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Dix essais de confinement

Le Théâtre et la peur de Thomas Ostermeier

Depuis les années 1990, Thomas Ostermeier est considéré comme l’un des metteurs en scène allemands les plus marquants. Comédien aux Beaux-arts de Berlin, son travail de fin d’étude sur Artaud et le personnage de Faust a eu un grand retentissement parmi la critique théâtrale.

S’imposant dans son pays avec ses mises en scène d’auteurs contemporains, il acquiert un rayonnement européen qui l’amènera à monter le Woyzeck de Büchner dans la cour d’honneur du palais de papes, pendant le festival d’Avignon de 2004. Il reviendra à Avignon de nombreuses fois. Son Richard III y sera particulièrement remarqué en 2015.

Ses créations sont présentées à travers toute l’Europe, de la Schaubühne de Berlin à la Comédie-Française en parssant par le théâtre de Vidy-Lausanne ou le théâtre des Gémaux de Sceaux.

Dans le Théâtre et la peur, Thomas Ostermeier invite à repenser les liens du théâtre et du réel. « le théâtre doit se libérer du désir d’être toujours du bon côté, y écrit-il, et doit faire face à la réalité. »

 Le cahier central de l’ouvrage donne un aperçu saisissant de ses principe. À travers des clichés de différentes mises en scène, on entraperçoit un théâtre intense et cru. 

De longs passages sont consacrés à Shakespeare, à sa vision de l’homme prit dans les tempêtes. Tout y revient toujours, quelles que soient les époques. Dans ce chaos prendre, le théâtre doit prendre sa part.

La leçon d’Ostermeier est bien celle-ci : si vivre ensemble est une affaire douloureuse et angoissante, il faut que le théâtre apprenne à devenir une arme de pacification. Il ne le pourra que par l’engagement et la lucidité. 

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