Faire l’amour

Deux jeunes femmes de 25 ans : Jade, qui n’a pas sa langue dans sa poche et passe une bonne partie de son temps à promener sa chienne ; et Tania, un peu paumée et très silencieuse. C’est l’histoire de leur rencontre, anonyme d’abord, amoureuse ensuite. Il leur faudra dépasser bien des obstacles : le mutisme de Jade et surtout les masculinistes de tous poils qu’elles doivent se colleter. Elles croiseront heureusement des bienveillantes qui, sans s’en mêler, favoriseront l’éclosion fragile d’un amour tout simple. Cette partition pour deux actrices entourées de voix est une véritable plongée sensuelle dans les profondeurs de l’âme : attention aux paliers de décompression ! Adrien Cornaggia invente ici un texte dramatique façonné de dialogues, de soliloques et de flash-backs, pour un entrelacs très doux, parfaitement maîtrisé.

Soeurs (Marina & Audrey)

C’est l’heure de la vengeance du règlement de comptes c’est l’heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d’avoir été la plus aimée c’est ça ? Et toi celle qui soi-disant n’a pas été désirée? C’est ça ? Une mère qui meurt… Une de ses filles est là, mais l’autre n’a pas été prévenue à temps. Erreur ? Faux pas ? Négligence ou acte manqué ? Fatalement arrive le temps de la confrontation. La famille, la proximité de la mort, les amours non réalisées…L’oeuvre de Pascal Rambert tire ses racines de ces ingrédients là. De cette matière fictionnelle qu’il creuse inlassablement, il extirpe de véritables pépites. Ici, tout repose sur la puissance de l’échange. Face à face, deux blocs d’énergie pure, des rapports de force organiques. Création du 6 au 8 novembre 2018 à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, dans une mise en scène de l’auteur.

Fake

Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais avec lequel elle communique sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. Elles se parlent, elles soliloquent, elles rêvent, elles se piègent dans leurs propres sentiments, leurs aspirations, leurs propres troubles. L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

Cheveux d’été (précédé de A la carabine)

Une femme est assise sur le ventre d’un homme, les mains autour de son cou. Elle serre.

à la carabine (suivi de Cheveux d’été)

Le point de départ de l’écriture, c’est l’histoire d’une enfant de onze ans qu’un tribunal français a reconnue consentante à son propre viol. Cette enfant devenue jeune femme, l’écriture l’invite à se faire justice elle-même. La pièce met en scène la jeune fille et son agresseur, un ami de son frère, dans une situation qui dérape, qui n’est pas préméditée, mais dont l’agresseur demeure responsable, pour ne pas dire coupable. Ce n’est pas une réparation. Ce n’est pas une résilience. Parce qu’il y a des points de non-retour, des intolérables. Parce qu’à la violence extrême ne répond pas l’espoir, ni la compassion, ni la compréhension. Parce que l’Histoire a canonisé Martin Luther King et diabolisé Malcom X, alors que l’un n’aurait pas pu se faire entendre sans l’autre. Parce qu’on exhorte les soumis·e·s à la non-violence, au silence, à l’humour, à la patience, afin d’éviter que les forces ne se renversent. Parce que les femmes qui usent de la violence deviennent aussitôt des monstres. Parce qu’à la violence répond la violence, implacable, furieuse. 

Clôture de l’amour

Un couple clôture son amour en deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps.
Clôture de l’amour, écrit pour les acteurs Audrey Bonnet et Stanislas Nordey, a été créé lors du Festival d’Avignon 2011 dans une mise en scène de l’auteur et a reçu un accueil enthousiaste auprès du public et de la critique. La pièce obtient, en 2012, le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française du Syndicat de la critique et le Grand Prix de Littérature dramatique du Centre national du Théâtre. En 2013, le Prix de l’Auteur sera décerné à Pascal Rambert et celui de la Comédienne à Audrey Bonnet lors du premier Palmarès du théâtre.

 

Extraits

« STAN. oui je dis mon amour, et alors? je t’ai aimée, je t’ai aimée, oui je dis mon amour, je sais que mon amour déjà ça raidit tout le monde, en général, si on nous écoutait, si il y avait des gens qui écoutaient ici ils seraient raidis, ils diraient voilà il recommence, il ne peut pas dire une phrase sans dire mon amour, ils seraient raidis Audrey, je disais l’amour de ma vie et je te regardais, je te regarde et je pense je ne te reconnais plus, ton corps je le connais, les attaches les os tout ça je connais, mais dessous il y a quoi, dessous l’enveloppe il y a quoi? » p33

« STAN. notre vie avant toutes ces vies toutes ces vies je ne vais pas les vivre avec toi Audrey, pas avec toi, j’ai fini, j’ai bientôt fini, je ne t’aime plus voilà tout, tout ce que je t’ai dit là je ne l’ai pas dit contre toi, je te l’ai dit il a fallu que je te le dise pour en arriver à cela, je vais partir Audrey, je te quitte, je pars, toute cette vie que nous devions vivre ensemble je vais la vivre ailleurs » p 63

« AUDREY. tu crois que l’amour c’est un stage d’informatique? qu’on reparamètre? qu’on fait des sauvegardes et qu’on vide la corbeille? comments les mots arrivent-ils à devenir soudain si froids? oui tu avais raison nous sommes des appareils jettables, à programmation courte, pas de chaleur dans tout ça, on prend on jette, tu m’as prise, tu me jettes » p 85

Les Idiots

Ils sont quatre adolescents, entre 13 et 19 ans. De la vie, ils attendent tout, l’amour surtout. Ils ne trahiront pas leurs désirs, ils préféreront encore renoncer à eux-mêmes. Autour d’eux, les adultes en électrons perdus le père, la mère, une femme, un conducteur de train, un flic qui les croisent, les frôlent, sans les arrêter dans leur course. On dit, les idiots. Ces idiots ne sont pas idiots. Ils ont développé leur intelligence en dehors des règles. La véritable intelligence n’est pas de savoir ce que tout le monde sait. C’est d’inventer sa vie.

Comment vous racontez la partie

Pièce de théâtre qui met en scène une auteure, Nathalie Oppenheim, venue faire la présentation de son nouveau roman, Le pays des lassitudes, à Vilan-en-Volène. Alors qu’une journaliste tente de l’atteindre par des questions personnelles, Nathalie n’a de cesse de vouloir se dérober.

Les larmes d’oedipe

Les Larmes d’Œdipe est la dernière pièce du cycle que consacre Wajdi Mouawad aux sept tragédies intégralement conservées de Sophocle. C’est Athènes qui sera le théâtre des Larmes d’Œdipe ; un théâtre justement, antique, tient lieu de décor à la pièce. La jeune Antigone y accompagne Œdipe. La tragique histoire du roi déchu va bientôt prendre fin dans ce lieu, mais un Coryphée, venu se réfugier dans l’arène, apporte des nouvelles de la ville en colère. Athènes moderne pleure l’assassinat par la police d’un jeune garçon, Andréas Gregoropoulos. À ces larmes se joignent celles d’Œdipe, puissant écho de deux générations brisées. Et l’oracle ici n’a proféré aucune possibilité d’espoir.

Suzy storck

Suzy Storck mène une vie ordinaire dans une petite maison avec mari et enfants. Elle ne travaille plus pour s’occuper du dernier, suspend le linge, veille au bon fonctionnement des journées. Mais un soir d’été, quelque chose dérape. Suzy, sous le poids de la chaleur, sous le poids des gestes répétés, sombre. Un moment d’inattention qui la conduit à visiter son passé, à prendre conscience de ses renoncements, à formuler son incapacité à vivre selon ses vrais désirs. Et elle cède à ce que cela implique. Par une chronologie bouleversée, Suzy Storck reconstitue le drame d’une femme niée en tant que personne dont la seule issue s’avère tragiquement inhumaine.