Les joyeuses commères de Windsor

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Genres : Comédie comédie de mœurs
Thèmes : amour argent bourgeoisie forêt manipulation séduction
Étiquettes :
Nb. de femmes

4
Nb. d'hommes

18
Nb d'interprètes

22

Auteur/Autrice

William Shakespeare

Un des plus grands auteurs de théâtre et poète de tous les temps, Shakespeare détient aussi le record de l'auteur le plus vendu de l'histoire.

En savoir plus

Traduction de Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Richard, préface de Gisèle Vienne – Cette farce exauce le voeu d’une reine. Ayant découvert Falstaff dans les deux parties d’Henry IV, avant que Shakespeare le fasse mourir dans Henry V, Elisabeth Ier voulait revoir sur scène le plantureux chevalier, amoureux cette fois. Et à Windsor, ce n’est pas la Cour que fréquente l’ancien compagnon de débauche du prince héritier, mais la petite société comique d’une ville de province, avec des étrangers – un pasteur gallois, un médecin français – qui massacrent l’anglais, et des bourgeois locaux, tels ces Lepage et Duflot dont Falstaff, nobliau sans le sou, guigne les femmes et la fortune. Courtisées en même temps, les deux joyeuses épouses mènent ensemble l’intrigue, de piège en piège, jusqu’à confondre, par une nuit de sabbat, au fond du parc royal, le vieux « cerf » en rut qui les poursuit, alors qu’une jeune « biche », la fille des Lepage, en profite pour s’enfuir avec son amoureux…

Extraits

“ MADAME DUFLOT. Assez lanterné : tenez, lisez, lisez; notez comment je pourrais accéder à la chevalerie. Je penserai pis que pendre des gros, tant que j’aurai un oeil pour voir la différence physique entre les hommes : lui qui s’interdisait les jurons, louait la pudeur des femmes et réprouvait dûment et noblement toute inconvenance, j’aurais juré sa nature assortie en vérité à ses paroles; mais loin qu’elles s’accordent et coïncident, c’est comme si on chantait les cantiques sur l’air grivois de Greesnleeves. Quelle tempête, je me demande, a fait échouer cette baleine, avec tous ses tonneaux d’huile dans le ventre, à Windsor? Comment me venger de lui ? Le meilleur moyen, je crois, serait de le bercer d’espérances jusqu’à ce que le feu mauvais de la concupiscence l’ait fait fondre dans sa graisse. Avez-vous jamais entendu rien de tel?

MADAME LEPAGE. Lettre pour lettre, sauf qu’à la place de Dufflot il y avait Lepage ! Pour pleinement te consoler de découvrir ainsi le mépris où il nous tient, voici la soeur jumelle de ta lettre, mais que la tienne soit la première à jouir du titre, car la mienne, je l’affirme, n’en héritera jamais. J’en suis certaine, il a mille de ces lettres, écrites avec un blanc à la place du nom, et les nôtres proviennent déjà d’une seconde édition : il les imprime, sans aucun doute; car peu lui importe ce qu’il me sous presse, quand il voudrait nous y mettre toutes les deux.

MADAME DUFLOT. Quoi ! C’est absolument la même : la même écrtiure, les mêmes mots. Pour qui nous prend-il?

MADAME LEPAGE. Vengeons-nous de lui : donnons-lui rendez-vous; faisons mine de l’encourager dans ses poursuites et poussons-le, à force d’atermoiements et d’appâts alléchants, à mettre ses chevaux en gage pour régler l’aubergiste de la Jarretière. “ p 63

“FALSTAFF. Quand les dieux ont le feu au derrière, que feront les pauvres hommes? Moi, me voici l’un des cerfs de Windsor, et le plus gras, je pense, de cette forêt. Rafraîchis pour moi ma saison du rut, Jupiter, sinon qui pourra me reprocher de pisser partout ma graisse? Qui vient là ? Ma Biche ?

MADAME DUFLOT. Sir John, es-tu là, mon cher, mon cerf?

FALSTAFF. Ma biche à la touffe noire? Que le ciel me lâche une pluie de patates douces, un tonnerre de chansons d’amour sur l’air de Greenleeves, une grêle de bonbon parfumés, et qu’il neige des racines aphrodisiaques ! Levez-vous, orages de la tentation, je veux me réfugier là.

MADAME DUFLOT. Madame Lepage est venue avec moi, cher cerf de mon coeur.

FALSTAFF. Partagez-moi comme un cerf braconné, un cuissot pour chacune. Je garderai mes flancs pour moi, mes épaules pour le garde-chasse du secteur; quant à mes cornes, je les lègue à vos maris. Est-ce que je suis un vrai coureur des bois, hein ? Est-ce que je parle comme Herne le Chasseur? Ah, le petit Cupidon à présent tient parole : il me rend tout. Aussi vrai que je suis un fantôme, bienvenue ! “ p 178

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