Catégories
Le théâtre de la jeunesse

Nominations pour le Prix Collidram

Le Prix Collidram est un prix national de littérature dramatique, qui s’adresse aux élèves de collèges de la 6e à la 3e. Quatre textes sont sélectionnés pour son édition 2020. La Librairie Théâtrale propose aux lecteurs jeunes et moins jeunes, de découvrir ces pièces plus en détails et d’élire sa favorite.

Mille ans, de Marc-Antoine Cyr, éditions Quartett

Depuis quelques jours d’étranges choses se passaient à Diamezek. La gazette en tenait le compte – et nous laissait chaque fois dans l’étonnement. Le vieil Auguste un de ces quatre matins avait trouvé au fond du puits toutes les pommes de son verger. Les trois vieilles couturières, venant acheter leur bobine, avaient découvert par terre au milieu de l’avenue, des pattes de sauterelles et des ailes de papillons bleus – arrachées. Personne n’avait trouvé de quelle lanterne éclairer ces mystères – ni comment prévoir ce qui nous attendrait demain. Pourtant le soleil remplaçait la lune et après l’inverse – la marée montait pour après redescendre – on arrivait encore à croire que tout irait d’équerre et d’aplomb. Milan se levait chaque jour à l’heure – mais traînait sur sa face un petit sourire – un peu mystère un peu rictus – allez comprendre.

Blanche-Neige, histoire d’un Prince, de Marie Dilasser, Les Solitaires Intempestifs

Chez Marie Dilasser, le récit commence après le conte. Le mariage est consommé et la paresse s’est installée dans ce couple qui occupe désormais un royaume abandonné, aux airs de fin du monde. L’originalité de ce texte réside dans la langue singulière de l’autrice, dont la farce crue, rappelle l’univers d’Alfred Jarry. Longtemps considéré comme un conte initiatique féminin, chez Marie Dilasser, Blanche-Neige est relayée au second plan. Pour une fois, le Prince prend le pas sur l’illustre princesse.

Tout ça tout ça, de Gwénoline Soublin, éditions Espaces 34

C’est l’été. La radio crie ses scoops. La télé compile ses buzz. Ehsan, douze ans, a disparu. Un petit mot posé sur son lit dit son encombrement face à un monde où la banquise fond, où les ours blancs vivent dans les hypermarchés et où les terroristes mitraillent. Sa petite sœur Chalipa, Samantha la baby-sitter, ainsi que deux alliés de choix, le tout petit Nelson et le débonnaire Salvador, cherchent à le retrouver. Ils se livrent à une enquête imaginant Eshan enfermé dans le bunker du jardin de sa maison ou, pire, ayant définitivement dit ciao au monde. Comment le retrouver avant de devoir prévenir les adultes ?

Fake, de Claudine Galea, éditions Espaces 34

Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais avec lequel elle communique sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. Elles se parlent, elles soliloquent, elles rêvent, elles se piègent dans leurs propres sentiments, leurs aspirations, leurs propres troubles. L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

Catégories
L'auteur du mois

La Journée des écritures théâtrales jeunesse avec Suzanne Lebeau

Aujourd’hui, lundi 1er juin 2020, se déroule la sixième édition de la Journée des écritures théâtrales jeunesse. Partout en France et ailleurs, est célébrée la vitalité des écritures théâtrales pour l’enfance et la jeunesse. Une occasion de partager le plaisir de lire et d’entendre les auteurs qui parlent du monde et aident à grandir. Chaque année, un auteur ou une autrice accompagne la mise en place du 1er juin et lui donne un élan, une couleur. Prenant la suite de Dominique Richard, c’est l’autrice québécoise Suzanne Lebeau qui marraine l’édition 2020 du 1er juin.

À cette occasion, La Librairie Théâtrale partage avec vous quelques pièces de Suzanne Lebeau. Des coups de cœur à découvrir rapidement.

L’Ogrelet À partir de 8 ans

En parvenant à changer sa nature féroce, Suzanne Lebeau revisite le personnage de l’ogre en lui offrant un visage humain. Simon est un ogrelet de six ans. Même s’il ne mange jamais de viande, il est grand et fort. Il vit avec sa mère dans la forêt, qui le protège, depuis toujours de la vue du rouge. Sa mère ne veut pas qu’il se perde dans des pulsions dévorantes et finisse comme son père. Simon est obéissant et responsable, jusqu’au jour où il décide de vaincre le goût du sang en passant les trois épreuves qui guérissent l’ogreté.

Le bruit des os qui craquent À partir de 13 ans

Le bruit des os qui craquent est un texte à deux voix. Elikia est kidnappée à 10 ans. Transformée en enfant soldat à 13 ans, elle fuira les camps rebelles avec le petit Joseph, un compagnon de route qui l’aidera à échapper à sa condition et à retrouver espoir. Joseph et Elikia vivent la fuite, les doutes, les peurs et le retour à une vie civile, civilisée, où les enfants peuvent grandir comme des enfants. Angelina, l’infirmière qui les reçoit à l’hôpital où ils se réfugient, mettra en perspective cette réalité douloureuse et ouvrira la fenêtre sur une lumière incertaine. Un texte poignant et percutant qui met en lumière une réalité douloureuse. Comment soigner les blessures qui ne saignent pas ?

Contes d’enfants réels À partir de 8 ans

Ces courts contes, à jouer, mettent enfants et adultes face à face, dos à dos dans des situations qui oscillent entre le ludique et le dramatique, l’insolite et le quotidien, le rêve et la réalité, la poésie et le théâtre. Cinq contes d’enfants réels drôles, impertinents, toujours émouvants et touchants. L’écriture débridée explore la diversité des sentiments et des émotions que vivent les enfants avec les adultes.

Souliers de sable À partir de 4 ans

Avec Souliers de sable, Suzanne Lebeau s’adresse avec malice aux petits pour révéler ce qui se cache derrière leurs peurs. Elle permet aux plus grands d’interroger la place de l’enfant dans le monde. Élise et Léo, repliés sur eux-mêmes dans leur petit intérieur douillet, sont effrayés par le monde extérieur et sa dose d’inconnu. Sortir est une aventure, effrayante, qui sera provoquée par la fuite de souliers intenables, trop engoncés dans cette maison-cage. Le Grand Livre du dehors sous le bras, Élise partira dans une course folle à la poursuite de Léo, le premier à avoir franchi la porte.

Gretel et Hansel À partir de 8 ans

Dans une relecture d’Hansel et Gretel, le célèbre conte des frères Grimm, Suzanne Lebeau dialogue avec sa propre enfance et avec les enfants qu’elle voit grandir autour d’elle. Elle évoque le désir puissant et rarement avoué d’être l’unique objet de l’amour des parents. Le choc existentiel que provoque l’arrivée d’un deuxième, fait naître une relation amour-haine, aussi délicieuse que troublante. Par la voix d’un théâtre audacieux, le conte, qui permet tous les excès et tous les possibles, place les personnages dans des situations extrêmes. Pauvreté, abandon dans la forêt, risque d’être dévoré. Le lien fraternel est durement mis à l’épreuve, jusqu’au paradoxe.

Catégories
Parlez-nous de théâtre !

Parlez-nous de théâtre #7 Laëtitia Guédon

Laëtitia Guédon se forme à l’école du Studio d’Asnières en tant que comédienne, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en mise en scène. Elle fonde en 2006 la compagnie 0,10 et dirige de 2009 à 2014 le festival Au féminin à Paris. Son premier spectacle Bintou de Koffi Kwahulé (en résidence au TGP de Saint-Denis) se crée en 2009 à la Chapelle du Verbe Incarné à Avignon, où il remporte le prix de la Presse. Elle est nommée en 2016 à la direction des Plateaux Sauvages, fabrique artistique et culturelle de la Ville de Paris, où elle accompagne des artistes professionnels dans le développement de leur projet. Ce lieu, au carrefour de la création professionnelle et de la transmission artistique, est une pépinière de talents ouverte à tous les publics. Elle enseigne par ailleurs à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. En 2020, elle devait créer Penthésilé·e·s/Amazonomachies sur le mythe de Penthésilée, dont elle confiera l’écriture à Marie Dilasser, lors de la 74e édition du festival d’Avignon.

1.La pièce de confinement : Penthésilé·e·s/Amazonomachies, de Marie Dilasser

2. Un auteur : Koffi Kwahulé

3. Une autrice : Marie Dilasser / Carole Thibaut

4. La dernière pièce vue : Des Putains meurtrières, de Roberto Bolaño par Julie Recoing

5. La claque dramatique : Attila, de Corneille

6. Une réplique marquante : Dans Samo, Tribute to Basquiat, de Koffi Kwahulé, « Toujours la même vieille merde »

7. Un lieu théâtral : Les Plateaux Sauvages

8. Le personnage de théâtre qu’elle voudrait être : La Bintou, chez Koffi Kwahulé

9. La pièce à offrir : Une pièce de Marie Dilasser ou de Koffi Kwahulé

10. La pièce pour initier quelqu’un au théâtre : Une pièce de Wajdi Mouawad

Catégories
Parlez-nous de théâtre !

Parlez-nous de théâtre #6 Thierry Illouz

Avocat spécialisé en droit pénal et social, Thierry Illouz est romancier et auteur de théâtre, il fait partie des jeunes auteurs révélés par le festival d’Avignon. Son premier texte de théâtre : J’ai tout (Buchet-Chastel, 2005), lu pour France Culture dans le cadre de Texte nu par Charles Berling en 2000, campe le délire d’un homme dont l’univers social et affectif s’effondre mais qui dénie magistralement cette réalité en s’offrant la représentation fantasmatique de sa puissance. Il est mis en scène par Jean-Michel Ribes et présenté au théâtre du Rond-Point en 2007. Par ailleurs, Thierry Illouz écrit aussi en collaboration avec Marie Nimier des textes pour le chanteur Lokua Kanza.

1.La pièce de confinement : En attendant Godot, de Samuel Beckett / Fin de partie, de Samuel Beckett

2. Un auteur : Racine

3. Une autrice : Nathalie Sarraute et Marguerite Duras

4. La dernière pièce vue : Padre et Madre, d’Angélica Liddell / Kadoc, de Rémi De Vos

5. La claque dramatique : 4.48 Psychose, de Sarah Kane, mis en scène par Claude Régy

6. Une réplique marquante : « Madame : le seul bruit d’une mort que j’implore / Vous fera souvenir que je vivais encore. », dans Bérénice, de Racine

7. Un lieu théâtral : Le théâtre du Rond-Point

8. Le personnage de théâtre qu’il voudrait être : Antigone, de Sophocle et Don Juan, de Molière

9. La pièce à offrir : Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

10. La pièce pour initier quelqu’un au théâtre : La Cantatrice chauve, d’Eugène Ionesco

Catégories
Parlez-nous de théâtre !

Parlez-nous de théâtre #5 – Solenn Denis

Solenn Denis est auteure, metteuse en scène et comédienne. En 2010 suite à sa rencontre avec le comédien et metteur en scène Erwan Daouphars nait le Collectif Denisyak. Un hydre à deux têtes, qui s’accoquine, de création en création, avec différents artistes, qui se mettent en action autour de l’écriture de Solenn et de ses pièces de théâtre à peine nées.

1.La pièce de confinement : Les Barbelés, d’Annick Lefebvre

2. Un auteur : Marius von Mayenburg

3. Une autrice : Clémence Weill

4. La dernière pièce vue : Nous sommes repus mais pas repentis, par Séverine Chavrier, adapté de Thomas Bernhard

5. La claque dramatique : Moeder, de Peeping Tom

6. Une réplique marquante : « Moi, je ne veux pas être comme les autres. Moi, je veux croire plus que les autres. Je veux pardonner plus que les autres. Rire, chanter, courir, plus que les autres. Je dis pas que je veux être meilleur que les autres. Je m’en fiche. Je veux être meilleur que moi même. Je veux être super vivant », Bouli Miro, de Fabrice Melquiot

7. Un lieu théâtral: Le TNBA à Bordeaux, le Théâtre des Îlets à Montluçon, La Passerelle à Saint Brieuc

8. Le personnage de théâtre qu’elle voudrait être: le personnage de 4.48 Psychose, de Sarah Kane

9. La pièce à offrir: Agamemnon, de Rodrigo Garcia

10. La pièce pour initier quelqu’un au théâtre: Le jeu d’histoires libres, de Fabrice Melquiot

Catégories
Quarante pièces pour votre quarantaine

J’ai trop peur et J’ai trop d’amis, de David Lescot

En 2014 paraît, J’ai trop peur, de David Lescot, sa première pièce sur l’enfance, à destination de la jeunesse. Les grandes vacances ne sont pas synonyme d’insouciance, de soleil et de plaisir pour tous les enfants. Le personnage principal de J’ai trop peur, est un petit garçon d’une dizaine d’années. Il s’apprête à passer son dernier été d’écolier avant de rejoindre le collège. Un passage redouté, qu’il appréhende chaque jour avec angoisse et apriori. Avec ce parcours initiatique nécessaire, David Lescot s’amuse avec réalisme, utilisant un humour cruel, connu des enfants. Une pensée particulière pour le personnage tordant de la petite soeur.

Six années plus tard, nous retrouvons ce petit terrorisé, le jour de sa rentrée en sixième. Dans J’ai trop d’amis, nous suivons les premiers pas et l’intégration de ce garçon projeté dans l’inconnu. Avec ce texte, David Lescot poursuit sa sensibilisation aux différentes étapes de l’enfance. Maintenant qu’il a appris à gérer et à surmonter ses peurs, le jeune garçon devra s’imposer face aux garçons et aux filles. L’humour passe toujours par le langage. Au collège, tout est formulé au premier degrés. Les adolescents s’expriment avec sérieux et gravité, il en va de leur popularité.

Catégories
Quarante pièces pour votre quarantaine

Son parfum d’avalanche, de Dominique Paquet

Son parfum d’avalanche, de Dominique Paquet est une pièce de théâtre singulière. L’auteure écrit un texte poétique et philosophique, autour d’un univers sensoriel, dans lequel les enfants rêvent, imaginent et fantasment sur un extérieur inconnu. Ils explorent les espaces intérieurs et extérieurs de l’enfance et mènent une réflexion sur les sens, comme moyen de découverte de l’autre et du monde.

Tyrse et Azou sont deux enfants qui vivent dans des bulles de verre, dont ils ne sortent que pour observer le dehors, en se posant sur le bord de la fenêtre. Deux enfants qui ont peur de l’air qui brûle, de la tendresse des mots, de l’amour parentale. Un matin, une fille les rejoint. Azou n’a jamais vu de garçon. Sur sa peau, on peut encore voir les traces que dessinent les vagues. Semblable à une sirène, Azou vient des profondeurs de la mer. Les docteurs l’ont vidée de toute son eau avant de la déposer dans sa bulle. Ensemble et unis, les trois enfants découvriront les plaisirs des corps, des peaux frôlées et s’ouvriront à un monde qui leur était jusqu’à lors inconnu.

Catégories
Quarante pièces pour votre quarantaine

Le Coeur a ses saisons, d’Antonio Carmona

Le cœur a ses saisons, d’Antonio Carmona est une histoire d’amour entre Jean, un jeune garçon qui veut devenir écrivain et Emma une jeune fille sourde. Au fil des saisons, ils joueront le jeu de la vie à deux. Un jeu amusant qui enterre la réalité douloureuse, mais ne peut pas lutter contre le temps qui passe.

Jean est un garçon sensible, patient et persévérant. Il aimerait poser ses mots d’amour sur sa bouche à elle. Elle, qui ne prend pas de gants et dont les remarques fusent et bombardent l’autre. Elle n’aime pas les garçons qui l’aime et a une mère qui lui fait voir des étoiles. Ensemble ils joueront au jeu de l’amour. Au jeu du couple qui partage un quotidien, monte un restaurant, cuisine, travaille dur, se déguise en adulte. Un couple qui s’usera face aux saisons qui défilent. Les deux amoureux taquins et débordants d’imagination laisseront leurs places à deux adultes glaçants, loin du ludisme de l’enfance.

L’écriture d’Antonio Carmona est tendre, piquante et habile. Il entre dans le jeu de ses personnages et s’amuse avec les métaphores, jongle avec l’orthographe et sème le doute.

Jean et Emma grandissent ils réellement ou n’est-ce qu’une grande partie d’un jeu qui nous dépasse et qui les dépasse eux-mêmes ?

Catégories
Parlez-nous de théâtre !

Parlez-nous de théâtre ! 3

Comédienne et metteuse en scène, Cécile Backès est une ancienne élève d’Antoine Vitez à l’Ecole du Théâtre national de Chaillot. Elle travaille en Lorraine depuis 1990, aux côtés de Charles Tordjman au Théâtre de la Manufacture, CDN Nancy Lorraine, et de Michel Didym pour la création et les premières éditions de la Mousson d’Eté (1993-1997).
Depuis 2014, elle dirige La Comédie de Béthune, CDN Nord-Pas-De-Calais.

LA VOIX DU NORD / PHOTO LUDOVIC MAILLARD

1.La pièce de confinement : Amsterdam, de Maya Arad Yasur

2. Un auteur : Bertolt Brecht

3. Une autrice : Magali Mougel, Mariette Navarro

4. La dernière pièce vue : The White dog, de la Compagnie Anges au plafond

5. La claque dramatique :

. Nelken, de Pina Bausch

. Lucrèce Borgia, de Victor Hugo par Antoine Vitez

. La Nuit des rois, de William Shakesperare par Christoph Marthaler

. Tristesse animal noir, d’Anja Hilling par Stanislas Nordey

6. Une réplique marquante : Dans L’Échange, de Paul Claudel « « Le théâtre. Vous ne savez pas ce que c’est ? Il y a la scène et la salle. Tout étant clos, les gens viennent là le soir, et ils sont assis par rangées les uns derrière les autres, regardant. Quoi ? Qu’est-ce qu’ils regardent, puisque tout est fermé ? Ils regardent le rideau de la scène. Et ce qu’il y a derrière quand il est levé. Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c’était vrai. C’est comme les rêves que l’on fait quand on dort. C’est ainsi qu’ils viennent au théâtre la nuit. »

7. Un lieu théâtral

Le Cloître des Carmes à Avignon, le Studio de la Comédie-Française, la Comédie de Béthune

8. Le personnage de théâtre qu’il voudrait être

Antonia, dans Le Jardin d’Anja Hilling

Chen Té, dans La Bonne Âme du Se-Tchouan, de Bertold Brecht

9. La pièce à offrir

Suzy Storck, de Magali Mougel

10. La pièce pour initier quelqu’un au théâtre

La Truite, de Baptiste Amann

Catégories
Quarante pièces pour votre quarantaine

À trop presser les nuages, de Philippe Gauthier

Dans À trop presser les nuages, Philippe Gauthier nous dresse le portrait d’une enfant originale, rusée et mature. Une fillette qui fuit la violente réalité des adultes, pour ne pas être l’objet des autres et pour se prouver à elle-même sa capacité d’être.

Kady est une enfant de neuf ans, au fort caractère. Singulière et rêveuse, elle se moque de sa spécificité qui l’isole des autres enfants de l’école. Elle regarde les flaques d’eau pour voir un morceau de monde à l’envers, car le monde à l’endroit donne le vertige. Elle tente de marcher sur la tête et câline le platane de la cour, qu’elle a rebaptisé Bernard. À l’école, tout le monde chantonne qu’elle est tarée. Même Gédéon, qui intrigué et séduit par Kady, finira par entrer dans son jeu. Il la suivra dans ses rituels, crachera par terre, militera pour la protection de Bernard et contemplera les mondes à l’envers et multicolores, dans le jus des nuages.

Les relations humaines sont au cœur de cette pièce de Philippe Gauthier. En nous plongeant dans une intimité tendre et fragile, il délivre un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il rend hommage à la fantaisie et à l’imagination débordante de l’enfant, qui pour se protéger, s’invente des mondes, au-delà des frontières du perceptible.