épauler et se combattre dans un jeu d’équilibre délicat, entre leur rapport au monde et leur manière d’exercer leur art. Les accords et les désaccords du trio dessinent un chemin initiatique, au bout duquel chacun a rendez-vous avec lui-même. Une histoire comme un prétexte à interroger les vents contraires, les courants violents qui peuvent s’aff ronter, s’accorder ou se confondre dans le rapport secret que chaque artiste entretient avec le monde.

Fake

Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais avec lequel elle communique sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. Elles se parlent, elles soliloquent, elles rêvent, elles se piègent dans leurs propres sentiments, leurs aspirations, leurs propres troubles. L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

Rencontre de Cléopâtre et de la reine de Saba

Suzy et Simone ont fait leurs classes de jeunes comédiennes ensemble. Des années plus tard, qui paraissent une éternité, les retrouvailles sont amères.Le théâtre d’avant-garde, engagé, que pratique maintenant Simone n’attire que quelques rares spectateurs dans des petites salles mal chauffées ; tandis que la flamboyante Suzy triomphe en coquette dans les pièces de boulevard de son amant Vattier, au succès populaire incontestable.Évidentes jalousies, vacheries mesquines, confessions sincères, anciennes amours contrariées ; la nuit sera longue.Mais ce Vattier, qu’elles ont toutes les deux connu, malgré son absence, semble tenir une place bien importante dans cette rencontre. Et Suzy agit de plus en plus bizarrement… Très vite les masques tombent et la tragédie éclate, mais pas forcément celle que l’on aurait pu supposer.

Les Idiots

Ils sont quatre adolescents, entre 13 et 19 ans. De la vie, ils attendent tout, l’amour surtout. Ils ne trahiront pas leurs désirs, ils préféreront encore renoncer à eux-mêmes. Autour d’eux, les adultes en électrons perdus le père, la mère, une femme, un conducteur de train, un flic qui les croisent, les frôlent, sans les arrêter dans leur course. On dit, les idiots. Ces idiots ne sont pas idiots. Ils ont développé leur intelligence en dehors des règles. La véritable intelligence n’est pas de savoir ce que tout le monde sait. C’est d’inventer sa vie.

Pour un oui ou pour un non

Dans une action concentrée, où tout ce qui compte est ce qui n’est pas dit, deux hommes s’affrontent, prennent à tour de rôle la position du dominant et du dominé, deux amis se brouillent, peut-être, « pour un oui, pour un non ».