Nous, les héros

Présentation

NOUS, LES HÉROS comédie dramatique de Jean-Luc LAGARCE, 5h. – 5f. – Durée 1h30 – Lorsqu’ils sortent de scène,dans la coulisse, les acteurs de la troup…

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Genres : Drame
Thèmes : avenir désirs fiançailles rêves théâtre troupe
Étiquettes :
Nb. de femmes

5
Nb. d'hommes

5
Nb d'interprètes

10
Durée

90 min.

Auteur/Autrice

Jean-Luc Lagarce

Grand spécialiste du non-dit, Jean-Luc Lagarce est devenu en peu d'années un véritable auteur classique.

En savoir plus

 Lorsqu’ils sortent de scène, dans la coulisse, les acteurs de la troupe commencent leur vie, recommencent leur vie, leur vraie vie. Ils sont à nouveau eux-mêmes, c’est ce qu’ils veulent croire. Comme chaque soir, toutes ces dernières années, cela ne s’est pas très bien passé. Ils sont fatigués, épuisés, déçus de la vie qu’ils mènent et peut-être devraient-ils renoncer ou partir vers de plus grandes villes pour tenter, à nouveau, sans les autres, une nouvelle aventure. Carrière solitaire. Mais nous fêtons un événement important, cette soirée est une soirée particulière. La fille aînée des patrons de la troupe se fiancera, dans les coulisses, avec le jeune premier de la fin de l’acte un. Elle l’épousera, ils seront chefs du théâtre, ils joueront le répertoire de la compagnie, contre tous les aléas de l’existence, les hôtels mal chauffés, le petit personnel agressif des salles des fêtes de province et l’indifférence narquoise du public et des enfants imbéciles. Demain, nous fuirons, mais ce soir encore, nous faisons semblant puisque nous ne savons rien faire d’autre. ÉDITION 2007 (Version sans le père)

Extraits

“LA MERE. Nous ne devons pas entendre ce que dit Madame Tschissik, cela est sans importance, cela doit être sans importance pour nous. (A Joséphine) Cela ne doit pas te daire de mal. Il est presque de tradition qu’un comique épouse une femme qui joue des rôles sérieux et un acteur dramatique une femme qui joue des rôles gais … Chacun s’appuie sur l’autre et pas contraste renforce l’impression qu’il souhaite donner.

MADEMOISELLE. On m’a raconté, je le tiens d’une source sûre, on m’a raconte qu’à Berlin Madame Tschissik a été acceptée dans une troupe par pitié. Elle y faisait un pauvre et minable numéro de duettiste sans talent et chantait affublée d’un costume et d’une coiffure surannés …

LA MERE. Ici, chez nous, sur la scène, nous avons besoin d’elle. Elle me remplace dans les rôles que je jouais il y a quelques années et dont je ne saurais me sortir aujourd’hui sans ridicule et elle occupe ton emploi en attendant que tu sois plus âgée et puisses lui reprendre. Tu auras sa place et elle retournera errer sur les routes. Elle est une actrice de transition, dis-toi cela, auprès de nous, auprès de toi, elle est juste de passage. “

“RABAN. Je voudrais te dire au revoir …

KARL. Tu pars ? Tu décides donc, juste à l’instant …

RABAN. Non, juste au revoir.
KARL. Tu pars, tu la quittes, tu ne te fiances plus?

RABAN. Non exactement l’inverse, bien au contraire. J’ai pesé le pour et le contre de mon existence, et c’est la dernière fois, ensuite je n’y reviendrai plus. Je me fiance, comme il était inévitable et prévisible, et pour cette unique raison, je te dis au revoir, comme on disparaît, comme on part en voyage ou comme on changerait de vie en abandonnant ses anciennes connaissances au profit de nouvelles. Nous ne nous reverrons plus jamais comme nous étions avant, auparavant. Je serai un homme marié et tu seras le frère de ma femme.

KARL. Est-ce que je devrais t’empêcher? Je ne sais pas. Mais aussi, la question que je me pose : qu’est-ce qui sera le pire ? Le pire ou le moins grave ?“

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