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A lire

Révolte et théâtre

À l’heure des 150 ans de la Commune de Paris, les occupations de théâtre essaiment en France, et partout s’exprime une soif de vivre. Nous vous proposons une sélection de pièces à lire et à jouer pour incarner la révolte, comprendre ses enjeux et ses implications.

Mai, juin, juillet de Denis Guenoun

En mai 68, les théâtres sont occupés. Jean-Louis Barrault, directeur du théâtre de l’Odéon, écrit à Jean Vilar qui se démène pour maintenir le festival d’Avignon. Pendant ce temps, les militants luttent, inventent, rêvent. C’est un souffle puissant qui traverse et emporte ces trois mois historiques.

Les Justes d’Albert Camus

Février 1905, à Moscou. Nous voilà plongé au sein d’un groupe révolutionnaire préparant un attentat à la bombe. Iront-ils au bout de la violence ? Dilemme moral et responsabilité face à la révolution sont au cœur de cette pièce bouleversante.

Cabaret Louise de Régis Vlachos

Approchez mesdames et messieurs car sous vos yeux ébahis va se dérouler le plus grand des cabarets révolutionnaires, le cabaret Louise, pour Louise Michel ! Simone et Edouard seront vos hôtes et dévoileront avec humour et colère tout ce qu’ils ont à vous dire sur la Commune, les trahisons de la république et le retour de Johnny Hallyday !

J’ai rêvé la révolution de Catherine Anne

Quatre personnages qui se jaugent, se heurtent, se dévoilent autour de cette femme prisonnière, condamnée à mort pour ses écrits. Une écriture poétique pour un sujet des plus sérieux, évoquant les derniers jours d’Olympe de Gouges, guillotinée en 1793 pour son engagement.

La Mort de Danton de Georg Büchner

Décrivant l’affrontement entre Danton et Robespierre, cette pièce convoque la Révolution Française comme un événement total : politique, intime, passionné, violent et tout à la fois plein d’espoir.

Polices ! de Sonia Chiambretto

Par bribes de vies, de voix, de discours et de pensée, Sonia Chiambretto allie rudesse et poésie sur le sujet des violences policières.

Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht

Cette pièce se situe dans une période postrévolutionnaire, la violence et la confusion règnent. Brecht interroge alors la filiation, la nécessité de la bonté et de la violence au travers d’une fable montrant deux mères se battant pour la reconnaissance d’un enfant.

Cette pièce est également à retrouver dans le tome 6 des œuvres complètes, avec notamment Les Jours de la Commune, pièce sur la Commune de Paris.

L’Affaire d’un printemps de Martial Bléger et Hervé Masnyou 

Une traversée de la Commune sous forme d’enquête policière, pour une très large distribution.

Les désordres imaginaires de Mariette Navarro

Les artistes décident de s’emparer de l’espace publique et s’organisent en AG pour que l’art devienne le cœur de la vie pendant que les politiques désemparés ne savent que faire pour stopper cet élan. Une pièce montrant un joyeux désordre et un souffle de liberté à l’œuvre.

 À plates coutures de Carole Thibaut

  À partir de la lutte des ouvrières textiles Lejaby à Yssingeaux en 2010, Carole Thibaut écrit une pièce montrant des femmes fortes, organisées, pleines de revendications.

Côté Jeunesse

Engagements (trois portraits de la jeunesse)

Trois courtes pièces pour ados sur le thème de l’engagement, de la révolte de la jeunesse.

Ravie de Sandrine Roche

Saviez-vous que la chèvre de monsieur Seguin était une héroïne révolutionnaire ? Vous l’apprendrez dans cette pièce coup de cœur !

Côté DVD

Antigone de Sophie Deraspe

Film de la canadienne Sophie Deraspe qui transpose la fameuse héroïne antique à notre époque et en fait une cible à abattre pour les gouvernements inquiets du symbole qu’elle incarne.

1789 d’Ariane Mnouchkine

Captation de la célèbre pièce du Théâtre du soleil rendant la révolution française plus vivante que jamais. Vous trouverez plus de deux heures de spectacle, et 45 minutes de bonus interview et documentaire.

Côté théorie

Contre le théâtre politique d’Olivier Neveux

Olivier Neveux analyse et replace dans un contexte historique l’injonction du théâtre public contemporain à créer du « vivre ensemble » menant à la multiplication des spectacles citoyens et engagés.

Le théâtre contestataire de Mathilde Arrigoni

Une traversée des liens complexes qu’entretiennent le théâtre et le pouvoir. Comment la lutte sociale s’enrichit-elle de la pratique artistique ? Quel sens donner au théâtre contestataire lorsqu’il se déploie dans un contexte démocratique ? Quels rôles les dramaturges jouent-ils dans un régime autoritaire ?

Côté romans

Le Bateau-usine de Takiji Kobayashi

Récit sombre et poignant d’une révolte ouvrière sur un bateau de transformation du poisson. Roman contestataire japonais qui a valu la torture et la mise à mort de son auteur.

L’art de la joie de Goliarda Sapienza

Récit-fleuve de l’incroyable vie de Modesta qui traverse le XXe siècle italien et toutes ses luttes avec une seule idée en tête : la liberté. Grand roman de l’émancipation féminine.

Les dieux ont soif d’Anatole France

Situé pendant la Terreur révolutionnaire, Les dieux ont soif décortique les pulsions meurtrières bien souvent tapies derrières les illusions de liberté et d’égalité.

Pour aller plus loin

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A lire Le théâtre de la jeunesse Nouveautés

Trois nouveautés jeunesse. De l’émotion et du voyage !

LUCIENNE EDEN OU L’ILE PERDUE, de Stéphane Jaubertie

Lucienne Eden, une enfant à l’énergie insolente et à l’univers loufoque, vit presque seule sur une île préservée. Depuis que sa mère est partie, elle a pour unique voisin un mystérieux vieil homme. Un matin, elle découvre sur la plage un garçon de son âge rejeté par la mer au milieu de déchets plastiques.

Peu à peu, ils s’apprivoisent. Lucienne lui fait découvrir son île fantastique où la nature a repris ses droits : forêt de brocolis géants, pandas mangeurs de grizzlis… Mais cet endroit idyllique aux parfums d’enfance est menacé : il va falloir se résoudre à le quitter pour le monde réel.

Dans cette comédie écologique et amoureuse, Stéphane Jaubertie explore dans une langue vive les bouleversements de la préadolescence et la naissance du désir. Une apocalypse joyeuse pleine de rebondissements !

Découvrez d’autres pièces du même auteur: JOJO AU BORD DU MONDE et YAEL TAUTAVEL (ou l’enfance de l’art)

PINGOUIN (Discours amoureux), de Sarah Carré

Amazone s’ennuie et veut jouer à l’amour. Mais Abélard refuse : il a déjà une amoureuse. Pour lui, on ne badine pas avec l’amour, c’est une affaire sérieuse et compliquée ; pour elle, c’est une fête, un manège qui fait tourner la tête. Intrépide et espiègle, Amazone insiste. Mais quand Abélard lui parle d’engagement et d’éternité, c’est elle qui fuit. Qui s’y frotte s’y pique ! Ainsi, d’observations en expérimentations, ces deux-là questionnent le langage et les codes amoureux. Pour mieux les réinventer…Avec poésie et humour, Sarah Carré explore la relation amoureuse dans des fragments de discours à hauteur d’enfant. Un texte joyeux qui donne envie de jouer à aimer et d’aimer en jouant !

Découvrez également BABÏL, de Sarah Carré

ANTIGONE SOUS LE SOLEIL DE MIDI, de Suzanne Lebeau

Qui n’a jamais entendu le nom d’Antigone ? Celle qui se dresse contre l’injustice demeure plus que jamais une source d’inspiration et un modèle.
Suzanne Lebeau s’est emparée de ce mythe pour le raconter à hauteur d’adolescent. Depuis la méprise fatale d’Œdipe, tuant son père et épousant sa mère, jusqu’à la révolte d’Antigone, refusant de laisser son frère sans tombeau et enfreignant l’interdit de son oncle Créon, elle redonne vie à cette histoire terrible et fascinante.
Mêlant le récit du chœur aux voix de Créon et d’Antigone, la pièce dévoile toute la complexité des liens du sang et interroge : que doit-on suivre, la loi ou notre conscience ? Et qu’est-ce que gagner veut dire ?

Découvrez d’autres pièces de Suzanne Lebeau : L’OGRELET, LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT, TROIS PETITES SOEURS

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A lire

50 romans avant la fin du monde

Qu’il soit de voyage, de science-fiction, ou d’observation, un roman, lorsqu’il est réussi, nous emmène ailleurs. À travers d’autres époques, d’autres mondes, ou d’autres subjectivités, nous nous délassons un instant de notre quotidien, pour y revenir plus tard, avec un regard neuf.

Vous trouverez dans cette liste tous les registres, tous les sujets et toutes les époques. Nous n’avons retenu qu’un seul critère : qu’ils soient de ces romans que l’on a hâte de retrouver et qu’on voudrait ne jamais avoir terminé, dont on ne peut s’empêcher de parler à ses amis et auquel on pensera, ensuite, quand on nous demandera la liste de nos romans préférés.

Romans historiques

#1 Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

Dans ce roman historique lumineux où elle se glisse dans la peau de l’empereur romain Hadrien, Marguerite Yourcenar montre une force d’évocation et d’une poésie de l’espace et du temps qui la hisse au rang des plus grands génies de la langue française.

#2 Les dieux ont soif d’Anatole France

Situé pendant la Terreur révolutionnaire, Les dieux ont soif décortique les pulsions meurtrières bien souvent tapies derrières les illusions de liberté et d’égalité.

#3 Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas

Intrigues amoureuses, espionnage, combats, amitiés indestructibles, comment parler encore du roman de cape et d’épée par excellence ? Sous l’espiègle plume de Dumas ce sont Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan qui prennent vie. On voudrait que l’aventure avec ces quatre-là ne s’arrête jamais tant les pages tournent à toute vitesse et nous emportent comme si nous y étions.

Romans de science-fiction

#4 Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

À travers ce texte émouvant, on perçoit mieux à quel point la différence, quelle qu’elle soit, mène à l’exclusion et à l’incompréhension. Charlie Gordon a 33 ans et l’âge mental d’un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son Q.I. par trois. Charlie va enfin pouvoir réaliser son rêve : devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte rendu de ses progrès, sans savoir jusqu’où cette ascension le mènera.

#5 Blade Runner de Philip K. Dick

Au travers de son récit de chasse à l’androïde, Philip K. Dick questionne les fondements de l’essence humaine. Dans un futur désolé où les robots humanoïdes sont dotés d’une intelligence artificielle quasi parfaite, il pousse l’être humain dans ses retranchements afin de mieux l’étudier. Précurseur, il pose les jalons d’une science-fiction d’anticipation. Ridley Scott adapte l’ouvrage dans ce qui reste à ce jour un chef-d’œuvre du cinéma cyberpunk.

#6 Dune de Frank Herbert

Dune est un récit complexe et complet qui va au-delà de la case science-fiction dans laquelle il faut bien le ranger. Au travers de la lutte entre les maisons Atréides et Harkonnen c’est tout un univers politique, social, religieux que décrit Herbert. On y est porté par un souffle épique et mystique qui conduit l’histoire et les héros vers leur formidable destin.

#7 Malevil de Robert Merle

Malevil n’est pas un roman de science-fiction au sens courant. C’est son thème post-apocalyptique qui le définit ainsi. Merle a besoin d’un prétexte, une catastrophe nucléaire, pour isoler ses personnages. Guerre, accident, attentat, on ne le saura jamais, à l’image des personnages coupés du reste du monde du jour au lendemain. À partir de là, on suit ce petit groupe et leur reconstruction d’une micro-société nécessaire pour survivre. Ce récit, qui en profite pour interroger les relations humaines, ainsi que notre propre société, est d’une intelligence rare.

#8 Les Dépossédés d’Ursula Le Guin

Avec ce roman de science-fiction haletant, Ursula Le Guin réussit le tour de force d’écrire une société anarchiste fonctionnelle sur la planète Anarres. Au travers du destin d’un scientifique d’Anarres qui souhaite partager ses découvertes avec Urras, planète jumelle mais concurrente capitaliste, nous traversons toute l’organisation sociale de cette utopie concrète et ambigüe.

Romans de voyage

#9 La Modification de Michel Butor

Ce roman écrit à la deuxième personne du pluriel nous invite à une expérience singulière : pendant un trajet en train la pensée du narrateur devient la nôtre et nous nous approprions les méandres d’une pensée jusqu’à sa fixation dans une décision finale.

#10 Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry

Saint-Exupéry fait partie de ces grands vivants qui semblent n’avoir pris la plume que pour nous communiquer leur amour profond de la vie et de l’humanité. Dans Terre des hommes, il aborde sa passion pour l’exploration aéronautique, retraçant pour nous ses plus périlleux voyages et développant un point de vue unique sur la vie sur terre. Un roman initiatique et prophétique pour celui qui fendit les airs jusqu’au bout.

#11 Corsaire de la République (Voyages, aventures et combats, tome I) de Louis Garneray

Louis Garneray, fils d’un peintre du roi, lui-même peintre de marine, élève de Jacques-Louis David, a passé une bonne partie de sa jeunesse dans l’océan Indien à la recherche de frissons et de gloire. Sous les ordres de Surcouf il participe à l’abordage du Kent ! Des ses aventures il tirera plusieurs récits, dont ce Corsaire de la République est le premier tome. Soucieux du détail, il raconte la vie à bord et les combats avec une fougue qui n’a rien à envier à certains pirates bien connus des productions cinématographiques récentes…

#12 Sur la route de Jack Kerouac

Roman aux origines de la beat generation, dont la première version est tapée à la machine par Kerouac, en un seul jet et en trois semaine, sur un rouleau de 36 mètres de feuilles collées bout à bout. C’est le récit quasi autobiographique de son auteur, de ses aventures à travers les États-Unis et au Mexique, de ses rencontres, avec Ginsberg, avec Burroughs. C’est un récit de voyage, un récit initiatique, spontané, poétique, brutal. C’est un furieux vent de liberté.

Pour une lecture par épisodes

#13 Le Décaméron de Boccace

Dix jeunes gens fuyant la peste se confinent dans une maison de Toscane. Pour tromper l’ennui, chacun doit raconter une histoire. Le théâtre, les contes, les légendes, les fabliaux, les anecdotes historiques… Boccace fait feu de tout bois pour faire vivre cet ensemble de récits dynamiques et colorés qui a eu, depuis la fin du Moyen Âge, une influence décisive sur la culture européenne.

#14 L’Heptaméron de Marguerite de Navarre

Écrit sur le modèle de Boccace par la sœur du roi de France François Ier, L’Heptaméron laisse la plus belle part à la psychologie et aux relations entre les hommes et les femmes. Une lecture plaisante, subtilement subversive.

#15 Les Héroïdes d’Ovide

Les Héroïdes sont aussi appelées Lettres d’amour. Ovide y établit une correspondance imaginaire entre des personnages issus des mythes grecs et latins. Original, et amusant, ce recueil est un précis de mythologie plein d’esprit et d’inventivité.

#16 Les Vagues de Virginia Woolf

Dans ce roman, Virginia Woolf remet en cause des principes traditionnels de narration. On n’y trouve donc ni narrateur ni intrigue, mais plutôt le côtoiement de six consciences de l’enfance à l’âge adulte. La lecture est transcendée par la dimension poétique de l’œuvre. La vie des six personnages que l’on découvre dans ce parcours n’est pas exposée de façon conventionnelle. Ils sont l’un après l’autre explorés de l’intérieur de leur conscience, par la technique du monologue intérieur. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées.

#17 Chroniques du hasard d’Elena Ferrante

À travers ces cinquante et une chroniques, publiées de façon hebdomadaire dans le Guardian tout au long de l’année 2018, l’autrice à l’identité secrète, nous révèle beaucoup de sa personnalité. L’écriture sous contrainte devient l’occasion d’une créativité nouvelle laissant beaucoup de place à l’intuition. Au hasard de thèmes universels, se dessine un questionnement aigu de l’identité. Évoquant tour à tour la société, la politique, l’écriture, le cinéma, la ville, Elena Ferrante se raconte. Dans une introspection presque inédite, elle réfléchit aux liens familiaux, amicaux, à la maternité, toujours attentive à affirmer la puissance du féminin.

Romans d’amour

#18 Anguille sous roche d’Ali Zamir

Dans une parole directe, Ali Zamir nous entraine dans un monologue intime et percutant. Anguille, une jeune lycéenne tombe folle amoureuse de Vorace, un pêcheur de Mutsamudu, le village dans lequel elle habite avec son père Connaît-Tout et sa sœur Crotale. Une idylle, cachée, naitra entre eux. Une histoire secrète et interdite qui causera l’humiliation et la perte d’Anguille, qui malgré son absence de romantisme, se voyait déjà fiancée. Chassée de son village, elle décidera de se rendre clandestinement à Mayotte pour tout recommencer. Positive et déterminée, elle préfèrera se battre pour l’amour qui grandit dans son ventre plutôt que de se laisser piétiner. Elle refusera de faire l’anguille et affrontera, sa destinée et ses responsabilités. Mais le sort en a décidé autrement. La mer l’appelle et elle doit tirer son ultime révérence. Pourtant, elle réclame avec ferveur le droit de vivre, de continuer à laisser sa trace.

#19 Les Yeux bleus cheveux noirs de Marguerite Duras

C’est l’histoire d’un amour, le plus grand et plus terrifiant que Duras ait écrit. Une jeune femme au corps long et souple, un homme élégant, grand lui aussi. Ils se rencontrent un soir dans un café de la station balnéaire. Il est désespéré, à cause de quelqu’un qu’il a vu par hasard le jour même. Celui qu’il attendait depuis toujours et qu’il voulait revoir coûte que coûte : un jeune étranger aux yeux bleus cheveux noirs. Il demande à la jeune femme de venir dormir à son côté, dans la chambre nue qu’il habite face à la mer ; il la paiera. Elle accepte. S’ouvre alors une aventure intense et déchirante qui va les conduire l’un et l’autre au bord de la folie et de la mort.

#20 Ariane de Myriam Leroy

D’une justesse remarquable, ce roman nous plonge dans les sentiments intenses des amitiés adolescentes, la découverte du désir, l’amour qui frise l’obsession et la haine. Poignant.

Romans biographiques

#21 Les Rêveurs d’Isabelle Carré

Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. L’actrice y raconte l’histoire de sa famille et de son enfance, ou en tout cas l’histoire d’une famille et d’une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle écrit sur la «partie immergée de l’iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi sur son désir naissant de théâtre et de cinéma, sur ce que c’est qu’être une enfant, puis une mère à son tour. Elle nous confie des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort et de tendresse.

#22 Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

À la suite du suicide de sa mère, Delphine de Vigan, écrit sur celle-ci dans un roman en plusieurs parties mêlant l’enfance de Lucile et sa vie d’adulte . Dans ce roman qui fait office de réconciliation, elle alterne le récit par des chapitres où elle conte la vie de Lucile et d’autres où elle décrit ses propres recherches et son désarroi pour tenter d’achever ce projet qui l’obsède. L’autrice nous fait découvrir la bipolarité de sa mère, ainsi que les bouleversants drames familiaux qu’a vécus celle-ci.

#23 L’Art de la joie de Goliarda Sapienza

Ce roman-fleuve racontant la vie de Modesta, une jeune Sicilienne née au tournant du XXe siècle, est rapidement devenu culte en raison de la formidable liberté de pensée et de corps de son héroïne. Goliarda signe ici une invitation passionnée à cultiver en nous, au-delà des blessures intimes et des violences d’une époque, l’art de la joie.

#24 Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

Chanteur du groupe Dionysos, auteur, poète, Mathias Malzieu nous régale de l’inventivité de ses mots. Ce roman à base autobiographique nous entraîne tout en douceur dans le parcours initiatique du deuil impossible de sa mère, porté sur les épaule du géant Jack. Émotion et poésie au rendez-vous.

#25 Le Détour de Luce d’Eramo

À la fois biographie et roman sur la mémoire, Luce d’Eramo signe un chef-d’œuvre redécouvert par Le Tripode il y a peu. Véritable odyssée européenne du XXe siècle, nous suivons le destin étrange et étonnant de cette jeune italienne qui s’engage volontairement dans un camp de travail en 1943, monte une grève, s’évade… Un portrait intime et puissant d’une femme libre et complexe.

Romans sociaux

#26 Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari

Récompensé en 2012 par le prix Goncourt, Le Sermon sur la chute de Rome dresse un parallèle percutant entre le déclin d’un petit village corse et la chute de l’Empire romain à partir de 395. Dans une époque volontiers décliniste, ce livre nous rappelle que chaque homme est condamné au cours de sa vie à assister à la fin d’un monde.

#27 Chanson douce de Leila Slimani

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture.

#28 Lointain souvenir de la peau de Russell Banks

Plongée sociale au cœur des États-Unis auprès des délinquants fichés et exclus d’une société qui n’écoute pas les histoires individuelles et se concentre sur la condamnation judiciaire. Nous suivons l’histoire d’un tout jeune homme désœuvré et de sa rencontre avec un professeur d’université aux motivations inconnues…

#29 La Bête humaine d’Émile Zola

Chef-d’œuvre d’Émile Zola aux allures de roman noir. Meurtres, amours contrariés, violence et folie guettent. Laissez-vous entraîner par le rythme, le suspense, la psychologie des personnage, tous reliés par un train, la Lison, qui file entre Paris et Le Havre.

#30 Le Braconnier de Dieu de René Fallet

« Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché. »
Grégoire Quatresous est moine depuis qu’il s’est planqué dans un couvent pour échapper aux Allemands pendant la guerre. C’est sur le chemin du bureau de vote, en 1969, qu’il fait la rencontre de Muscade ; elle est jolie, vit sur une péniche, et à son contact la bure de Grégoire le gratte… Quatresous quitte le froc, retrouve Baboulot, se fait embaucher à la ferme Pejoux, retape le vieux tracteur, rencontre Jésus et profite des vins de Bourgogne…
Fallet, grand ami de Brassens et d’Audiard, est plus qu’un auteur à la plume populaire. Sous sa gouaille évidente se cache une vraie subtilité de caractères. Il y a de la poésie, de la finesse et de la bienveillance chez ces gens-là.

#31 Le Bateau-Usine de Takiji Kobayashi

Roman social saisissant , Le Bateau-Usine décrit le quotidien d’ouvriers et de pêcheurs japonais sur un cargo de pêche au crabe dans les années 1920 de la manière la plus intense, la plus imagée et, parfois, la plus éprouvante. À découvrir, indubitablement.

Romans méchants

#32 Heureux les heureux de Yasmina Reza

Fidèle au thème qui l’a fait connaître – les épiphénomènes relationnels dégénérant en conflits à couteaux tirés, Yasmina Reza le décline ici en plusieurs épisodes drolatiques, pour notre plus grand plaisir.

#33 Les Célibataires d’Henri de Montherlant

Dans Les Célibataires, Montherlant se propose un sujet audacieux, qu’il traite avec férocité : la médiocrité absolue. Ce roman est un exutoire à l’exaspération, trop bien connue hélas, que peut susciter la bêtise humaine.

#34 Tour d’ivoire de Patrice Jean

Comme dans la plupart de ses livres, Patrice Jean interroge ici les évolutions culturelles récentes de notre société. Son héros, conservateur et pessimiste, est confronté à l’échec de ses idéaux comme de sa vie. L’occasion pour l’auteur de nous régaler de scènes hilarantes et de brosser, d’une plume aiguisée, un portrait au vitriol de notre époque.

Chefs-d’œuvre du romantisme

#35 Adolphe de Benjamin Constant

Roman psychologique, voire moraliste, Adolphe est un chef-d’œuvre tout en concision et en élégance. La plume de Benjamin Constant est de celle qui nous révèle le génie caché de la langue et, à travers elle, notre rapport commun et pourtant intime aux sentiments et aux idées. C’est aussi une œuvre caractéristique de l’âge d’or du romantisme, l’histoire d’un amour impossible qui, comme c’est le cas en général, finit mal.

#36 Henri d’Ofterdingen de Novalis

Bréviaire du romantisme allemand naissant, Henri d’Ofterdingen est un roman initiatique et symbolique, dans lequel le héros réalise l’idéal des romantiques allemands : l’union du rêve et de la réalité, de l’homme et de la nature. C’est en référence à ce récit fondateur que naîtra ensuite l’expression « fleur bleue ».

Romans psychologiques

#37 La Confusion des sentiments de Stefan Zweig

Court récit explorant la relation entre un maître et son élève, Stefan Zweig explore ici l’homosexualité et la puissance des rapports de domination. Avec sa subtilité habituelle, Zweig nous plonge ici dans un fascinant portrait psychologique au cœur d’une passion coupable.

#38 Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable de Romain Gary

On ne sait pas exactement pourquoi Romain Gary s’est suicidé, en 1980. Cependant, le roman Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable, paru en 1975, jette une lumière différente sur ce tragique geste final. Dans ce livre, Gary traite un sujet méconnu : le déclin de la puissance masculine autour de la soixantaine, aussi appelée andropause. Pour ce séducteur, dont toute la vie atteste de la recherche de puissance, ce déclin physiologique entraine une détresse psychologique, comme un signe avant-coureur de la mort. Un livre touchant qui questionne intelligemment la construction – et la défaite – de la virilité.

#39 L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

Ce roman documentaire raconte l’affaire Jean-Claude Romand. C’est l’histoire d’un mensonge : celui d’un jeune homme qui n’ose pas avouer qu’il a échoué à l’examen d’entrée en médecine. Au fil des années, le mensonge devient de plus en plus difficile à tenir, jusqu’à l’explosion finale. À travers ce récit, Carrère nous parle aussi de l’adversaire que chacun de nous porte en lui.

#40 La Part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt

Et si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts de Vienne ? Qu’est-ce qui fait que nous devenons ou pas ce que nous sommes ? Avec cette double biographie fictive, Eric-Emmanuel Schmitt réussit deux portraits haletants de deux vies que tout oppose et qui sont pourtant le pendant potentiel l’une de l’autre.

#41 Oblomov d’Ivan Gontcharov

Seuls les Russes ont le talent de nous faire dévorer avec bonheur un roman de 800 pages en souhaitant qu’il ne s’arrête jamais. Gontcharov en fait ici la preuve éclatante en mettant en scène deux opposés : le paresseux et sensuel Oblomov, maître dans l’art de la procrastination et son ami Andrei, l’énergique travailleur, fer de lance du progrès. À travers cette opposition subtile et bienveillante, Gontcharov dresse le portrait d’un changement d’époque : la fin d’un monde rural aux coutumes inamovibles sous les coups de boutoir d’un progressisme industrieux et commerçant.

#42 Âme brisée d’Akira Mizubayashi

Autour d’une répétition interrompue à Tokyo par la police japonaise et d’un violon détruit, ce roman tisse des ponts sublimes entre le Japon et la France, la musique et la littérature, la grande et la petite histoire. Quête d’identité et reconstructions de l’histoire familiale sont au cœur de cette subtile symphonie à l’écriture et à la construction irréprochable.

Ce roman a reçu de nombreuses récompenses, dont le prix des librairies 2020.

#43 Le Pavillon d’or de Yukio Mishima

Récit d’un parcours initiatique hors du commun, Le Pavillon d’or étonne par son mélange de noirceur et de beauté. C’est par cet ouvrage que l’écrivain sulfureux Yukio Mishima a commencé son œuvre fascinante.

#44 La Mort d’Ivan Illitch de Tolstoï

Dans ce court roman, Tolstoï explore l’agonie avec sa méticulosité habituelle et son sens de l’observation inégalable. Tour à tour terrible et plein d’espérance, le récit est celui d’une introspection et d’un parachèvement.

Romans féériques

#45 Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov

Ce roman fantastique, tant par son contenu que par les circonstances peu communes de sa rédaction, semble réellement chargé de magie. L’action située à différentes époques, mêlant cultes sataniques, satire politique et historiographie biblique emporte le lecteur dans un voyage sensoriel et intellectuel. Le Maître et Marguerite ne se lit pas, il se vit. La puissance évocatoire de son auteur dérobe à nos yeux les mots pour nous entrainer, plus efficacement encore que le cinéma, dans un déluge d’images tout aussi inquiétant que jubilatoire.

#46 L’Enchanteur de René Barjavel

Plus connu pour ses romans de science-fiction (La Nuit des temps, Ravage, etc.), Barjavel reprend ici à son compte la légende arthurienne et fait de Merlin le personnage principal de son récit. Cette histoire merveilleuse, parfois féérique, est une oasis de poésie dans l’œuvre de Barjavel.

#47 Les Saisons de Maurice Pons

Les Saisons c’est l’arrivée d’un voyageur mystérieux dans une région mystérieuse. Dans cette vallée reculée deux saisons alternent ; quarante mois de pluie ininterrompue laissent place à quarante mois d’hiver sec et glacial. Et lui, notre voyageur, s’arrête dans un petit village de montagne où il se heurte à l’hostilité des habitants envers cet étranger qui veut tout savoir de leur vie. Leur seule richesse sont les lentilles, on les mange en bouillie, on les boit en alcool.
L’écriture de Maurice Pons est radicale et sensorielle, on en ressort avec le goût des lentilles sur le palais et les doigts gelés par l’hiver.

#48 L’homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirahk

L’auteur estonien réussit l’extraordinaire pari d’écrire une épopée aussi drôle que touchante, pleine d’aventure et de questionnement philosophique, emprunte de réalisme magique. Roman initiatique qui suit le parcours du dernier homme à être connecté à la nature et qui assiste à la fin de sa civilisation, il a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2014.

Romans d’enquête

#49 Un lieu incertain de Fred Vargas

Comme toujours, Fred Vargas nous ravit de ses intrigues policières et de la fluidité de son écriture. Nous retrouvons le commissaire Adamsberg qui cherche l’équilibre entre enquête et histoire familiale dans une épopée qui l’entraînera sur la piste des vampires de Transylvanie…

#50 Et on tuera tous les affreux de Boris Vian

Dans ce roman signé de son pseudonyme Vernon Sullivan, Boris Vian réussit mieux que jamais à allier le suspense d’une enquête à rebondissements et sa fantaisie naturelle, pour 200 pages de divertissement et de rire. On suivra avec bonheur les aventures de Rocky, dont l’unique objectif est de conserver son pucelage jusqu’à ses 20 ans, une mission pratiquement impossible dans cette intrigue sulfureuse.

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Dix pièces historiques

Le Souper de Jean-Claude Brisville

Après la chute de Napoléon, les redoutables Fouché et Talleyrand doivent s’entendre : quel forme de gouvernement faut-il donner à la France ?

Les secrets sont légions, les ambitions dévorantes. Le cynisme et les mots d’esprit sont au menu de ce souper, délicieux quoiqu’un brin amer.

L’Araignée de Rémi Delieutraz

En 1521, il y a exactement cinq siècles, les esprits s’accordaient sur une idée : le monde était sur le point de s’écrouler. Quelle attitude, dès lors, fallait-il adopter ? Sauver ce qui pouvait l’être au risque de l’immobilité ou tenter d’améliorer les choses au risque d’une précipitation de la catastrophe ?

Cette confrontation entre l’empereur Charles Quint et le moine Martin Luther est riche de réflexions pour les temps présents.

Marie Stuart de Friedrich Schiller

La reine d’Angleterre Elisabeth Tudor est en guerre contre sa cousine d’Écosse Marie Stuart. Leur rivalité personnelle, se mêlant à leur rivalité politique aura des conséquences effrayantes.

Schiller, l’un des maître du romantisme allemand conduit à la perfection cette lutte de tempéraments.

L’Aiglon d’Edmond Rostand

En traitant du destin dramatique du fils de Napoléon, l’auteur de Cyrano de Bergerac, trace un portrait juste et sensible d’un jeune homme écrasé par l’ombre de son père.

Notons que le rôle fut crée par Sarah Bernhardt.

Indomptable Sarah d’Isabelle Loisy

En cette année 1871, Sarah Bernhardt n’a qu’un objectif : devenir la plus grande comédienne du monde. Qui de mieux, pour l’y aider que Victor Hugo, tout juste revenu d’un long exil ?

La reprise de Ruy Blas est une occasion de rêve. Il lui faut la saisir à tout prix et persuader le vieil auteur qu’elle mérite la plus grande gloire.

L’art et la liberté sont au centre de cette pièce plaisante, agréable et documentée.

Le Système d’Antoine Rault

Sous la Régence, le financier John Law a une idée formidable pour sauver la France du marasme financier : l’émission de papier-monnaie.

Les esprits s’échauffent, le système de Law fait fureur jusqu’à ce que la bulle financière éclate, dans un mouvement de panique…

Les affres de l’Ancien Régime paraissent bien proches des nôtres sous la plume brillante d’Antoine Rault.

Kimpa Vita ou la fille d’Apolonia de Marc-Antoine Vumilia Muhindo

Au XVIIIe siècle dans un royaume du Kongo sous domination portuguaise, la prêtresse Kimpa Vita se bat pour sauver sa religion, savant mélange de christianisme et d’animisme.

Cette pièce subtile et originale lève le voile sur un épisode souvent méconnu de l’Histoire mondiale.

Becket de Jean Anouilh

Une histoire d’amitié, de trahison, de politique et de trahison dans l’Angleterre du XIIe siècle.

Comme T. S. Eliott et son Meurtre dans la cathédrale, Anouilh tisse autour de l’histoire de la rivalité mortelle du roi Henri II et de l’archevêque de Cantorbéry une de ses plus belles pièces.

Marie des Poules de Gérard Savoisien

Marie des Poules est une jeune fille de la campagne berrichonne, entrée au service de la grande George Sand. Le fils de la famille, Maurice, brillant oisif, tombera éperdument amoureux d’elle.

C’est un portrait d’un milieu, d’une époque, mais c’est surtout un portrait de femme, incroyablement juste et touchant.

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Diplomatie de Cyril Gély

Alors que les Alliés sont aux portes de Paris, le maréchal von Choltitz a reçu d’Hitler l’ordre de brûler toute la ville.

Il reçoit alors la visite de l’ambassadeur du Danemark qui va tenter de le faire renoncer à ce projet.

Les dialogues sont aiguisés et brillants dans cette confrontation tragique entre ces deux hommes aussi obstinés qu’énergiques.

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A lire Théâtre contemporain

Surprise parti, de Faustine Noguès

Surprise Parti de Faustine Noguès est une Comédie politique inspirée de faits réels dans laquelle on découvre le déroulé des élections municipales de Reykjavik de 2010 au cours desquelles s’est présenté Jon Gnarr, humoriste et musicien punk islandais.

Comme Coluche en 1981, il s’agit à l’origine d’un canular visant à dénoncer la langue de bois des politiciens mais Jon Gnarr et les personnes qui l’accompagnent, constatant que sa popularité grandit, décide de concourir réellement.

Sa proposition vise à défendre une autre façon de faire de la politique, plus punk et donc moins protocolaire mais surtout plus centrée sur le peuple et non sur l’attrait du pouvoir. Ces élections se déroulent à un moment clé et sensible pour l’Islande qui, en 2010, est en pleine sortie de crise économique.

Dans cette œuvre qui se présente comme un décompte pré et post élections, se mêlent faits réels et scènes plus fictionnelles bien qu’inspirés de la réalité. Il faudra lire l’œuvre pour savoir comment l’humoriste a fini par gagner les élections et a donc pu faire valoir sa vision politique au cours de son mandat.

Cette œuvre, brillamment écrite, dynamique, pertinente et pleine d’humour,  a l’intérêt de nous faire prendre connaissance d’un évènement historique majeur des plus inspirant mais aussi de nous offrir une vision des dessous d’une élection de cette envergure. L’envie d’en savoir plus nous prend dès les premières pages et la structure de la pièce ainsi que ses effets de style nous tiennent jusqu’à la dernière page.

Je recommande sans retenue ce coup de cœur théâtral !

Laura Peteiro

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A regarder L'auteur du mois

Rodolphe Corrion vous présente sa nouvelle pièce !

Rodolphe Corrion s’adonne une fois encore à son exercice préféré : la réécriture de la mythologie. Il excelle lorsqu’il s’agit d’extraire l’essence des personnages des mythes. Dans un tour de force brillant il les rend
terriblement contemporains et donne à l’histoire d’origine une modernité inattendue.

Ses personnages sont d’autant plus humains qu’ils ont été empruntés à des divinités ; leurs caractères sont tranchés, extrêmes, leurs comportements cinglants, parfois brutaux ou grossiers ; l’humour est noir mais soulage quand les émotions exercent trop de pression. Les relations n’en sont pas moins sincères et ces nouvelles histoires n’ont rien perdu de la force de la catharsis antique.

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A regarder L'auteur du mois

Stéphan Wojtowicz vous présente La Sainte Catherine, sa dernière pièce !

Il y a d’abord le grand Gilbert Grancouraud, sculpteur injustement méconnu, qui porte en haute estime son art et sa personne.
Il y a également le capitaine Martin Cazeaux, médecin-chef débordé, qui voue un profond respect à son uniforme, en général, et à ses galons, en particulier.
Il y a aussi Alphonse Plumet, pauvre poilu, simple soldat.
Et puis, il y a Catherine, les pieds sur terre et la tête sur les épaules.

Le capitaine et le sculpteur seraient probablement prêts à débattre de « l’Art de la guerre », ou encore de « la Guerre dans l’art », mais ils n’en
auront pas le loisir, trop préoccupés qu’ils sont à cultiver leur suffisance et se gonfler de leur orgueil.

Alphonse Plumet, lui, pense beaucoup à son pied qu’il a modestement offert au Chemin des Dames. Quant à Catherine… À l’heure où la « patrie reconnaissante » de peu de choses a imaginé de faire figurer un héros en place publique, baïonnette au poing et drapeau en avant, il est possible qu’il n’ait ni les traits d’un sculpteur, ni même ceux d’un capitaine. Et quitte à ériger une statue pour le soldat inconnu, autant qu’il soit méconnaissable pour ne faire de tort à personne.

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L'auteur du mois Théâtre contemporain

Les deux nouvelles pièces de Christian Siméon sont arrivées !

Deux pièces inédites de Christian Siméon furent présentées au festival L’Invitation aux voyages de Biarritz, en 2017 et 2018. Avec toujours autant de malice et de finesse Christian Siméon s’amuse avec l’histoire des icônes de l’art qu’il réinvente. On y parle de chant, de photographie, de performance, de la fin des années 1970 et d’aujourd’hui. Mais on parle avant tout de révolution par l’art et de révolution de l’art, de subversion, d’idées nouvelles et de la position de l’artiste dans son temps.

Sculpteur de formation, Christian Siméon est aussi l’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre. Ses pièces sont traduites et jouées en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis.

Revolution Kids : Entre le 23 juillet 1969 et le 9 mars 1989, entre rêve et réalité, l’histoire de deux gamins poètes et misérables, ambitieux et perdus, qui se rencontrent dans le New York bouillonnant et sexuel de la fin des années soixante. Et dans ces jours de toutes les révolutions, de tous les combats, ces deux gamins vont s’aimer, s’influencer, se soutenir et se battre pour devenir, contre toute attente, deux légendes : Patti Smith et Robert Mappelthorpe.

Antigone à Pékin : Elle trône face au public. Immobile sur une chaise. Elle a tout vécu. Tout risqué. Tant marché. Sa présence seule fait tomber les barrières et les masques et vous révèle tels que vous êtes au fond. Elle est l’art et fera de vous son matériau. Et vous le savez. Alors allez-y. Osez. Asseyez-vous devant elle. Plongez vos yeux dans les siens qui ont tant vu. Faites-le devant tout ce monde qui vous observe et pourtant ne voit qu’elle. Et vous entrerez dans l’œuvre. Vous deviendrez part de l’œuvre, cette œuvre qu’elle seule signera. Au risque de ne plus en revenir. Plus tout à fait. Plus jamais. Christian Siméon est lauréat du Molière de l’auteur francophone vivant en 2007.

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Théâtre contemporain

Neuf mouvements pour une cavale, de Guillaume Cayet

Neuf mouvements pour une cavale, nous raconte la violence. La violence de l’agonie d’un secteur agricole en détresse, la violence de la confrontation entre les autorités et ceux qui s’y opposent, et celle de la mort d’un homme abattu par les forces de l’ordre.

Jérôme Laronze a repris l’exploitation familiale dans un contexte morose pour tout le secteur. Déterminé à faire évoluer les pratiques de la production bovine, il refuse de se soumettre aux normes administratives et sanitaires européennes. Lors d’un ultime contrôle où ses bêtes doivent être saisies, l’éleveur prend la fuite durant 9 jours épuisants, avant d’être abattu dans le dos à bord de son véhicule par un des gendarmes chargés de la saisie.

La sœur de Jérôme essaie de comprendre comment elle a perdu son frère, et cherche dans les dernières années avant le drame, raconte l’intimité familiale, les combats du secteur, les étapes de la lutte acharnée avec les autorités, et surtout l’absence d’enquête sur l’homicide.

Structurée en neufs mouvements évoquant des actes ou les tâtonnements d’une enquête policière, la pièce monte en intensité jusqu’au drame annoncé.

S’attaquant à des faits réels et au sujet sensible des violences policières, Guillaume Cayet mêle brillamment le récit touchant d’une famille forte et désarmée et la rigueur de la reconstitution des faits. Cette pièce informée, argumentée et sensible fait honneur au rôle politique du théâtre.

Lucie Huber

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A lire Coups de coeur Théâtre contemporain

Du paillasson considéré du point de vue des hérissons, de Matéi Visniec

Les textes réunis dans ce recueil pourraient avoir comme sous-titre Scènes de folie et de tendresse dans le monde d’aujourd’hui et depuis toujours.

Avec toute la finesse de son écriture, Matéi Visniec nous encourage à explorer ce qu’il nomme lui-même le « théâtre vague », au travers d’une suite de tableaux, de « miroirs humains brisés ». Ce sont autant de scènes du quotidien qui repoussent les limites du réel en jouant d’un absurde aux ambiances oniriques.

Avec bienveillance et une certaine curiosité sociale, Matéi Visniec interroge le monde d’aujourd’hui au travers de situations dont la puissance révélatrice se dégage de leur caractère anodin en apparence.

Une vieille dame seule dans un restaurant de bord de mer ; un piano mystérieux qui perturbe le quotidien des résidents d’une rue piétonne ; un commissaire, timide et maladroit, l’assassin et ses victimes qui parlent sereinement, comme s’ils étaient tous complices de quelque chose qui les dépassent ; des rencontres, des oublis, des interrogatoires, la guerre, les paillassons, l’herbe, les barbelés, bref, l’humanité tout entière, vue par les hérissons.

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