Baal

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Genres : Drame
Étiquettes :
Nb. de femmes

4 -
Nb. d'hommes

16 -
Nb d'interprètes

7 - 16

Auteur/Autrice

Bertolt Brecht

Un auteur majeur du théâtre allemand du XXe siècle, inventeur du concept de distanciation.

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«Baal» est l’œuvre de Brecht de jeunesse, pourtant sans cesse remaniée. Choisi dans sa version originelle de 1919 et traduit par Éloi Recoing, ce texte éclaire, avec lyrisme et fracas, la question d’une jeunesse traumatisée par la guerre, rebelle et déterminée. Elle raconte la vie dénuée de sens d’un jeune poète maudit, Baal, brûlant la vie par tous les bouts et la noyant dans le schnaps ; cherchant à combler un vide existentiel, il se nourrit de sexe et de poésie. La pièce le dépeint comme un personnage bestial, taciturne et provocateur.

Extraits

« BAAL, seul. Mais c’est ridicule ! Honte à vous ! Je n’y peux rien si le vin que tu me sers rend soûl ! Dois-je me farcir vos déguelades aussi pour me remplir la panse? J’en ai que foutre de vous !

UN JEUNE HOMME. Permettez-moi de vous exprimer mes regrets. Ces gens se sont conduits comme des porcs. Pardonnez-moi, pourrais-je vous rendre visite?

BAAL. Laissez-moi tranquille.

LE MAJORDOME. Puis-je apporter son vestiaire à Monsieur? Il reçoit un coup de pied. Aïe! Malotru! Il faut partir vous entendez! N’avez-vous pas d’oreilles? Etes-vous soûl? Comment osez-vous? Génie d’ivrogne! Il se retire sous les coups de Baal qui lui bourre le ventre. Les domestiques reculent également. Une chasse commence.

BAAL. Hop-là! Mes cochons! Mes jolis mignons ! Mes castrats chéris! Allez! Hop! Détalez! Il les chasse. » p 17

« BAAL. J’ai l’insouciance d’un enfant. C’est l’insouciance du ciel, tout là-haut, et le soir, les arbres en ont la nostalgie. Et il y a en moi une agréable douceur, comme ces pommes acides tombées depuis longtemps et qui sont douces; quelque chose gonfle mon corps agréablement, plénitude et légèreté. Et pourtant je repose, aussi bercé par tes genoux blancs, comme porté par les vents dans la douceur de l’air » p45

« EKART. Pourquoi cours-tu comme un idiot?

BAAL. Mon âme est le gémissement des champs de blé quand ils ploient sous le vent. Et le scintillement des pupilles chez deux insectes qui veulent s’entre-bouffer. Je suis saisi d’effroi à la vue d’un arbre qui, dans une cour étroite, a travaillé dans la douleur, cinq obscures années durant, pour gagner une maigre clarté.

EKART. Si seulement j’avais quelque chose dans l’estomac! Espèce d’illuminé!

BAAL. Qu’est-ce que je suis?

EKART. Un forcené de mai aux boyaux immortels. Une masse qui un jour laissera des tâches de graisse sur le ciel. » p 65

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