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Dix essais de confinement

La Mort de la tragédie de George Steiner

Disparu au début de l’année 2020, George Steiner a laissé une empreinte indélébile dans le paysage intellectuel mondial. A l’instar d’un Umberto Eco, ce critique polyglotte impressionnait par son érudition démesurée et la finesse de ses analyses.

La question du langage et de la transmission était au cœur de sa réflexion. Docteur honoris causa d’une douzaine d’université à travers le monde, il a toujours veillé à faire preuve de la pédagogie la plus exemplaire. On citera, à titre d’exemple, son ouvrage sur la philosophie ardue de l’allemand Heidegger, véritable chef d’œuvre de clarté.

Bien des aspects de la culture occidentale ont passionné George Steiner. Le théâtre n’a pas échappé à son regard.

Le titre de l’ouvrage fait bien évidemment référence à celui de Friedrich Nietzsche qui, dans ses jeunes années, avait écrit la Naissance de tragédie. Il y soutenait que la tragédie grecque était née de la confrontation de l’apollinien et du dionysiaque, c’est à dire de l’ordre et de la pulsion.

Dans la Mort de la tragédie, George Steiner part lui aussi du théâtre antique. Il met en lumière les ressorts rituels et suit leurs cheminements à travers les époques. Du théâtre élisabéthain au romantisme en passant par l’ère classique, toutes leurs évolutions sont minutieusement observées.

Les passages de la tragédie sacrée au drame bourgeois, de l’épique à l’intime font l’objet d’analyses aussi limpides que passionnantes. Sous la plume de Steiner, l’histoire de la pensée et celle du théâtre se confondent. Sans doute l’un des essais les plus stimulants qu’il nous ait été donné de lire.

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