Le Misanthrope

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Genres : Comédie
Thèmes : amour coquette haine hypocrisie sincérité tolérance veuve
Étiquettes :
Nb. de femmes

3
Nb. d'hommes

8
Nb d'interprètes

11

Auteur/Autrice

Molière

Auteur, metteur en scène et acteur français dont l'influence sur la dramaturgie contemporaine et postérieure est sans commune mesure avec celle de n'importe quel autre auteur, au point que son oeuvre est aujourd'hui encore la plus représentée.

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Alceste hait l’humanité tout entière, en dénonçant l’hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais il aime Célimène, jeune veuve coquette et médisante. Il est aimé d’Arsinoé, la prude, et d’Éliante, la sincère. Au moment où il quitte la scène, Alceste quitte également le monde auquel il s’est heurté, et le vrai sujet de la comédie est bien la confrontation du misanthrope et de ce milieu mondain qu’il récuse : par philosophie, certainement, mais également par cet esprit chagrin d’atrabilaire qui en fait l’ennemi de toute sociabilité, comme le montre la manière incongrue et bourrue dont il témoigne à Célimène un amour qui prend à rebours les règles de la galanterie. Cet extravagant est donc certainement ridicule. Mais comment lui reprocher, néanmoins, l’intransigeante pratique des vertus de sincérité, de justice et de droiture ? Parce que Alceste dénonce le monde, c’est bien lui qui permet à Molière, en 1666, de nous en donner une image véritable – jusque dans ses contradictions.

Extraits

“PHILINTE. Vous voulez un grand mal à la nature humaine !

ALCESTE. Oui, j’ai conçu pour elle une effroyable haine.

PHILINTHE. Tous les pauvres mortels, sans nulle exception, seront enveloppés dans cette aversion? Encore en est-il bien, dans le siècle où nous sommes …

ALCESTE. Non : elle est générale, et je hais tous les hommes : les uns, parce qu’ils sont méchants et malfaisants, et les autres, pour être aux méchants complaisants, et n’avoir pas pour eux ces haines vigoureuses, que doit donner le vice aux âmes vertueuses. « 

“ CÉLIMÈNE. C’est pour me quereller donc, à ce que je vois, que vous avez voulu me ramener chez moi?

ALCESTE. Je ne querelle point; mais votre humeur, Madame, ouvre au premier venu trop d’accès dans votre âme : vous avez trop d’amants qu’on voit vous obséder, et mon coeur de cela ne peut s’accommoder.

CÉLIMÈNE. Des amants que je fais me rendez-vous coupable? Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable? Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts, dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors?

ALCESTE. Non, ce n’est pas, Madame, un bâton qu’il faut prendre, mais un coeur à leurs voeux moins faciles et moins tendre. “

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