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Les pièces qui ont brillé aux Molières

Molière du Théâtre privé : Comme il vous plaira, de William Shakespeare, mise en scène Léna Bréban.

À la suite d’invraisemblables intrigues où s’accumulent désirs, haines et ambitions se trouvent exilés dans le bois d’Ardennes un duc déchu et sa suite. Ils joueront au jeu éternel des assemblages amoureux, faisant fi des genres et des convenances.  Aventure, amour, désir, amitié, passion, jalousie sont au rendez-vous !

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé
et Molière de la Comédie
: Berlin Berlin, de Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras

Berlin-Est. Emma et Ludwig veulent s’enfuir et passer à l’Ouest. Emma se fait engager comme aide-soignante chez Werner Hofmann pour s’occuper de sa vieille mère sénile. Elle n’est pas là par hasard, cet appartement possède un passage secret qui mène de l’autre côté du Mur… Berlin Berlin, la comédie qui fait décidément tomber tous les murs !

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public :
Jacques Gamblin dans Harvey, de Mary Chase, mise en scène Laurent Pelly

Avoir un ami imaginaire lorsqu’on est enfant peut paraître normal, voire attachant ; à l’âge adulte, le phénomène semble, d’emblée, beaucoup plus inquiétant. A 40 ans révolus, Elwood passe le plus clair de son temps avec Harvey, un lapin blanc invisible aux yeux de tous, mais qu’il tient à présenter à quiconque croise sa route.  Décalage et poésie garantis !

Molière du Metteur en scène dans un spectacle de Théâtre public :
Christian Hecq et Valérie Lesort pour Le Voyage de Gulliver, d’après Jonathan Swift.

Débarqué sur l’île de Lilliput, Gulliver apparaît tel un géant aux yeux des minuscules créatures qui l’habitent. Il doit prendre part au conflit qui oppose les Lilliputiens aux Blefescus, leurs voisins, au sujet de la façon de manger les oeufs à la coque… Un bijou d’humour et de finesse !

Molière du Jeune public :
J’ai trop d’amis, de David Lescot

Vous vous souvenez ? Vous avez eu très peur d’entrer en 6e, et ça vous a gâché vos grandes vacances. Et puis la rentrée est arrivée, et brusquement vous n’avez plus eu peur. C’est là que les vrais problèmes ont commencé…

Molière du seul en scène :
La métamorphose des cigognes, de Marc Arnaud

 Il a une mission, un projet, un devoir : faire un enfant par fécondation in vitro. Pendant une heure, l’homme se retrouve seul face à son gobelet vide, s’efforçant de suivre le protocole qui lui permettra d’être père. Fine et audacieuse, cette pièce navigue avec bonheur entre le trivial et le poétique.

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Coups de coeur L'auteur du mois Théâtre contemporain Vie de la librairie

Le finaliste du Prix de la Librairie Théâtrale…

Valérie Lesort, Arthur Jugnot, Stanislas Nordey, Laëtitia Guédon, Thibaud Houdinière, Nicole Genovese, Philippe Calvario se sont réunis le mardi 24 mai sous la présidence de Macha Makeïeff à la Librairie Théâtrale

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Coups de coeur Théâtre contemporain

Les 10 finalistes du Prix de la Librairie Théâtrale

Le Prix de la Librairie Thêatrale se tiendra le mardi 24 mai 2022 à la Librairie Thêatrale au 3 rue de Marivaux 75002 Paris. Un Prix ayant pour but de valoriser le travail des auteurs parus en 2021. Un jury présidé par Macha Makeïeff Directrice du Théâtre de La Criée, Théâtre national de Marseille, élira le lauréat de l’édition 2022.

Surexpositions (Patrick Dewaere), de Marion Aubert – Actes Sud

Cette pièce n’est pas un biopic, mais une embardée dans la vie et l’œuvre de Patrick Dewaere. L’acteur, sous le regard des autres, proches ou inconnus, brille, brûle, se brise et se transforme, est révélé, et révèle une époque – celle où le patriarcat commence à vaciller. À travers la figure de Dewaere, ses fulgurances, ses éclats, ses béances, Marion Aubert parle en creux de l’art de l’acteur, de la façon dont il prend en charge nos propres malaises, et les hisse, parfois, jusqu’au sublime.

J’ai toujours voulu faire bien, de Claire Bosse-Platière – L’Echappée Belle

Cette femme se réveille amnésique sur un lit d’hôpital. Elle reconnaît le visage de Cet homme à son chevet. Elle l’aime, mais ne se souvient de rien d’autre. Elle ne reconnait pas son appartement, n’a plus de contacts avec sa famille ou ses amis, plus de travail, plus de portable, rien. Démarre sa lutte acharnée pour comprendre, retrouver ses proches, regagner sa liberté. Elle nous transporte dans une histoire tissée par trois personnages, où dansent horreur et humanité. Une plongée au cœur du fléau de la violence conjugale, entre documentaire et fiction, récit et action, corps et émotion.

D’autres mondes, de Frédéric Sonntag  – Éditions Théâtrales

Au début des années 1960, un physicien français au génie précoce et un auteur de science-fiction soviétique à l’imagination féconde travaillent sans le savoir sur le même concept : l’existence d’univers parallèles au nôtre, qui expliquerait la nature même de notre réalité. Quelques décennies plus tard, leurs enfants – le leader d’un groupe de rock renommé et une futurologue médiatique – sont chacun hantés par l’héritage paternel et confrontés au même moment à d’étranges événements… 

La dernière nuit du monde, de Laurent Gaudé  – Actes Sud

Et si nous en finissions avec la nuit ? Si, enfin, notre planète fonctionnait 24h/24, sept jours sur sept, grâce à l’invention d’une pilule révolutionnaire ? En partant de ce postulat Laurent Gaudé nous entraîne dans une histoire aux allures de série, où le personnage principal se met à enquêter sur la disparition de sa femme. Dans un monde maintenu en éveil par le néo-libéralisme, il croise le rouleau compresseur des sociétés marchandes, des gouvernements affaiblis, mais également une résistance incarnée par un étrange enfant-oracle ou le Mouvement Nuit Noire…

Pour un temps soit peu ; transe, de Laurene Marx – Éditions Théâtrales

Dans Pour un temps soit peu, une femme s’adresse au public et raconte sa transition. La prise de conscience d’avoir été assignée au mauvais genre, les démarches médicales et la prise d’hormones, le changement d’état civil, les relations amicales et amoureuses, les rencontres, sont autant d’étapes sur le parcours de cette femme. Sans détour, elle aborde également la violence subie dans son corps et celle que la société hétéronormée lui renvoie sans cesse.

Kingdom ; arctique ; tristesses, d’Anne-Cécile Vandalem – Actes Sud-Papiers

Arctique : En 2025, quelque part entre le Danemark et le Groenland, six inconnus embarquent clandestinement à bord d’un ancien navire de croisière de luxe, attirés par une lettre anonyme. En chemin, le bateau qui les remorque les abandonne en haute mer. Ceux-ci vont alors errer dans les eaux internationales jusqu’à se retrouver prisonniers des glaces…

Tristesses : En 2016, l’Europe subit une montée puissante des partis d’extrême droite. Parmi eux, le parti du Réveil populaire, dirigé par Martha Heiger, est en train de prendre le contrôle d’une partie des pays du Nord. Sur l’île de Tristesses, la mère de Martha est retrouvée pendue au drapeau du Danemark. À l’occasion des funérailles, la venue de la dirigeante est annoncée. Sa présence va bouleverser les rapports entre les derniers huit habitants de l’île…

Kingdom : L’histoire de deux familles qui se sont extraites du monde moderne pour vivre en paix avec la nature. Mais au bout de quelques années passées dans un environnement aussi hostile que merveilleux, les méfiances et les ressentiments débordent. Le partage du territoire est jugé inéquitable et le sort semble s’acharner sur l’une des deux familles. Les coutumes des uns et les pratiques des autres mettent en péril l’équilibre déjà fragile de cette nouvelle société…

Deux amis, de Pascal Rambert – Solitaires Intempestifs

Deux amis : c’est un couple Stanislas Nordey et Charles Berling vivant ensemble et travaillant ensemble qui remontent comme l’avait fait Antoine Vitez avec les quatre Molière (Le Misanthrope, L’École des femmes, Tartuffe et Dom Juan) de la manière que l’avait fait lui-même Molière et Antoine avec une table deux chaises et un bâton. Pendant la répétition et les questions de préparation du travail Stanislas lit comme cela nous arrivera à tous sur le portable de Charles un sms qu’il n’aurait pas dû lire. À partir de là c’est l’explosion ultra-violente en direct et en temps réel d’un couple d’artistes. 

Les Forteresses, de Gurshad Shaheman – Les Solitaires Intempestifs

Gurshad Shaheman évoque son histoire personnelle ou plus exactement l’histoire des femmes de sa famille. À partir d’interviews de sa mère et de ses deux tantes, il a écrit trois monologues entrelacés. Toutes trois nées en Iran à la fin des années 1950, militantes de gauche, elles ont participé à la révolution de 1979, connu la désillusion après l’islamisation du pays, vécu huit ans de guerre contre l’Irak… Puis, dans les années 90, deux d’entre elles ont décidé de quitter l’Iran : l’ainée partie pour la France et sa sœur cadette partie pour l’Allemagne. La dernière est restée en Iran. Une seule et même famille, séparée aux quatre coins du monde. Des histoires de femmes, des histoires intimes, des portraits sous forme de miniatures persanes, qui font la grande histoire de l’humanité.

La Réponse des hommes, de Tiphaine Raffier – L’Avant-Scène Théâtre

Pour Tiphaine Raffier, le théâtre est ce “lieu qui peut à la fois séparer et réconcilier les êtres”, confronter la réflexion morale aux nécessités et aux urgences de la vie concrète. Ici elle s’attaque aux œuvres de Miséricorde, ces actions de bienfaisance que se doit d’accomplir chaque chrétien (accueillir les étrangers, donner à boire aux assoiffés, assister les malades, visiter les prisonniers…). En neuf tableaux, Tiphaine Raffier, loin de tout prosélytisme, nous interroge sur nos choix et convoque notre empathie tout en nous poussant dans nos retranchements : sommes-nous prêts à aller jusqu’au bout de nos engagements ? Sur quelle échelle de valeur morale situons-nous nos actes ? Qu’est-ce qui relève de la morale, de la justice ? C’est à cet endroit, cet imperceptible interstice où action et réflexion se croisent, que se situe le travail de Tiphaine Raffier.

Des étoiles dans les branches , de Mario Batista  – Les Cygnes

En 1851, Napoléon III décide de « transporter » les bagnards de métropole vers la Guyane. C’est trois ans après l’abolition de l’esclavage (1848) et l’objectif premier de cette « transportation » est de remplacer les esclaves par une main d’œuvre gratuite qui vient dédommager les élites locales, et participer à la construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de la colonie. C’est ainsi que succède à l’histoire terrible de l’esclavage, une autre logique d’asservissement, qui n’est pas très éloignée de ce qu’on peut observer aujourd’hui de part et d’autre du monde. Ce texte est donc une histoire du bagne en Guyane, vu à travers le regard de trois personnages, deux hommes et une femme. C’est une sorte de roman d’aventures, où les éléments de contexte sont tous historiquement vrais. C’est aussi un hommage à la Guyane et aux Guyanais, que je côtoie depuis presque dix ans, au gré de nos aventures théâtrales.

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L'auteur du mois

10 anecdotes surprenantes que vous ignorez sans doute sur Molière

Le 15 janvier 2022, nous fêtons les 400 ans de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.

Célébrons comme il se doit ce dramaturge indémodable, dont l’humour et le talent ont façonné et continuent d’influencer l’esprit français. Voici 10 anecdotes méconnues sur la vie de l’auteur du Misanthrope.

1 – Molière, qu’ès aquo ?

D’où viendrait le nom de Molière ? Beaucoup de lieux-dits situés à proximité de sites de meulières portent le nom de Molière. Molière a donc choisi un nom champêtre comme c’était l’usage chez les comédiens de son temps au moment de choisir leur « nom de guerre ».

2 – Les écrits ne restent pas

Il n’existe aucune note manuscrite de Molière. Cette absence de correspondance et de pièces originales a donné lieu à de multiples spéculations.

3 – Corneille alias Molière ?

En 1919, l’écrivain Pierre Louÿs a prétendu que les pièces de Molière avaient été en réalité écrites par Pierre Corneille. Cette idée, qui n’avait pourtant jamais été avancée auparavant, a fait florès jusqu’à nos jours. Cependant les travaux de Florian Cafiero, chercheur au CNRS, et Jean-Baptiste Camps, chercheur à l’Ecole nationale des chartes, prouvent à travers une étude stylistique qu’il n’en est rien et que Molière est bien l’auteur de ses chefs-d’œuvre.

4 – Prison pour dette

Endetté jusqu’au cou après les débuts chaotiques de la troupe de l’Illustre théâtre, Molière est emprisonné quelques jours à la prison du Châtelet et libéré grâce à l’entremise de son père.

5 – Les frères ennemis

En 1667, Racine fait jouer Andromaque, son premier triomphe. Molière, fâché avec lui depuis quelques années, monte La Folle querelle qui éreinte la pièce avec beaucoup de finesse et de cruauté.

6 – Complexe d’Oedipe

« Il a épousé sa propre fille ! » Cette rumeur d’inceste a été si persistante que Molière dû s’expliquer en personne devant le roi en lui fournissant la preuve d’un contrat de baptême (qui a été perdu depuis).

7 – Riromètre

Boileau un ami de Molière rapporte que l’auteur lisait certains passages de ses textes comiques à Louise Lefebvre sa servante, et que, si elle ne riait pas, il reprenait le texte. À Paris il était d’usage de lire les pièces avant qu’elles ne soient jouées dans les ruelles et les salons. Cet exercice servait à la fois de prétexte à des corrections et de moyen de susciter la curiosité.

8 – À guichet fermé

Les mousquetaires, les gardes du corps, les gendarmes et les chevau-légers, entraient à la comédie sans payer, et le parterre en était toujours rempli ; de sorte que les comédiens pressèrent Molière d’obtenir de sa Majesté un ordre pour qu’aucune personne de sa maison n’entrât à la comédie sans payer. Le roi le lui accorda.

9 – Mourir sur scène ?

Contrairement à la rumeur, Molière n’est pas mort sur scène mais chez lui. Au soir du 17 février, après la quatrième représentation du Malade imaginaire, Molière a une grave hémorragie. L’auteur souffrait déjà d’une terrible toux, mais ses bronches se remplissent ce soir-là de sang. Il meurt sans abjuration, les prêtres ayant refusé de se déplacer.

10 – Postérité

Avec plus de 33.000 représentations, Molière est l’auteur le plus joué à la Comédie-Française, très loin devant Racine (moins de 10.000) ou Corneille (environ 8.000).

Retrouvez toutes les oeuvres de Molière sur notre site et en Librairie.

Cahier Molière

Jeu de cartes Molière

Mug Molière

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Lauréats de la première édition du Prix de la Librairie Théâtrale

Le lundi 31 mai 2021 marquait la première édition du Prix de la Librairie Théâtrale.


Tout au long de l’année 2020, des lecteurs indépendants ont rejoints la Librairie Théâtrale pour lire et choisir parmi les 265 pièces publiées au cours de l’année. Ils en ont retenu dix, qui composaient la liste de textes finalistes et les ont confiées à un jury de professionnels, afin de désigner le texte lauréat du Prix de la Librairie Théâtrale

  • Le Prix de la Librairie Théâtrale est décerné à Royan, de Marie Ndiaye – Gallimard.
  • Le jury tient également à partager son engouement pour une pièce coup de cœur, Congo Jazz band, de Mohamed Kacimi – L’Avant-Scène Théâtre.
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Amis pour la vie…

Les séparables de Fabrice Melquiot (Arche éditeur), lu par Sophie Richez et Benjamin Aboulker avec Savannah Macé

Sabah et Romain, 9 ans et 9 ans et demi, vivent dans des immeubles à la lisière de la ville. Sabah est d’origine algérienne mais elle se dit Sioux, de la tribu des Dakota, et elle chasse le bison blanc dans la forêt mystérieuse, proche du lotissement. Romain est un cowboy français, avec son fidèle destrier de bois. Ils se rencontrent en bas de l’immeuble, la mère de Sabah a préparé des makrouts, pour ce Romain qui est bien seul. Selon lui, ses parents peuvent l’oublier dans un coin et partir manger des huîtres au restaurant. Romain n’arrive pas à prononcer le nom de ce gâteau et il a entendu ses parents dire des choses peu aimables sur les Arabes. Ainsi débute une amitié qui devient bientôt un peu plus qu’une amitié…

L’auteur, Fabrice Melquiot, est écrivain, metteur en scène et performer. Il a publié une soixantaine de pièces de théâtre. Il dirige depuis 2012 le Théâtre Am Stram Gram de Genève, Centre International de Création et de Ressources pour l’Enfance et la Jeunesse.
Il a été auteur associé à plusieurs théâtres et a collaboré avec de nombreux metteurs en scène. Son travail a souvent été récompensé : Grand Prix Paul Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française, prix SACD de la meilleure pièce radiophonique, prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro, Prix Jeune Théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, deux prix du Syndicat National de la Critique : révélation théâtrale et meilleure création d’une pièce en langue française…
Ses textes sont traduits dans une douzaine de langues.

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Lecture de Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? de Sylvain Levey

Lecture de Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? de Sylvain Levey ; éditions Théâtrales
Par Sophie Richez et Benjamin Aboulker avec Savannah Macé

La pièce est le Grand prix de littérature dramatique en 2018, à retrouver sur le site d’Artcena.

Qui est Michelle ? Ou plutôt  : qui est @uneviedechat ? Une adolescente insouciante ou mal élevée ? On assiste ici à la confrontation de deux mondes : celui des « vieux », qui regardent défiler le paysage, et celui des jeunes, prompts à le mettre en boîte, ce beau décor, avec leurs smartphones tout équipés et ultraconnectés. C’est à ce nouveau monde qu’appartiennent Kim, Angèle, Michelle, Sélim et Abel. Et c’est l’ancien monde qu’ils viennent visiter en allant découvrir à Auschwitz l’horreur des camps de concentration, ce souvenir dur et froid, qui ne résistera pas, cependant, au sourire de Michelle et au déclenchement de son appareil photo…
A-t-elle accompli son devoir de mémoire en prenant ce selfie ? A-t-elle sali le passé en posant devant les vestiges de la Shoah ? Les avis divergent sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent, et la Toile se referme sur Michelle, prisonnière virtuelle d’un harcèlement numérique cruel. L’écran devient le point de confluence entre le réel et l’image, et redessine nos espaces de parole et de liberté.
La pièce a fait partie de la sélection Collidram en 2019.et elle a remporté le Grand Prix de Littérature Dramatique en 2018

L’auteur : Sylvain Levey est auteur et acteur. Depuis 2004 (année où paraissent Ouasmok ?, aux éditions Théâtrales, et Par les temps qui courent, chez Lansman Éditeur), il a écrit près de trente textes de théâtre très remarqués, aussi bien pour les enfants ou les adolescents qu’à destination d’un public adulte. La plupart a été publiée aux éditions Théâtrales et tous ont été mis en scène.
Il travaille souvent en résidence et répond à des commandes d’écriture, à l’occasion desquelles il aime s’impliquer auprès des structures et de leur public, en France et à l’étranger.
Son premier texte, Ouasmok ?, a reçu le Prix de la pièce de théâtre contemporain pour le jeune public (Bibliothèque de théâtre Armand-Gatti et Inspection académique du Var) 2005. Sylvain Levey a été lauréat des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre 2003 et de Nîmes Culture 2004 pour Ô ciel la procréation est plus aisée que l’éducation. Il a reçu en 2011 le Prix de littérature dramatique des collégiens Collidram pour Cent culottes et sans papiers et, en 2015, le Prix de la Belle Saison pour l’ensemble de son œuvre jeune public remis par le Centre national du théâtre. Il a été finaliste du Grand Prix de littérature dramatique en 2005 avec Ouasmok ? et en 2008 avec Pour rire pour passer le temps, et du Grand Prix de littérature dramatique jeunesse en 2018 avec Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? également sélectionné pour plusieurs autres prix et réédité en collection « Folio+Collège » en 2019.

Musique : ça va trop vite de Big Flo & Olie

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A lire Le théâtre de la jeunesse Nouveautés

Trois nouveautés jeunesse. De l’émotion et du voyage !

LUCIENNE EDEN OU L’ILE PERDUE, de Stéphane Jaubertie

Lucienne Eden, une enfant à l’énergie insolente et à l’univers loufoque, vit presque seule sur une île préservée. Depuis que sa mère est partie, elle a pour unique voisin un mystérieux vieil homme. Un matin, elle découvre sur la plage un garçon de son âge rejeté par la mer au milieu de déchets plastiques.

Peu à peu, ils s’apprivoisent. Lucienne lui fait découvrir son île fantastique où la nature a repris ses droits : forêt de brocolis géants, pandas mangeurs de grizzlis… Mais cet endroit idyllique aux parfums d’enfance est menacé : il va falloir se résoudre à le quitter pour le monde réel.

Dans cette comédie écologique et amoureuse, Stéphane Jaubertie explore dans une langue vive les bouleversements de la préadolescence et la naissance du désir. Une apocalypse joyeuse pleine de rebondissements !

Découvrez d’autres pièces du même auteur: JOJO AU BORD DU MONDE et YAEL TAUTAVEL (ou l’enfance de l’art)

PINGOUIN (Discours amoureux), de Sarah Carré

Amazone s’ennuie et veut jouer à l’amour. Mais Abélard refuse : il a déjà une amoureuse. Pour lui, on ne badine pas avec l’amour, c’est une affaire sérieuse et compliquée ; pour elle, c’est une fête, un manège qui fait tourner la tête. Intrépide et espiègle, Amazone insiste. Mais quand Abélard lui parle d’engagement et d’éternité, c’est elle qui fuit. Qui s’y frotte s’y pique ! Ainsi, d’observations en expérimentations, ces deux-là questionnent le langage et les codes amoureux. Pour mieux les réinventer…Avec poésie et humour, Sarah Carré explore la relation amoureuse dans des fragments de discours à hauteur d’enfant. Un texte joyeux qui donne envie de jouer à aimer et d’aimer en jouant !

Découvrez également BABÏL, de Sarah Carré

ANTIGONE SOUS LE SOLEIL DE MIDI, de Suzanne Lebeau

Qui n’a jamais entendu le nom d’Antigone ? Celle qui se dresse contre l’injustice demeure plus que jamais une source d’inspiration et un modèle.
Suzanne Lebeau s’est emparée de ce mythe pour le raconter à hauteur d’adolescent. Depuis la méprise fatale d’Œdipe, tuant son père et épousant sa mère, jusqu’à la révolte d’Antigone, refusant de laisser son frère sans tombeau et enfreignant l’interdit de son oncle Créon, elle redonne vie à cette histoire terrible et fascinante.
Mêlant le récit du chœur aux voix de Créon et d’Antigone, la pièce dévoile toute la complexité des liens du sang et interroge : que doit-on suivre, la loi ou notre conscience ? Et qu’est-ce que gagner veut dire ?

Découvrez d’autres pièces de Suzanne Lebeau : L’OGRELET, LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT, TROIS PETITES SOEURS

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Vie virtuelle, vie réelle… c’est pas très étanche

Lecture de Fake de Claudine Galea (Editions Espaces 34), par Sophie Richez et Benjamin Aboulker avec Savannah Macé


La pièce
Deux jeunes filles, encore au lycée, sont les « meilleures amies ». L’une ne pense qu’aux garçons, l’autre non. La première tombe amoureuse d’un musicien anglais sur les réseaux sociaux, la seconde la conseille. La pièce explore le thème des relations amoureuses et de la séduction au travers des usages numériques des jeunes d’aujourd’hui. Une approche subtile des risques liés aux réseaux sociaux et des sentiments complexes éprouvés à l’adolescence.

L’écriture est proche de la poésie, tout en explorant les formes textuelles de la communication numérique, sans réduction, ni pour la langue théâtrale ni pour l’invention dont font preuve les jeunes usagers de l’écriture numérique.

L’amour se nourrit de déclarations. Le désir, le manque, l’attente sont exaltés par les mots. Et les réseaux sociaux les véhiculent si facilement, si rapidement. La tentation est grande de jouer avec, de se laisser aller à la manipulation. Mais n’est-ce pas un piège terrible que l’on fabrique à soi-même ?

Cette pièce a fait partie de la sélection Collidram en 2020.

L’autrice
Claudine Galea est autrice dramatique et romancière. Lauréate du Grand prix de littérature dramatique jeunesse en 2019 pour Noircisse et du Grand prix de littérature dramatique en 2011 pour Au Bord, du prix Collidram pour Au Bois et du prix Radio SACD pour l’ensemble de son travail radiophonique. Elle publie également des romans et des albums pour la jeunesse. Elle est autrice associée au Théâtre National de Strasbourg sous la direction de Stanislas Nordey, et membre du comité de rédaction de la Revue Parages.

Musique : Stromae – Carmen

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Genre ou pas genre

Le poisson belge

Lecture par Isabelle Mazin et Didier Sipié avec Pascale Grillandini

Le poisson belge de Léonore Confino – éd Actes sud-papiers

C’est l’histoire de Grande Monsieur et de Petit fille. Quand une petite fille colle à un vieux monsieur, s’invite chez lui, le menace de raconter plein de choses s’il la vire, on se dit « Encore une histoire de mœurs ! » mais on a tout faux… L’enfant réclame de l’attention, dérange le quotidien millimétré de ce vieux célibataire, et par la clairvoyance et l’innocence de ses question, révèle des nœuds qu’il doit démêler pour enfin se trouver : s’affranchir de son enfance, reprendre ce qui lui a été retiré. Une confrontation subtile, drôle et caustique entre deux êtres marginaux et divisés, qui peut-être trouveront leur unité… dans cette  pièce nominée en 2017 pour le prix Collidram et lauréate du prix Sony Labou Tansi.

L’auteure, Léonore Confino a été nominée aux Molières 2016 dans la catégorie « Auteur francophone vivant ». En 2009 et 2010, elle écrit Ring et Building respectivement sur les thèmes du couple et du travail, publiées aux éditions L’œil du Prince.
Elle codirige avec Catherine Schaub les productions du Sillon.

Le poisson belge a été  jouée en 2015 au théâtre de la Pépinière avec Géraldine Martineau et Marc Lavoine ; pour ce rôle, Géraldine Martineau a reçu le Molière de la révélation féminine.

Léonore Confino vient d’achever sa dernière pièce 1300 grammes, autour du cerveau humain et de la plasticité neuronale…