Le Chien du roi aux cheveux rouges

Olaf règne en tyran sur sa petite ville. Mais lorsqu’il choisit de faire peindre son portrait, rien à faire, c’est affreux. Ça saute aux yeux : Olaf n’a pas d’humanité. Clara, la fille du peintre, trouve la solution, elle va placer, au premier plan, l’être le plus humain que comporte la cour grotesque d’Olaf, son chien. Bientôt, on veut se débarrasser de la bête : elle a des gaz et elle pue. Mais trois sorcières prédisent à Olaf son ascension, il deviendra roi, mais à une seule condition : qu’il garde toujours auprès de lui ce chien ; le chien du roi, le chien du roi aux cheveux rouges…

Pièce folle pour 99 personnages et pour un nombre libre d’interprètes libres, Le Chien du roi aux cheveux rouges raconte la grandeur et la décadence d’une haute figure du pouvoir et des courtisans.

Pierre Notte nous offre un hommage explosé à tous les genres de théâtre, à ses figures de pouvoir, Macbeth et Ubu, Richard III ou le Roi nu, avec son écriture incisive, mordante, drôle et sauvage, triviale ou poétique, qui fait peur et fait rire l’enfant comme l’adulte en chacun de nous.

L’Ombre de Venceslao

Dans la tradition du théâtre campagnard argentin, cette pièce inédite, baroque et nostalgique se nourrit du grand mythe de la Pampa : le  » gaucho « , épris de justice et de liberté, errant (comme tous les personnages de Copi). Heureusement il y a l’humour qui semble décidément ne pouvoir s’accomplir que dans le malheur et le vertige de la décadence.

Comédies tragiques

C’est le combat perpétuel de l’individu face à l’absurdité du système qui le domine. Se battre pour avoir du travail. Pour préserver sa dignité. Pour rétablir une justice sociale. Pour défendre ses convictions. Tour à tour, sur la scène du Grand Théâtre, sur le plateau d’un jeu télévisé, dans une agence de Pôle emploi, dans un bureau de poste ou dans une cour de récré, les personnages de Catherine Anne façonnent une humanité généreuse et poignante. – modulable, 5 personnages minimum –

La carte du temps

LA CARTE DU TEMPS de Naomi WALLACE, traduit de l’anglais par Dominique Hollier, 1f. – 2h. pour les Visions 1 et 2 – 1h. pour la Vision 3 – Dans trois pièces indépendantes, mais liées par la thématique, l’Américaine Naomi Wallace livre trois visions du Moyen-Orient. Son propos politique fort s’appuie sur une puissance poétique certaine. Elle creuse l’intime et le réel, et questionne le surnaturel pour renvoyer l’humain à ses contradictions. Yuval, ancien soldat israélien, gardien du fantomatique zoo de Rafah, s’étonne de voir les animaux perdre puis retrouver des morceaux de leurs corps. Quand il rencontre une mère palestinienne, il ne se doute pas qu’il est lui-même déjà mort, comme dans un état d’innocence.  Dans une clinique de Tel-Aviv, un vieux Palestinien rencontre une jeune infirmière israélienne qui ne vit que grâce à une double transplantation pulmonaire, dont le donneur est le fils du vieil homme. Une histoire fragile, entre ce souffle et toi.  Un jeune étudiant irakien parle de la colombophilie, de sa passion des livres et de l’amour, mais son récit poétique bifurque sur la vie dans un pays soumis à l’embargo et à la guerre : un monde qui s’efface.

Le Moche (suivi de Le Chien, la nuit et le couteau)

Monsieur Lette, ingénieur doué, fait une découverte fatale, sa laideur. Pourquoi personne ne lui en a-t-il jamais parlé? Et pourquoi son chef lui jette-t-il la pierre juste avant le voyage au congrès où il doit présenter sa dernière invention ?

Les Chaises

La troisième pièce d’Ionesco, créée en 1952, reprise en 1956, connaît maintenant un succès qui ne se dément pas. Le sujet des Chaises est, nous dit l’auteur, «le vide ontologique» ; mais c’est aussi un drame personnel, le miroir d’une conscience. On y retrouve la nostalgie de l’enfance, le sentiment de culpabilité, l’horreur de la vieillesse et de la mort. C’est encore une comédie qui, bien souvent, excite le rire par ses clowneries, ses calembours, ses parodies, ses pirouettes. C’est un ballet : celui des chaises amoncelées dans le mouvement accéléré d’un tourbillon fantastique, et qui demeurent vides. Les vieux font semblant de recevoir une foule d’invités, jusqu’à ce qu’un seul personnage apparaisse enfin sur la scène : hallucination ? vérité du théâtre ? L’Orateur tant attendu est sourd et muet, et la scène demeure vide, encombrée de chaises.
Personnage : le vieux, la vieille, l’orateur « et beaucoup d’autres personnages ».

Le roi se meurt

Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c’est un classique. Il montre l’homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l’angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire – une existence qui a oublié ses limites – reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l’Europe de l’après-guerre. Le Roi se meurt n’est pourtant pas une pièce triste. D’abord, parce que l’humour n’y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C’est également cela, une grande oeuvre classique : une leçon de dignité devant le destin.

Opéra panique

Le retour au théâtre d’Alejandro Jodorowsky, fondateur et animateur avec Fernando Arrabal et Roland Topor de cet extraordinaire phénomène artistique littéraire et théâtral que fut le Panique. Dans l’Opéra panique, les questions existentielles engendrées par l’Absurde émergent impétueusement sans avoir rien perdu de leur force.

Théâtre sans fin

Pour la première fois, voici réuni ici son théâtre complet : 7 pièces dont École de ventriloques, qui commence le recueil et a été un des succès du Festival off d’Avignon en 2014. Suivie de : Trois vieilles, Un rêve sans fin, Le Gorille, Hypermarché, Zarathustra. Jodorowsky, qui a fondé avec Arrabal la notion de « théâtre panique », a toujours trouvé vital de parvenir à un théâtre non exhibitionniste et narcissique mais apte à créer un affrontement avec soi-même. Il dit en conclusion de son introduction : « Au moment d’écrire je me suis toujours posé la question suivante : « Qu’ai-je à dire, comme dernières paroles ? » Les réponses qui me sont venues ont toutes à voir avec cet éternel recommencement. Le théâtre authentique aborde en effet nos grandes interrogations et les conduit vers une catharsis positive. » Ce théâtre veut résoudre le dilemme originel de l’être humain, son incertitude, sa faiblesse et ses terreurs fondamentales afin que, portés à la conscience, ils deviennent certitude, assurance, force et compassion.

Rhinocéros

Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu’en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes.