Débris (suivi d’Après la fin)

Présentation

Face à face tout en tension dramatique.Après la fin est une pièce à la fois fine et haletante qui nous plonge au coeur d’une relation de domination subtile. Du grand art ! 

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Genres : Drame
Thèmes : femme forte post-apocalyptique violence
Étiquettes :
Nb. de femmes

1
Nb. d'hommes

1
Nb d'interprètes

2

Auteur/Autrice

Dennis Kelly

Dennis Kelly est un acteur, scénariste et dramaturge britannique. Il est l'héritier du théâtre "in yer face" (Sarah Kane, Martin Crimp, Mark Ravenhill...), courant du théâtre anglais des années 90 dans le sillage d'Antonin Artaud. Ses pièces sont jouées et traduites dans le monde entier.

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Dans Débris, le jour de son seizième anniversaire, en rentrant de l’école, Michael découvre son père crucifié dans le salon. Il s’enfuit, court, espionne « la vie des autres gens », et s’enfuit de nouveau, court et se réfugie dans un tas d’ordures où il découvre un petit bébé mourant, abandonné là. Il le récupère, le sauve, le bébé se nourrit de son sang et survit. De cette rencontre nait en Michael l’espoir d’une autre vie, ou du moins un objectif à sa vie. C’est aussi l’histoire de sa soeur, racontant sa mère, morte à sa naissance en s’étouffant avec un os de poulet…Ces deux gamins se racontent. Et ils espèrent. Le jour où Oncle Henri les enlève à leur père alcoolique pour leur offrir une nouvelle vie en les plaçant dans un foyer.

Dans Après la fin, Louise se réveille dans un abri souterrain suite à une explosion nucléaire. Mark prétend l’avoir sauvée à la sortie du pub et la maintient sous haute protection. Imposant à Louise « un jeu de rôles » brouillant les frontières entre le réel et la fiction, Mark s’avère un hôte confondant et colérique. Parfois les rapports de domination s’inversent. Qui persécute qui ? Jusqu’où iront ces deux survivants murés dans leur abri antiatomique ?
Créant du jeu au sein de ses récits, Dennis Kelly nous livre des dissections dramatiques sur du vivant. Avec une délectation suffocante.

EXTRAITS Débris

 » MICHELLE. Ma mère est morte de joie. Le jour de ma naissance, je me tiens là, suspendue dans le fluide maternel, dans sa gelée, le pouce dans la bouche, et mon père et ma mère ressentent alors un élan de joie si profond les emporter, dégouliner sur leur peau qu’ils savent d’instinct que s’ils ne trouvent pas le moyen d’exprimer ce feu, ce sera la fin pour nous trois et nos corps se désagrégeront face à l’extrême puissance de cette énergie. Alors mon père cuisine un poulet.  » p 20

« MICHAEL. Longtemps j’avais cru qu’on trouvait les enfants dans les groseilliers. Puis j’avais entendu que des cigognes les apportaient langés de blanc et les laissaient délicatement tomber dans les cheminées. J’avais même cru un moment qu’on venait au monde par le miracle de la conception, la gestation et l’accouchement. Je savais désormais que ce n’était pas le cas. Comme les champignons, les enfants poussent sur les déchets. Ils se construisent peu à peu à partir de feuilles pourries, de canettes de Coca, de seringues usagées, d’emballages de Monster Munch. Ils attendent ensuite que leurs parents les trouvent. Je sais que c’est vrai. C’est là que je l’ai trouvé.  » p 33

« MICHAEL. Bien mes petits chéris…

MICHELLE. Dit Onclenri.

MICHAEL. … vous vous êtes très bien tenus. Vraiment très bien ! Onclenri est content, et vous vous allez vivre dans une grande maison.

MICHELLE. Hourra !

MICHAEL. Mais d’abord …

MICHELLE. dit Onclenri

MICHAEL. … pour vous montrer combien je suis content…

MICHELLE. Et il s’est rapproché de nous …

MICHAEL. … on va jouer à un petit jeu …

MICHELLE. … une drôle d’expression sur le visage.

MICHAEL. … un petit jeu très …

MICHELLE. Nous on aime bien les jeux.

MICHAEL. …affectueux.

MICHAEL. Autant vous y habituer dès maintenant … » p 45

Extraits Après la fin

 » LOUISE. Tu avais raison. Tout ça, je veux dire. L’abri et –

MARK. Louise –

LOUISE. Non mais c’est vrai, non? On s’est tous foutus de toi, on s’est marrés quand tu as acheté un appartement avec un abri dans le jardin

MARK. Bon sang, c’est pas important, maintenant, et c’est pas pour – je te répète que c’est pas pour ça – que j’ai acheté l’appartement.

LOUISE. Je sais

MARK. Je l’ai acheté parce qu’il me plaît et qu’il est pas trop mal situé par rapport aux transports, et il se trouve qu’il y avait un vieil abri sur l’arrière.

LOUISE. Ouais, mais tu l’as gardé?

MARK. Je l’ai gardé, oui, plutôt que de le démolir

LOUISE. Et tu l’as approvisionné, Au cas où –

MARK. Je l’ai approvisionné parce que le monde est devenu dingue, putain !  » p 73

 » MARK. Tu étais fausse.

LOUISE. Fausse?

MARK. En même temps tu étais bourrée, alors j’ai

LOUISE. Fausse? Putain, t’es qui pour décider si je suis fausse?

MARK. Tu n’étais pas toi.

LOUISE. Tu décides pas qui je suis, je décide

MARK. On avait parlé, au tout début, on avait parlé de tellement de

LOUISE. Et j’appréciais, vraiment, je veux dire on a eu de bonnes

MARK. choses importantes, comme

LOUISE. Et j’aime ça, vraiment, mais qui tu es pour décider qui je suis, putain

MARK. le clonage, le réchauffement, et là tu parlais de ces trucs sans aucun intérêt

LOUISE. Je me comportais normalement, je parlais avec des gens –

MARK. Tu te valorisais.
LOUISE. Quoi ?

MARK. Tu te valorisais.
LOUISE. Oh, bon sang de bordel !  » p 87

« LOUISE. Il y a quoi là-haut?

MARK. Quoi?

LOUISE. Réponds !

MARK. Des retombées, des décombres –

LOUISE. Et les garçons?

MARK. Quels garçons?

LOUISE. Les garçons que j’ai entendus, qu’est-ce que –

MARK. Un rêve –

LOUISE. Je vais te couper la bite.
MARK. S’il te plaît, non.

LOUISE. J’vais te la couper et regarder.

MARK. S’il te plaît, s’il te plaît ne –

LOUISE. Dis-moi !

MARK. Je t’ai dit !

LOUISE. C’est la vérité?

MARK. C’est la vérité, c’est vrai, c’est –

LOUISE. Arrête de pleurer. Arrête de pleurer, putain. Mets la chaîne. Mets la chaîne.

MARK. Non.

LOUISE. Mets –

MARK. D’accord, écoute, Louise s’il te plaît, me force pas à mettre la chaîne.  » p 114

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