Fake

Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais avec lequel elle communique sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. Elles se parlent, elles soliloquent, elles rêvent, elles se piègent dans leurs propres sentiments, leurs aspirations, leurs propres troubles. L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

à la carabine (suivi de Cheveux d’été)

Le point de départ de l’écriture, c’est l’histoire d’une enfant de onze ans qu’un tribunal français a reconnue consentante à son propre viol. Cette enfant devenue jeune femme, l’écriture l’invite à se faire justice elle-même. La pièce met en scène la jeune fille et son agresseur, un ami de son frère, dans une situation qui dérape, qui n’est pas préméditée, mais dont l’agresseur demeure responsable, pour ne pas dire coupable. Ce n’est pas une réparation. Ce n’est pas une résilience. Parce qu’il y a des points de non-retour, des intolérables. Parce qu’à la violence extrême ne répond pas l’espoir, ni la compassion, ni la compréhension. Parce que l’Histoire a canonisé Martin Luther King et diabolisé Malcom X, alors que l’un n’aurait pas pu se faire entendre sans l’autre. Parce qu’on exhorte les soumis·e·s à la non-violence, au silence, à l’humour, à la patience, afin d’éviter que les forces ne se renversent. Parce que les femmes qui usent de la violence deviennent aussitôt des monstres. Parce qu’à la violence répond la violence, implacable, furieuse. 

« ADN (acide désoxyribonucléique) »

ADN retrace l’histoire d’un groupe d’adolescents partis en forêt où ils torturent violemment un de leurs camarades et le laissent pour mort. Mais l’adolescent ressurgit comme une bête sauvage : il a survécu. Le groupe va alors devoir prendre une décision. Peut-on ôter une vie sans conséquence ? Une pièce d’une tension inouïe, sur la panique, la culpabilité et le non-retour.

Parlons d’autre chose

8f.–1h. ; durée : 1 h 10

Un garçon. Huit filles. Terminale L du lycée Saint-Sulpice.
Ils forment une communauté bien huilée, avec ses secrets, ses soirées codées, ses règles strictes…
Une communauté « repère » qui leur permet de s’extraire d’une société qui les asphyxie. Jusqu’au jour où, lors d’un de leurs rendez-vous clandestins, tout dérape. La violence jusqu’ici contenue se défoule jusqu’à l’insupportable. Début d’un naufrage pour cette jeunesse… ou possible résilience ?
Une polyphonie bouillonnante et actuelle qui questionne en profondeur les horizons possibles d’une génération nourrie à grandes cuillerées de crise.

Extraits

« SACHA. j’ai peur de mourir noyée,

ALICE. de mourir dans un incendie,

CHLOÉ. de voir mourir ma mère,

EMMA. j’ai peur des terroristes,

ABIGAIL. de Vigipirate,

SACHA. de jouir,

RAPHAËLLE. de l’échec,

CAMÉLIA. de baisser les bras,

CHLOÉ. de ne jamais être heureuse » p 31

RAPHAËLLE. Il te fait peur, Tu te sens menacée?

CHLOÉ. Oui. Non ! C’est horrible. Je veux dire… Je pense à lui quand je me couche. Quand je me lève. Quand je mange. Quand je bois. Quand je respire.

RAPHAËLLE. NON !!! Chloé !

CHLOÉ. J’ai honte. Tout en moi jette ce type, et tout en moi a envie de lui.

RAPHAËLLE. Tu fais pitié.
CHLOÉ. Tu crois qu’il faut que je consulte?

RAPHAËLLE. Un ophtalmo, oui.

CHLOÉ. Ses cheveux sales, son nez cassé, sa façon de remonter son fute, de se replacer négligemment les couilles quand il me regarde, ça me fait fondre.  » p 49

LOU. Ligotez-le sur cette chaise.

ALICE. Ça va trop loin…

CHLOÉ. Moi ça me dérange pas. Je suis la reine des noeuds.

SACHA. Je t’aide. Achille tu bouges pas.

LOU. C’est casse-gueule, hein? Parce que tu crois que c’est pas casse-gueule pour les Amazones d’avoir les deux jambes du même côté du cheval? On est obligées d’aller au pas avec une position pareille.

ABIGAIL. On va te mettre au pas nous aussi.
TOM. O.K., je vois que vous êtes toutes à fond, mais laissez mon paquet de mouchoirs à portée de main.

CAMÉLIA. Quel Achille de merde !

RAPHAËLLE. Il me manque un bout de corde pour attacher correctement les pieds.

LOU. Tiens prend celle-ci, mon grand-père s’est pendu avec.

ABIGAIL. Ça prouve que c’est une bonne corde.  » p78

Les Idiots

Ils sont quatre adolescents, entre 13 et 19 ans. De la vie, ils attendent tout, l’amour surtout. Ils ne trahiront pas leurs désirs, ils préféreront encore renoncer à eux-mêmes. Autour d’eux, les adultes en électrons perdus le père, la mère, une femme, un conducteur de train, un flic qui les croisent, les frôlent, sans les arrêter dans leur course. On dit, les idiots. Ces idiots ne sont pas idiots. Ils ont développé leur intelligence en dehors des règles. La véritable intelligence n’est pas de savoir ce que tout le monde sait. C’est d’inventer sa vie.

Martyr (suivi de Cible mouvante)

Benjamin ne veut plus suivre le cours de natation du lycée et se justifie auprès de sa mère en invoquant des raisons religieuses. Contraint et forcé, il se rend finalement au cours de natation et plonge tout habillé dans l’eau. Ne jurant plus que par les Saintes Ecritures, il se révolte contre les méthodes d’enseignement qu’il juge impies, en se déshabillant intégralement au cours d’éducation sexuelle ou encore, en présentant un exposé de la théorie de l’évolution darwinienne affublé d’un masque de singe. Ses provocations lui valent d’être envoyé à plusieurs reprises chez le directeur. Néanmoins ce dernier, tout comme le prêtre enseignant à l’école, se montrent compréhensifs, contrairement au professeur de biologie qui se retrouve seule face à lui et tente de l’affronter sur son propre terrain : celui de la lecture de la bible et de son interprétation des enseignements de Dieu.