Le Vallon

« Le problème avec les meurtres, c’est que ça perturbe le service. J’avais prévu de canard pour le déjeuner… »

Lorsque John Cristow est retrouvé mourant dans la véranda, chez Lady Angkatell, au cours d’un week-end entre amis, les suspects sont nombreux. Les derniers mots de la victime ne font qu’obscurcir le mystère et vont mettre à rude épreuve les qualités d’enquêteur et les connaissances de la psychologie humaine de l’inspecteur Colquhoun. Commandez cette pièce et découvrez toute une galerie d’étonnants personnages.

Ring

1f.–1h. ; durée : 1 h 15

17 scènes de couples qui oscillent nerveusement entre rire et drame : parents, amants, étrangers, maris et femmes, divorcés, veufs, tous se débattent avec leurs susceptibilités, leurs instincts, leurs idéaux. D’une étincelle se propage un feu, d’un malentendu éclate une guerre, malgré les efforts surhumains de chacun pour coexister avec l’autre sexe.

Extraits

LUI. Je crois qu’on ne se comprend absolument pas tous les deux. Je suis un garçon normal, moi. Je parle aux gens gentiment. Je ne traîne pas les filles sur mon parquet en les tirant par les cheveux après une bière échangée dans un bar. J’essaie un minimum d’être courtois, même si je sais que je ferai tout pour ne pas les recroiser par la suite. À présent, avec toi, je n’ai plus envie de faire l’effort. J’ai besoin de ma solitude. Dans la minute.

ELLE. Je ne partirai pas tant qu’on ne se sera pas expliquée.

LUI. Je te connais depuis une poignée d’heures, on ne va pas commencer à s’expliquer ! Nous ne sommes rien l’un pour l’autre. Tout au plus une erreur qui sera oubliée dès demain. Alors s’expliquer, non ! Ça ne m’intéresse pas. Tu ne m’intéresses pas, tu comprends?
ELLE. Baise-moi. Maintenant. La tension, tu la sens?
LUI. Oui je la sens. Ton sac, ton manteau, Paris t’attend.  » p 27

« ELLE. J’ai un autre amant.

LUI. Très bien. Ça me rassure pour toi. Je le connais?

ELLE. Non.

LUI. Je trouve ça bien mais ça me surprend de toi.
ELLE. Ah oui?

LUI. Je ne pensais pas que tu serais du genre à te faire sauter par deux types en même temps. Quel appétit !

ELLE. Je ne mange personne. On partage des moments.

LUI. Tu te rends compte que tu as trente-deux ans et que tu n’as rien construit? Que tu te satisfais de moments?

ELLE. Tu te rends compte que tu es à peine mariée depuis un an et que tu trompes ta femme toutes les semaines? » p39

« LUI. Je me suis plongé dans tes activités journalières, la description de tes petits bobos, de tes petites contrariétés, de tes petites réflexions à mon sujet, ou celui de mes amis…Une plume particulièrement imagée et vive quand il s’agit de mes défauts. Je me découvre radin. Bon. Je méditerai là-dessus. Promis. Mais je découvre aussi tes nouveaux amis. Des amis que tu n’as pas cru bon de me présenter. Des amis qui te semblent pourtant proches et que tu vois visiblement souvent. Il serait temps de nous faire un dîner avec ce Quentin qui est un ami régulier puisque tu l’as vu, si j’ai bien noté, le 4 avril à midi, le 7 avril à l’heure de la sieste, les 8 et 9 avril quand j’étais en déplacement à Honfleur, le 20 avril à midi… Tiens, entre le 9 et le 20, un grand saut dans le temps … Le week-end s’est-il mal passé? Ouvre la porte.  » p 76

Tailleur pour dames

Pour cacher un début de liaison avec une de ses clientes, le docteur Moulineaux se lance dans une cascade de mensonges, pirouettes et dissimulations face à sa femme, sa belle-mère, le mari de sa maîtresse, l’amante de celui-ci qui fut jadis la sienne. À force de rebondissement tout se termine à la satisfaction générale. Chacun retrouve sa chacune.

Suzanna Andler

Saint-Tropez l’hiver. Dans la mélancolie d’une villa inhabitée, Suzanna Andler hésite entre son mari et son amant. Transcendant les codes du théâtre de Boulevard, Marguerite Duras offre le portrait bouleversant d’une femme en quête d’une impossible émancipation. « C’est une femme cachée, cachée derrière sa classe, cachée derrière sa fortune, derrière tout le convenu des sentiments et des idées reçues… Elle ne pense rien, Suzanna Andler. Mais j’ai essayé de la lâcher, de lui redonner une liberté. » Marguerite Duras Avec quatre photographies en couleurs du film Suzanna Andler de Benoit Jacquot.

Amphitryon

Amphitryon, général des Thébains, a chargé son valet Sosie de prévenir sa femme Alcmène du succès qu’il vient de rencontrer au combat. Mais le dieu Mercure a écarté Sosie et s’est présenté à Alcmène sous ses traits. Le vrai Sosie doit avouer à son maître qu’il n’a pas accompli sa tâche et la stupéfaction d’Amphitryon s’accroît lorsqu’il découvre le peu de joie que sa femme manifeste à le revoir. Elle s’étonne, puisqu’elle a passé la nuit avec lui… Mais c’est Jupiter qui s’était introduit auprès d’elle sous l’apparence de son mari. Si Molière se réapproprie en 1668 cette fable mythologique venue de Plaute, avant que Giraudoux n’en fasse Amphitryon 38, c’est qu’elle porte en elle l’essence même du théâtre où l’apparence devient un moment le réel. Mais de ce sujet profond, Molière fait une comédie drôle car Amphitryon et Sosie sont pleinement joués par leur double et l’on comprend que le mari, bafoué par un Jupiter avatar de Don Juan, puisse s’affliger de son reflet… C’était d’ailleurs l’avis de Paul Léautaud : « Amphitryon, c’est l’apothéose du cocuage », « il y a dans les vers de Molière, dans cette oeuvre, avec une grâce et une sensualité infinies, une moquerie et une bouffonnerie irrésistibles ». Présentation et notes de Jean-Pierre Collinet.

Extraits

“AMPHITRYON. Voilà comme un valet montre pour nous du zèle. Passons. Sur les chemins que t’est-il arrivé?

SOSIE. D’avoir une frayeur mortelle, au moindre objet que j’ai trouvé.

AMPHITRYON. Poltron !

SOSIE. En nous formant Nature a ses caprices; divers penchants en nous elle fait observer : les uns à s’exposer trouvent mille délices; moi, j’en trouve à me conserver.

AMPHITRYON. Arrivant au logis … ?
SOSIE. J’ai devant notre porte, en moi-même voulu répéter un petit, sur quel ton et de quelle sorte, je ferais du combat le glorieux récit.

AMPHITRYON. Ensuite?

SOSIE. On m’est venu troubler et mettre en peine.

AMPHITRYON. Et qui?
SOSIE. Sosie, un moi, de vos ordres jaloux, que vous avez du port, envoyé vers Alcmène, et qui de nos secrets a connaissance pleine, comme le moi qui parle à vous.

AMPHITRYON. Quels contes !

SOSIE. Non, Monsieur, c’est la vérité pure. Ce moi plus tôt que moi s’est au logis trouvé; et j’étais venu, je vous jure, avant que je fusse arrivé.“

“ALCMÈNE. Ah ! trop cruel époux !

JUPITER. Dites, parlez, Alcmène.

ALCMÈNE. Faut il encor pour vous conserver des bontés, et vous voir m’outrager par tant d’indignités?

JUPITER. Quelque ressentiment qu’un outrage nous cause, tient-il contre un remords d’un coeur bien enflammé?

ALCMÈNE. Un coeur bien plein de flamme à mille morts s’expose, plutôt que de vouloir fâcher l’objet aimé.

JUPITER. Plus on aime quelqu’un, moins on trouve de peine.

ALCMÈNE. Non, ne m’en parlez point : vous méritez ma haine.

JUPITER. Vous me haïssez donc ?

ALCMÈNE. J’y fais tout mon effort; et j’ai dépit de voir que toute votre offense, ne puisse de mon coeur jusqu’à cette vengeance, faire encore aller le transport.

JUPITER. Mais pourquoi cette violence, puisque pour vous venger je vous offre ma mort ? Prononcez l’arrêt et j’obéis sur l’heure. “

Le système Ribadier

Eugène Ribadier a épousé Angèle dont le premier mari est mort prématurément. Le portrait de celui-ci trône cependant, omniprésent, dans le salon. Angèle a été une femme trompée. Elle suspecte son second mari d’être aussi volage que le premier, et le traque dans ses conseils d’administration ou dans les réunions de son club. Eugène est en effet un coureur de jupons qui, pour défier la méfiance de sa femme, a mis en place un système scientifique : l’hypnose. Ainsi, le soir, il endort son épouse, la laisse allongée dans le salon et court vers de nouvelles amours. Mais voilà que débarque un ami de la famille, Thommereux qui, après avoir été follement amoureux d’Angèle et éconduit par elle, s’est exilé à Batavia. Vont se succéder une série de quiproquos tous plus cocasses les uns que les autres : qui trompe qui ? Le mari, la femme ou l’amant ? Et à ce trio impétueux, s’ajoute aussi la cour des domestiques qui ne tardent pas à entrer dans la danse. C’est le triomphe de l’esprit français, de la légèreté, de l’humour et de l’imbroglio. Un remède hilarant contre la sinistrose ambiante.

Couple ouvert a deux battants

Il trompe sa femme, elle tente de se suicider. Sourd à son appel au secours, le mari vante les mérites de l’union libre. Le temps d’une soirée, elle expose son histoire au public.

Deux femmes pour un fantôme

Brigitte vient d’apprendre que son mari, Pierre, a une maîtresse. En proie à une douloureuse crise de jalousie, Brigitte convie Viviane à l’appartement familial. Tandis que les deux femmes s’affrontent en une vibrante joute verbale oscillant entre haine et complicité, Pierre est victime d’un accident de voiture et son fantôme surgit…

Un fil à la patte

Édition de Jean-Claude Yon

 

Prenez un jeune noceur qui doit quitter sa maîtresse pour faire un beau mariage, une «divette» de café-concert qui ne s’en laisse pas compter, un général sud-américain au tempérament volcanique et au français très approximatif, un clerc de notaire auteur de chansons ineptes. Prenez encore un monsieur à l’haleine douteuse, une jeune fille émancipée, une gouvernante anglaise. Placez ensuite tout ce joli monde dans le salon de la divette, dans une chambre à coucher, puis dans l’escalier d’un immeuble bourgeois, et vous obtiendrez l’un des vaudevilles les plus échevelés de Georges Feydeau. Efficacité garantie! Depuis 1894, Un fil à la patte a fait crouler de rire des générations de spectateurs et de lecteurs.

La Puce à l’oreille

Raymonde Chandebise soupçonne d’adultère son mari Victor-Emmanuel, directeur d’une compagnie d’assurances. Elle lui tend un piège en lui donnant rendez-vous anonymement dans un hôtel de petite vertu : Le Minet Galant à Montretout. Monsieur Chandebise répond à l’appel en y envoyant son fidèle ami Tournel, mais il ne sait pas que le garçon d’étage, Poche, est son sosie… L’hôtel devient alors le théâtre d’une farce gigantesque où la mécanique des quiproquos, des mensonges et des tromperies s’emballe sans que personne ne parvienne à l’arrêter…