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Le théâtre de la jeunesse Nouveautés

Projecteurs sur Sylvain Levey

Sylvain Levey est auteur dramatique. Depuis 2004, il écrit de nombreuses pièces de théâtre jeunesse. Le jeudi 25 juin, sort sa nouvelle pièce jeunesse Trois minutes de temps additionnel, aux Éditions Théâtrales Jeunesse.

Grand penseur aux inspirations punk, la langue et la dramaturgie complexes de Sylvain Levey, accompagnent l’enfant dans le plaisir de l’intelligence. Dans chacune de ses pièces jeune public, Sylvain Levey dépeint le monde tel qu’il est, en prenant toujours le soin de laisser une fenêtre ouverte, vers l’espoir d’un monde meilleur. La jeunesse peut encore changer le cours des choses, il en est persuadé !

TROIS MINUTES DE TEMPS ADDITIONNEL

Kouam et Mafany sont guinéens. Ils ont quatorze ans et passent tout leur temps libre à jouer au football. Mafany est ailier gauche. Kouam est avant-centre. Unis comme deux frères, ils rêvent d’aller en l’Angleterre et d’intégrer Manchester United. Un jour, la chance leur sourit : une femme anglaise débarque au Kakandé de Boké et les recrute pour le petit club de Bradford, première étape vers la vie espérée.

OUASMOK

Son premier texte, Ouasmok ?, a reçu le Prix de la pièce de théâtre contemporain pour le jeune public. Loin du schéma commun Sylvain Levey entraîne le lecteur dans une course de vie, effrénée, celle des jeux d’enfants. En une seule journée, Pierre et Léa, dix ans, se rencontrent, se séduisent, se marient, ont leur premier enfant, commettent une tentative de suicide et divorcent. La réalité est si troublante, que les frontières entre le jeu et la vérité se brouillent. Mais l’amour, lui, semble bien réel…

MICHELLE DOIT ON T’EN VOULOIR D’AVOIR FAIT UN SELFIE À AUSCHWITZ ?

Pour cette pièce, Sylvain Levey s’est inspiré d’un fait divers trouvé dans un journal. Aux Etats-Unis, lors d’un voyage scolaire à Auschwitz, une jeune fille prend un selfie enjoué devant le camp de concentration, puis la poste sur Facebook. Sylvain Levey transpose le personnage de Michelle dans la région d’Auxerre. Michelle a-t-elle accompli son devoir de mémoire en prenant ce selfie ? A-t-elle sali le passé en posant devant les vestiges de la Shoah ? Avec cette pièce, Sylvain Levey est finaliste du Grand Prix de littérature dramatique en 2005 et 2008, et du Grand Prix de littérature dramatique jeunesse en 2018 avec Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ?

ARSÈNE ET COQUELICOT

À travers le regard tendre et innocent de deux enfants qui questionnent leurs origines, Sylvain Levey aborde les thèmes de l’amour, de la séparation, de la naissance, de la vieillesse et de la mort comme des épisodes qui constituent le feuilleton de nos vies. Mirabelle et Hippolyte dix ans, se demandent d’où ils viennent. Au fil des rencontres et des conversations, ces deux jeunes détectives amoureux débroussaillent leurs arbres généalogiques et font resurgir des souvenirs enfouis. Ils reconstituent ensemble l’histoire de deux amants séparés par la guerre.

LYS MARTAGON

Avec cette pièce, Sylvain Levey fait naître son troisième personnage féminin, une autre muse, une nouvelle guerrière. Après Léa âgé de 10 ans et Alice qui a 14 ans, nous découvrons Lys Martagon, une jeune adolescente de 17 ans. Poétique et légère, elle s’échappe de son quartier sensible en rêvant au-delà des immeubles grisâtres. C’est grâce aux mots qu’elle vogue vers des mers , des îles, des monts et des pays lointains. Petit à petit, elle quittera l’adolescence, s’émancipera  et montrera à Démétrio, ado désœuvré, comment ouvrir son esprit et s’émerveiller.

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Le théâtre de la jeunesse

Nominations pour le Prix Collidram

Le Prix Collidram est un prix national de littérature dramatique, qui s’adresse aux élèves de collèges de la 6e à la 3e. Quatre textes sont sélectionnés pour son édition 2020. La Librairie théâtrale propose aux lecteurs jeunes et moins jeunes, de découvrir ces pièces plus en détails et d’élire sa favorite.

  Mille ans, de Marc-Antoine CYR – Editions Quartett

Depuis quelques jours d’étranges choses se passaient à Diamezek. La gazette en tenait le compte – et nous laissait chaque fois dans l’étonnement. Le vieil Auguste un de ces quatre matins avait trouvé au fond du puits toutes les pommes de son verger. Les trois vieilles couturières, venant acheter leur bobine, avaient découvert par terre au milieu de l’avenue, des pattes de sauterelles et des ailes de papillons bleus – arrachées. Personne n’avait trouvé de quelle lanterne éclairer ces mystères – ni comment prévoir ce qui nous attendrait demain. Pourtant le soleil remplaçait la lune et après l’inverse – la marée montait pour après redescendre – on arrivait encore à croire que tout irait d’équerre et d’aplomb. Milan se levait chaque jour à l’heure – mais traînait sur sa face un petit sourire – un peu mystère un peu rictus – allez comprendre.

  Blanche-Neige, histoire d’un Prince, de Marie DILASSER – Les Solitaires intempestifs

Chez Marie Dilasser, le récit commence après le conte. Le mariage est consommé et la paresse s’est installée dans ce couple qui occupe désormais un royaume abandonné, aux airs de fin du monde. L’originalité de ce texte réside dans la langue singulière de l’autrice, dont la farce crue, rappelle l’univers d’Alfred Jarry. Longtemps considéré comme un conte initiatique féminin, chez Marie Dilasser, Blanche-Neige est relayée au second plan. Pour une fois, le Prince prend le pas sur l’illustre princesse.

  Tout ça Tout ça, de Gwénoline SOUBLIN – Espaces 34

C’est l’été. La radio crie ses scoops. La télé compile ses buzz. Ehsan, douze ans, a disparu. Un petit mot posé sur son lit dit son encombrement face à un monde où la banquise fond, où les ours blancs vivent dans les hypermarchés et où les terroristes mitraillent. Sa petite sœur Chalipa, Samantha la baby-sitter, ainsi que deux alliés de choix, le tout petit Nelson et le débonnaire Salvador, cherchent à le retrouver. Ils se livrent à une enquête imaginant Eshan enfermé dans le bunker du jardin de sa maison ou, pire, ayant définitivement dit ciao au monde. Comment le retrouver avant de devoir prévenir les adultes ?

Fake, de Claudine GALEA –  Espaces 34

Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais avec lequel elle communique sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. Elles se parlent, elles soliloquent, elles rêvent, elles se piègent dans leurs propres sentiments, leurs aspirations, leurs propres troubles. L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

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Coups de coeur Le théâtre de la jeunesse

Quatre pièces jeunesse sur les scènes parisiennes en mars

 L’enfance n’est pas une thématique, c’est un point de vue. Le théâtre jeunesse est un théâtre des adultes, se décentrant par un retour fictif en terres d’enfance. En miroir du Parcours Enfance & Jeunesse, qui débutera le 3 mars, au Théâtre de la Ville, la Librairie Théâtrale vous propose de découvrir quelques pièces jeune public, qui marqueront le mois de mars.

Créé en partie pour les enfants, à partir de neuf ans, L’Amour vainqueur, d’Olivier Py, signe la quatrième exploration de l’auteur, dans l’univers des frères Grimm. Entre alexandrins et opérette, cette pièce retrace la violence et la destruction d’un monde. Une jeune femme forcée d’épouser le fils du roi d’Angleterre, est enfermée dans une tour durant sept années. Pendant ce temps, l’homme qu’elle aime erre dans les rues. Manipulé et trompé, il se cache, tentant de survivre. C’est grâce au Théâtre que les personnages retrouveront une forme de dignité.

Vous pouvez retrouver ce texte mis en scène du 03 au 08 mars  dans le cadre du Parcours enfance et jeunesse du Théâtre de la Ville, au 104.

Avec Normalito, Pauline Sales répond à une commande de Fabrice Melquiot. S’intéressant aux super-héros, il lui demande de se pencher sur les « super-normaux ». Lucas est un élève de CM2, isolé dans sa condition d’être sans particularité. Le jour où sa maîtresse demande à toute la classe de dessiner un super-héros, Lucas trace le portrait de Normalito, celui qui rend les gens normaux.  Á travers cette fable, qui retrace différents portraits, Pauline Sales, interroge la notion de normalité et de différence, tout en aspirant à un vivre ensemble.

Vous pouvez retrouver ce texte mis en scène du 13 au 15 mars dans le cadre du Parcours enfance et jeunesse du Théâtre de la Ville, au Carreau du Temple.

En 2014, David Lescot écrit J’ai trop peur, sa première pièce sur l’enfance, à destination de la jeunesse. Les grandes vacances ne sont pas synonyme d’insouciance, de soleil et de plaisir pour tous les enfants. Le personnage principal de J’ai trop peur, est un petit garçon d’une dizaine d’années. Il s’apprête à passer son dernier été d’écolier avant de rejoindre le collège. Un passage redouté, qu’il appréhende chaque jour avec angoisse et apriori. Avec ce parcours initiatique nécessaire, David Lescot s’amuse, usant d’un humour cruel propre aux enfants.

Six années plus tard, nous retrouvons ce petit terrorisé, le jour de sa rentrée en sixième. Dans J’ai trop d’amis, nous suivons les premiers pas et l’intégration de ce garçon projeté dans l’inconnu. Avec ce texte, David Lescot poursuit sa sensibilisation aux différentes étapes de l’enfance. Maintenant qu’il a appris à gérer et à surmonter ses peurs, le jeune garçon devra s’imposer face aux garçons et aux filles. L’humour passe toujours par le langage. Au collège, tout est formulé au premier degrés. Les adolescents s’expriment avec sérieux et gravité, il en va de leur popularité.

Vous pouvez retrouver ce texte mis en scène du 21 au 29 mars  dans le cadre du Parcours enfance et jeunesse du Théâtre de la Ville, à L’Espace Cardin.

Hercule à la plage est une comédie dramatique, de Fabrice Melquiot, auteur d’une vingtaine de pièces pour la jeunesse. Il dessine une fresque identitaire autour de trois garçons, qui enfants, se confrontaient au héros mythique Hercule, pour séduire la même fille. Adolescents, il se retrouvent sur une plage, celle des adieux et de la vérité. Fabrice Melquiot chemine avec malice dans les labyrinthes dramatiques et créait le contraste. Avec ce texte, il interroge l’équilibre ténu entre la normalité et l’extraordinaire lié à l’enfance.

Vous pouvez retrouver ce texte mis en scène du 24 avril au 03 mai dans le cadre du Parcours enfance et jeunesse du Théâtre de la Ville, à L’Espace Cardin.

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Coups de coeur Le théâtre de la jeunesse

Les contes revisités : quatre pièces pour la jeunesse

Chacun de nous s’est fait bercer et a grandi aux rythmes enchanteurs des contes populaires. Distrayants et fantastiques ils véhiculent souvent un message éducatif, philosophique ou satirique. Dès la Renaissance, le conte a fait l’objet de nombreuses réécritures. Depuis quelques années, les auteurs de littérature dramatique jeunesse s’en emparent et le remettent au goût du jour. Le conte populaire est réinventé, modernisé et détourné de sa féerie initiale. Avec humour et douceur, il sensibilise davantage le lecteur et l’enfant, à la réalité du monde qui l’entoure.

Dans Le Petit Chaperon Uf, de Jean-Claude Grumberg, le grand méchant loup disparaît au profit d’un loup caporal à l’accent allemand. Un brigadier qui oblige le Petit Chaperon à enfiler un capuchon jaune à la place du fameux capuchon rouge. Une parabole amère, mais amusante, qui dessine les contours de l’antisémitisme et de l’intolérance.

Joël Pommerat s’est beaucoup penché sur l’univers du conte. Loin du soulier de verre , il transpose sa Cendrillon, dans une société moderne. L’innocente enfant prend le nom de Cendrier, une jeune fille singulière, obsédée par l’alarme de sa montre, qui la force à penser quotidiennement à sa défunte mère. L’atmosphère est ténébreuse et bouleversante. L’auteur conserve l’onirisme et sensibilise l’enfant à l’affrontement de la mort, tout en introduisant la notion d’émancipation.

Chez Marie Dilasser, Blanche-Neige l’histoire d’un Prince, le récit commence après le conte. Le mariage est consommé et la paresse s’est installée dans ce couple qui occupe désormais un royaume abandonné, aux airs de fin du monde. L’originalité de ce texte réside dans la langue singulière de l’autrice, dont la farce crue, rappelle l’univers d’Alfred Jarry. Longtemps considéré comme un conte initiatique féminin, chez Marie Dilasser, Blanche-Neige est relayée au second plan. Pour une fois, le Prince prend le pas sur l’illustre princesse.

Dans plusieurs de ses pièces, Jean-Pierre Duru s’amuse avec fantaisie, à détourner les figures du conte. Dans Qui a tué Charles Perrault ?, Paul X mène l’enquête auprès des célèbres personnages issus des fables de Perrault. L’auteur les ancre dans le monde contemporain et leur offre une dimension actuelle et universelle. Le Petit Chaperon Rouge est mariée avec le Loup qui souffre d’une réputation mensongère de mangeur d’enfants. Cendrillon a épousé un Prince ruiné par la crise immobilière. Quant au Prince Charmant, il est membre du Syndicat des Princes.