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50 romans avant la fin du monde

Qu’il soit de voyage, de science-fiction, ou d’observation, un roman, lorsqu’il est réussi, nous emmène ailleurs. À travers d’autres époques, d’autres mondes, ou d’autres subjectivités, nous nous délassons un instant de notre quotidien, pour y revenir plus tard, avec un regard neuf.

Vous trouverez dans cette liste tous les registres, tous les sujets et toutes les époques. Nous n’avons retenu qu’un seul critère : qu’ils soient de ces romans que l’on a hâte de retrouver et qu’on voudrait ne jamais avoir terminé, dont on ne peut s’empêcher de parler à ses amis et auquel on pensera, ensuite, quand on nous demandera la liste de nos romans préférés.

Tous ces romans sont évidemment disponibles sur notre site ou en boutique au 3 rue de Marivaux.

Romans historiques

#1 Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

Dans ce roman historique lumineux où elle se glisse dans la peau de l’empereur romain Hadrien, Marguerite Yourcenar montre une force d’évocation et d’une poésie de l’espace et du temps qui la hisse au rang des plus grands génies de la langue française.

#2 Les dieux ont soif d’Anatole France

Situé pendant la Terreur révolutionnaire, Les dieux ont soif décortique les pulsions meurtrières bien souvent tapies derrières les illusions de liberté et d’égalité.

#3 Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas

Intrigues amoureuses, espionnage, combats, amitiés indestructibles, comment parler encore du roman de cape et d’épée par excellence ? Sous l’espiègle plume de Dumas ce sont Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan qui prennent vie. On voudrait que l’aventure avec ces quatre-là ne s’arrête jamais tant les pages tournent à toute vitesse et nous emportent comme si nous y étions.

Romans de science-fiction

#4 Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

À travers ce texte émouvant, on perçoit mieux à quel point la différence, quelle qu’elle soit, mène à l’exclusion et à l’incompréhension. Charlie Gordon a 33 ans et l’âge mental d’un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son Q.I. par trois. Charlie va enfin pouvoir réaliser son rêve : devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte rendu de ses progrès, sans savoir jusqu’où cette ascension le mènera.

#5 Blade Runner de Philip K. Dick

Au travers de son récit de chasse à l’androïde, Philip K. Dick questionne les fondements de l’essence humaine. Dans un futur désolé où les robots humanoïdes sont dotés d’une intelligence artificielle quasi parfaite, il pousse l’être humain dans ses retranchements afin de mieux l’étudier. Précurseur, il pose les jalons d’une science-fiction d’anticipation. Ridley Scott adapte l’ouvrage dans ce qui reste à ce jour un chef-d’œuvre du cinéma cyberpunk.

#6 Dune de Frank Herbert

Dune est un récit complexe et complet qui va au-delà de la case science-fiction dans laquelle il faut bien le ranger. Au travers de la lutte entre les maisons Atréides et Harkonnen c’est tout un univers politique, social, religieux que décrit Herbert. On y est porté par un souffle épique et mystique qui conduit l’histoire et les héros vers leur formidable destin.

#7 Malevil de Robert Merle

Malevil n’est pas un roman de science-fiction au sens courant. C’est son thème post-apocalyptique qui le définit ainsi. Merle a besoin d’un prétexte, une catastrophe nucléaire, pour isoler ses personnages. Guerre, accident, attentat, on ne le saura jamais, à l’image des personnages coupés du reste du monde du jour au lendemain. À partir de là, on suit ce petit groupe et leur reconstruction d’une micro-société nécessaire pour survivre. Ce récit, qui en profite pour interroger les relations humaines, ainsi que notre propre société, est d’une intelligence rare.

#8 Les Dépossédés d’Ursula Le Guin

Avec ce roman de science-fiction haletant, Ursula Le Guin réussit le tour de force d’écrire une société anarchiste fonctionnelle sur la planète Anarres. Au travers du destin d’un scientifique d’Anarres qui souhaite partager ses découvertes avec Urras, planète jumelle mais concurrente capitaliste, nous traversons toute l’organisation sociale de cette utopie concrète et ambigüe.

Romans de voyage

#9 La Modification de Michel Butor

Ce roman écrit à la deuxième personne du pluriel nous invite à une expérience singulière : pendant un trajet en train la pensée du narrateur devient la nôtre et nous nous approprions les méandres d’une pensée jusqu’à sa fixation dans une décision finale.

#10 Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry

Saint-Exupéry fait partie de ces grands vivants qui semblent n’avoir pris la plume que pour nous communiquer leur amour profond de la vie et de l’humanité. Dans Terre des hommes, il aborde sa passion pour l’exploration aéronautique, retraçant pour nous ses plus périlleux voyages et développant un point de vue unique sur la vie sur terre. Un roman initiatique et prophétique pour celui qui fendit les airs jusqu’au bout.

#11 Corsaire de la République (Voyages, aventures et combats, tome I) de Louis Garneray

Louis Garneray, fils d’un peintre du roi, lui-même peintre de marine, élève de Jacques-Louis David, a passé une bonne partie de sa jeunesse dans l’océan Indien à la recherche de frissons et de gloire. Sous les ordres de Surcouf il participe à l’abordage du Kent ! Des ses aventures il tirera plusieurs récits, dont ce Corsaire de la République est le premier tome. Soucieux du détail, il raconte la vie à bord et les combats avec une fougue qui n’a rien à envier à certains pirates bien connus des productions cinématographiques récentes…

#12 Sur la route de Jack Kerouac

Roman aux origines de la beat generation, dont la première version est tapée à la machine par Kerouac, en un seul jet et en trois semaine, sur un rouleau de 36 mètres de feuilles collées bout à bout. C’est le récit quasi autobiographique de son auteur, de ses aventures à travers les États-Unis et au Mexique, de ses rencontres, avec Ginsberg, avec Burroughs. C’est un récit de voyage, un récit initiatique, spontané, poétique, brutal. C’est un furieux vent de liberté.

Pour une lecture par épisodes

#13 Le Décaméron de Boccace

Dix jeunes gens fuyant la peste se confinent dans une maison de Toscane. Pour tromper l’ennui, chacun doit raconter une histoire. Le théâtre, les contes, les légendes, les fabliaux, les anecdotes historiques… Boccace fait feu de tout bois pour faire vivre cet ensemble de récits dynamiques et colorés qui a eu, depuis la fin du Moyen Âge, une influence décisive sur la culture européenne.

#14 L’Heptaméron de Marguerite de Navarre

Écrit sur le modèle de Boccace par la sœur du roi de France François Ier, L’Heptaméron laisse la plus belle part à la psychologie et aux relations entre les hommes et les femmes. Une lecture plaisante, subtilement subversive.

#15 Les Héroïdes d’Ovide

Les Héroïdes sont aussi appelées Lettres d’amour. Ovide y établit une correspondance imaginaire entre des personnages issus des mythes grecs et latins. Original, et amusant, ce recueil est un précis de mythologie plein d’esprit et d’inventivité.

#16 Les Vagues de Virginia Woolf

Dans ce roman, Virginia Woolf remet en cause des principes traditionnels de narration. On n’y trouve donc ni narrateur ni intrigue, mais plutôt le côtoiement de six consciences de l’enfance à l’âge adulte. La lecture est transcendée par la dimension poétique de l’œuvre. La vie des six personnages que l’on découvre dans ce parcours n’est pas exposée de façon conventionnelle. Ils sont l’un après l’autre explorés de l’intérieur de leur conscience, par la technique du monologue intérieur. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées.

#17 Chroniques du hasard d’Elena Ferrante

À travers ces cinquante et une chroniques, publiées de façon hebdomadaire dans le Guardian tout au long de l’année 2018, l’autrice à l’identité secrète, nous révèle beaucoup de sa personnalité. L’écriture sous contrainte devient l’occasion d’une créativité nouvelle laissant beaucoup de place à l’intuition. Au hasard de thèmes universels, se dessine un questionnement aigu de l’identité. Évoquant tour à tour la société, la politique, l’écriture, le cinéma, la ville, Elena Ferrante se raconte. Dans une introspection presque inédite, elle réfléchit aux liens familiaux, amicaux, à la maternité, toujours attentive à affirmer la puissance du féminin.

Romans d’amour

#18 Anguille sous roche d’Ali Zamir

Dans une parole directe, Ali Zamir nous entraine dans un monologue intime et percutant. Anguille, une jeune lycéenne tombe folle amoureuse de Vorace, un pêcheur de Mutsamudu, le village dans lequel elle habite avec son père Connaît-Tout et sa sœur Crotale. Une idylle, cachée, naitra entre eux. Une histoire secrète et interdite qui causera l’humiliation et la perte d’Anguille, qui malgré son absence de romantisme, se voyait déjà fiancée. Chassée de son village, elle décidera de se rendre clandestinement à Mayotte pour tout recommencer. Positive et déterminée, elle préfèrera se battre pour l’amour qui grandit dans son ventre plutôt que de se laisser piétiner. Elle refusera de faire l’anguille et affrontera, sa destinée et ses responsabilités. Mais le sort en a décidé autrement. La mer l’appelle et elle doit tirer son ultime révérence. Pourtant, elle réclame avec ferveur le droit de vivre, de continuer à laisser sa trace.

#19 Les Yeux bleus cheveux noirs de Marguerite Duras

C’est l’histoire d’un amour, le plus grand et plus terrifiant que Duras ait écrit. Une jeune femme au corps long et souple, un homme élégant, grand lui aussi. Ils se rencontrent un soir dans un café de la station balnéaire. Il est désespéré, à cause de quelqu’un qu’il a vu par hasard le jour même. Celui qu’il attendait depuis toujours et qu’il voulait revoir coûte que coûte : un jeune étranger aux yeux bleus cheveux noirs. Il demande à la jeune femme de venir dormir à son côté, dans la chambre nue qu’il habite face à la mer ; il la paiera. Elle accepte. S’ouvre alors une aventure intense et déchirante qui va les conduire l’un et l’autre au bord de la folie et de la mort.

#20 Ariane de Myriam Leroy

D’une justesse remarquable, ce roman nous plonge dans les sentiments intenses des amitiés adolescentes, la découverte du désir, l’amour qui frise l’obsession et la haine. Poignant.

Romans biographiques

#21 Les Rêveurs d’Isabelle Carré

Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. L’actrice y raconte l’histoire de sa famille et de son enfance, ou en tout cas l’histoire d’une famille et d’une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle écrit sur la «partie immergée de l’iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi sur son désir naissant de théâtre et de cinéma, sur ce que c’est qu’être une enfant, puis une mère à son tour. Elle nous confie des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort et de tendresse.

#22 Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

À la suite du suicide de sa mère, Delphine de Vigan, écrit sur celle-ci dans un roman en plusieurs parties mêlant l’enfance de Lucile et sa vie d’adulte . Dans ce roman qui fait office de réconciliation, elle alterne le récit par des chapitres où elle conte la vie de Lucile et d’autres où elle décrit ses propres recherches et son désarroi pour tenter d’achever ce projet qui l’obsède. L’autrice nous fait découvrir la bipolarité de sa mère, ainsi que les bouleversants drames familiaux qu’a vécus celle-ci.

#23 L’Art de la joie de Goliarda Sapienza

Ce roman-fleuve racontant la vie de Modesta, une jeune Sicilienne née au tournant du XXe siècle, est rapidement devenu culte en raison de la formidable liberté de pensée et de corps de son héroïne. Goliarda signe ici une invitation passionnée à cultiver en nous, au-delà des blessures intimes et des violences d’une époque, l’art de la joie.

#24 Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

Chanteur du groupe Dionysos, auteur, poète, Mathias Malzieu nous régale de l’inventivité de ses mots. Ce roman à base autobiographique nous entraîne tout en douceur dans le parcours initiatique du deuil impossible de sa mère, porté sur les épaule du géant Jack. Émotion et poésie au rendez-vous.

#25 Le Détour de Luce d’Eramo

À la fois biographie et roman sur la mémoire, Luce d’Eramo signe un chef-d’œuvre redécouvert par Le Tripode il y a peu. Véritable odyssée européenne du XXe siècle, nous suivons le destin étrange et étonnant de cette jeune italienne qui s’engage volontairement dans un camp de travail en 1943, monte une grève, s’évade… Un portrait intime et puissant d’une femme libre et complexe.

Romans sociaux

#26 Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari

Récompensé en 2012 par le prix Goncourt, Le Sermon sur la chute de Rome dresse un parallèle percutant entre le déclin d’un petit village corse et la chute de l’Empire romain à partir de 395. Dans une époque volontiers décliniste, ce livre nous rappelle que chaque homme est condamné au cours de sa vie à assister à la fin d’un monde.

#27 Chanson douce de Leila Slimani

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture.

#28 Lointain souvenir de la peau de Russell Banks

Plongée sociale au cœur des États-Unis auprès des délinquants fichés et exclus d’une société qui n’écoute pas les histoires individuelles et se concentre sur la condamnation judiciaire. Nous suivons l’histoire d’un tout jeune homme désœuvré et de sa rencontre avec un professeur d’université aux motivations inconnues…

#29 La Bête humaine d’Émile Zola

Chef-d’œuvre d’Émile Zola aux allures de roman noir. Meurtres, amours contrariés, violence et folie guettent. Laissez-vous entraîner par le rythme, le suspense, la psychologie des personnage, tous reliés par un train, la Lison, qui file entre Paris et Le Havre.

#30 Le Braconnier de Dieu de René Fallet

« Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché. »
Grégoire Quatresous est moine depuis qu’il s’est planqué dans un couvent pour échapper aux Allemands pendant la guerre. C’est sur le chemin du bureau de vote, en 1969, qu’il fait la rencontre de Muscade ; elle est jolie, vit sur une péniche, et à son contact la bure de Grégoire le gratte… Quatresous quitte le froc, retrouve Baboulot, se fait embaucher à la ferme Pejoux, retape le vieux tracteur, rencontre Jésus et profite des vins de Bourgogne…
Fallet, grand ami de Brassens et d’Audiard, est plus qu’un auteur à la plume populaire. Sous sa gouaille évidente se cache une vraie subtilité de caractères. Il y a de la poésie, de la finesse et de la bienveillance chez ces gens-là.

#31 Le Bateau-Usine de Takiji Kobayashi

Roman social saisissant , Le Bateau-Usine décrit le quotidien d’ouvriers et de pêcheurs japonais sur un cargo de pêche au crabe dans les années 1920 de la manière la plus intense, la plus imagée et, parfois, la plus éprouvante. À découvrir, indubitablement.

Romans méchants

#32 Heureux les heureux de Yasmina Reza

Fidèle au thème qui l’a fait connaître – les épiphénomènes relationnels dégénérant en conflits à couteaux tirés, Yasmina Reza le décline ici en plusieurs épisodes drolatiques, pour notre plus grand plaisir.

#33 Les Célibataires d’Henri de Montherlant

Dans Les Célibataires, Montherlant se propose un sujet audacieux, qu’il traite avec férocité : la médiocrité absolue. Ce roman est un exutoire à l’exaspération, trop bien connue hélas, que peut susciter la bêtise humaine.

#34 Tour d’ivoire de Patrice Jean

Comme dans la plupart de ses livres, Patrice Jean interroge ici les évolutions culturelles récentes de notre société. Son héros, conservateur et pessimiste, est confronté à l’échec de ses idéaux comme de sa vie. L’occasion pour l’auteur de nous régaler de scènes hilarantes et de brosser, d’une plume aiguisée, un portrait au vitriol de notre époque.

Chefs-d’œuvre du romantisme

#35 Adolphe de Benjamin Constant

Roman psychologique, voire moraliste, Adolphe est un chef-d’œuvre tout en concision et en élégance. La plume de Benjamin Constant est de celle qui nous révèle le génie caché de la langue et, à travers elle, notre rapport commun et pourtant intime aux sentiments et aux idées. C’est aussi une œuvre caractéristique de l’âge d’or du romantisme, l’histoire d’un amour impossible qui, comme c’est le cas en général, finit mal.

#36 Henri d’Ofterdingen de Novalis

Bréviaire du romantisme allemand naissant, Henri d’Ofterdingen est un roman initiatique et symbolique, dans lequel le héros réalise l’idéal des romantiques allemands : l’union du rêve et de la réalité, de l’homme et de la nature. C’est en référence à ce récit fondateur que naîtra ensuite l’expression « fleur bleue ».

Romans psychologiques

#37 La Confusion des sentiments de Stefan Zweig

Court récit explorant la relation entre un maître et son élève, Stefan Zweig explore ici l’homosexualité et la puissance des rapports de domination. Avec sa subtilité habituelle, Zweig nous plonge ici dans un fascinant portrait psychologique au cœur d’une passion coupable.

#38 Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable de Romain Gary

On ne sait pas exactement pourquoi Romain Gary s’est suicidé, en 1980. Cependant, le roman Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable, paru en 1975, jette une lumière différente sur ce tragique geste final. Dans ce livre, Gary traite un sujet méconnu : le déclin de la puissance masculine autour de la soixantaine, aussi appelée andropause. Pour ce séducteur, dont toute la vie atteste de la recherche de puissance, ce déclin physiologique entraine une détresse psychologique, comme un signe avant-coureur de la mort. Un livre touchant qui questionne intelligemment la construction – et la défaite – de la virilité.

#39 L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

Ce roman documentaire raconte l’affaire Jean-Claude Romand. C’est l’histoire d’un mensonge : celui d’un jeune homme qui n’ose pas avouer qu’il a échoué à l’examen d’entrée en médecine. Au fil des années, le mensonge devient de plus en plus difficile à tenir, jusqu’à l’explosion finale. À travers ce récit, Carrère nous parle aussi de l’adversaire que chacun de nous porte en lui.

#40 La Part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt

Et si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts de Vienne ? Qu’est-ce qui fait que nous devenons ou pas ce que nous sommes ? Avec cette double biographie fictive, Eric-Emmanuel Schmitt réussit deux portraits haletants de deux vies que tout oppose et qui sont pourtant le pendant potentiel l’une de l’autre.

#41 Oblomov d’Ivan Gontcharov

Seuls les Russes ont le talent de nous faire dévorer avec bonheur un roman de 800 pages en souhaitant qu’il ne s’arrête jamais. Gontcharov en fait ici la preuve éclatante en mettant en scène deux opposés : le paresseux et sensuel Oblomov, maître dans l’art de la procrastination et son ami Andrei, l’énergique travailleur, fer de lance du progrès. À travers cette opposition subtile et bienveillante, Gontcharov dresse le portrait d’un changement d’époque : la fin d’un monde rural aux coutumes inamovibles sous les coups de boutoir d’un progressisme industrieux et commerçant.

#42 Âme brisée d’Akira Mizubayashi

Autour d’une répétition interrompue à Tokyo par la police japonaise et d’un violon détruit, ce roman tisse des ponts sublimes entre le Japon et la France, la musique et la littérature, la grande et la petite histoire. Quête d’identité et reconstructions de l’histoire familiale sont au cœur de cette subtile symphonie à l’écriture et à la construction irréprochable.

Ce roman a reçu de nombreuses récompenses, dont le prix des librairies 2020.

#43 Le Pavillon d’or de Yukio Mishima

Récit d’un parcours initiatique hors du commun, Le Pavillon d’or étonne par son mélange de noirceur et de beauté. C’est par cet ouvrage que l’écrivain sulfureux Yukio Mishima a commencé son œuvre fascinante.

#44 La Mort d’Ivan Illitch de Tolstoï

Dans ce court roman, Tolstoï explore l’agonie avec sa méticulosité habituelle et son sens de l’observation inégalable. Tour à tour terrible et plein d’espérance, le récit est celui d’une introspection et d’un parachèvement.

Romans féériques

#45 Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov

Ce roman fantastique, tant par son contenu que par les circonstances peu communes de sa rédaction, semble réellement chargé de magie. L’action située à différentes époques, mêlant cultes sataniques, satire politique et historiographie biblique emporte le lecteur dans un voyage sensoriel et intellectuel. Le Maître et Marguerite ne se lit pas, il se vit. La puissance évocatoire de son auteur dérobe à nos yeux les mots pour nous entrainer, plus efficacement encore que le cinéma, dans un déluge d’images tout aussi inquiétant que jubilatoire.

#46 L’Enchanteur de René Barjavel

Plus connu pour ses romans de science-fiction (La Nuit des temps, Ravage, etc.), Barjavel reprend ici à son compte la légende arthurienne et fait de Merlin le personnage principal de son récit. Cette histoire merveilleuse, parfois féérique, est une oasis de poésie dans l’œuvre de Barjavel.

#47 Les Saisons de Maurice Pons

Les Saisons c’est l’arrivée d’un voyageur mystérieux dans une région mystérieuse. Dans cette vallée reculée deux saisons alternent ; quarante mois de pluie ininterrompue laissent place à quarante mois d’hiver sec et glacial. Et lui, notre voyageur, s’arrête dans un petit village de montagne où il se heurte à l’hostilité des habitants envers cet étranger qui veut tout savoir de leur vie. Leur seule richesse sont les lentilles, on les mange en bouillie, on les boit en alcool.
L’écriture de Maurice Pons est radicale et sensorielle, on en ressort avec le goût des lentilles sur le palais et les doigts gelés par l’hiver.

#48 L’homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirahk

L’auteur estonien réussit l’extraordinaire pari d’écrire une épopée aussi drôle que touchante, pleine d’aventure et de questionnement philosophique, emprunte de réalisme magique. Roman initiatique qui suit le parcours du dernier homme à être connecté à la nature et qui assiste à la fin de sa civilisation, il a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2014.

Romans d’enquête

#49 Un lieu incertain de Fred Vargas

Comme toujours, Fred Vargas nous ravit de ses intrigues policières et de la fluidité de son écriture. Nous retrouvons le commissaire Adamsberg qui cherche l’équilibre entre enquête et histoire familiale dans une épopée qui l’entraînera sur la piste des vampires de Transylvanie…

#50 Et on tuera tous les affreux de Boris Vian

Dans ce roman signé de son pseudonyme Vernon Sullivan, Boris Vian réussit mieux que jamais à allier le suspense d’une enquête à rebondissements et sa fantaisie naturelle, pour 200 pages de divertissement et de rire. On suivra avec bonheur les aventures de Rocky, dont l’unique objectif est de conserver son pucelage jusqu’à ses 20 ans, une mission pratiquement impossible dans cette intrigue sulfureuse.

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15 réponses sur « 50 romans avant la fin du monde »

Chuiton je me suis fait la même remarque ! Même pas les classiques comme Virginia Woolf ou Mary Shelley… Cependant j’ai noté quelques pépites.

Merci pour cette liste, qui permet de retrouver le titre d’anciennes lectures, faites il y a longtemps, et d’en découvrir de nouvelles … Inépuisable source de plaisir que la lecture.

Superbe. J’ai vu quelques titres à ajouter sur ma liste. Isabelle Carré entre autre dont j’avais entendu parler et que j’avais oublié d’acheter. Merci.

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